Dans le Séronais, le bois, une filière 100% durable
Depuis le début des années 2000, la communauté de communes du Séronais 117 (Ariège) encourage le développement d'une filière bois. Valorisation de la ressource
locale, énergie alternative, création d'emplois locaux, circuits courts... Une filière 100% développement durable.
C'est l'initiative de quelques communes forestières installant des chaudières à plaquettes qui donne vie à la filière bois de la communauté de communes du
Séronais 117 (quinze communes et 3.300 habitants) : à Cadarcet, pour chauffer les bâtiments communaux et des logements, à La Bastide-de-Sérou pour les logements sociaux. "En 2004, raconte André Rouch, président de la communauté, nous avons réuni toutes les personnes concernées par la forêt (syndicat Ariège Valbois qui gère les forêts
communales, conseil général, conseil régional, forestiers, Ademe...) pour envisager la valorisation du bois d'éclaircie qui n'a pas de valeur marchande. L'objectif était d'utiliser ce bois
pour en faire des plaquettes forestières afin d'alimenter les chaudières que nous installions sur le territoire. Les financeurs ont accepté de nous soutenir à condition que la communauté de
communes fasse en sorte de fournir tous les clients publics potentiels du territoire." Cette condition impliquait la construction d'une plateforme de séchage des plaquettes afin de
garantir l'approvisionnement. La communauté a alors pris la compétence "bois et énergie " et a fait construire une plateforme de séchage, à La Bastide-de-Sérou, pour un coût de 500.000 euros
subventionné à 70% (Etat, Europe, conseil régional, conseil général, Ademe). Le bois restant après l'extraction du bois d'oeuvre en forêt est broyé sur place et les plaquettes qui en résultent
sont transportées par camions bennes dans les boxes de la plateforme où elles sont stockées pour trois mois de séchage naturel.
Actuellement, le territoire de la communauté compte une dizaine de systèmes de chauffage au bois : deux chaufferies à Cadarcet, deux à La Bastide-de-Sérou, une à
Esplas-de-Sérou (à l'école), un réseau de chaleur à Alzen (écomusée, bâtiments publics et logements sociaux), une chaufferie est en cours d'installation à Castelnau-Durban, un grand réseau de
chaleur sera mis en place à Rimont en 2009 et plusieurs projets de chaufferie sont à l'étude dans d'autres communes. Trois chaufferies privées fonctionnent également chez des personnes privées
qui proposent des gites et chambres d'hôtes. "Quand vous achetez 1.000 euros du fuel, 900 euros vont au pétrolier et 100 euros servent à payer le chauffeur qui vous livre et son carburant,
explique André Rouch. Quand vous achetez 1.000 euros de plaquettes, 100 euros vont également au chauffeur et au carburant et 900 euros correspondent aux plaquettes, c'est-à-dire qu'ils rétribuent
le bûcheron, le débardeur, le broyeur, le sécheur, le livreur... qui sont tous sur le territoire. Ca c'est du développement durable !"
Vendre 400 tonnes de plaquettes permet de créer un emploi. Nous en livrons 1.200 tonnes et l'objectif est d'atteindre 5.000 tonnes".
Un pôle "bois et énergies renouvelables " va naître à Montels
Grâce à une labellisation "pôle d'excellence rural " (PER), la filière bois va s'étoffer dans le département de l'Ariège. Dans ce cadre, la communauté du
Séronais est maître d'ouvrage, en partenariat avec les communautés du canton d'Oust et la commune de Dun, pour réaliser deux autres plateformes de séchage (soit une plateforme toutes les 30km
pour ne pas grever le prix des plaquettes par le coût du carburant). Plusieurs autres projets sont en cours dans le cadre du PER. Un débardage par traction animale et par câble (dans les
endroits inaccessibles) va être expérimenté. En collaboration avec le syndicat Ariège Valbois, le centre régional de la propriété forestière et l'ONF, une action de soutien sera
menée en faveur d'entreprises privées (scieries, menuiseries, parc de tri...) souhaitant se moderniser. Enfin, à Montels, dans la communauté du Seronais, va naître "le pôle bois et énergies
renouvelables". Une ancienne ferme a été acquise et sera réhabilitée selon les normes haute qualité environnementale (isolants naturels, puits canadien, assainissement par roseaux, panneaux
photovoltaïques et chaufferie bois) pour proposer 900 m2 carrés de bureaux et salles de réunion à des porteurs de projets publics et privés dont l'activité est liée au bois ou aux énergies
renouvelables. Le pôle devrait par exemple accueillir l'association "A3E" spécialisée dans le diagnostic énergétique. Après l'appel d'offres pour recruter les entreprises, la rénovation va
commencer en septembre et le bâtiment sera livré en 2010. Ce projet, d'un montant de 1,4 million d'euros, sera financé à 70% par l'Etat (50%), le conseil régional et le conseil général. Pour
financer le solde, la communauté réalisera un emprunt dont les annuités seront couvertes par les loyers."Le fait que le prix du baril de pétrole ait été multiplié par deux est un élément facilitateur pour
mettre en œuvre cette filière bois, souligne André Rouch. Le coût d'un kilowatt électrique est de 12 centimes d'euros, il est également de 12 centimes pour le fuel et le gaz. Avec les plaquettes
bois, il est de quatre centimes. Nous le vendons à 7 centimes pour inclure l'amortissement de la chaudière."Durable du point de vue économique, du point de vue écologique et
social grâce à la création d'emploi, cette filière bois a de beaux jours devant elle : dans un département où la forêt recouvre 60% du territoire, seulement 10% de la recoupe de la forêt est
valorisée.
Maryline Trassard, pour la rubrique Expériences des sites Mairie-conseils et Localtis, mercredi 02 juillet 2008
http://www.localtis.info/servlet/ContentServer?pagename=Mairie-
conseils/experience/Experience&cid=1214972946475
Contact :
Communauté de communes du Séronais 117, Côtes, 09 240 La Bastide-de-Sérou
Tel : 05 61 64 51 25, comcomseronais@wanadoo.fr
Rouch André, président