Sainte-Victoire : une charte d'escalade pour concilier les usages
Afin de concilier randonnée, escalade sportive ou d'aventure sur un site classé Natura 2000 et menacé par un risque de fréquentation excessive, le syndicat mixte
Grand Site Sainte-Victoire a élaboré une charte d'escalade en étroite concertation avec les fédérations sportives, les associations de préservation de l'environnement et les collectivités
locales.
Située en zone péri-urbaine, à proximité d'Aix-en-Provence et de Marseille, la montagne Sainte-Victoire s'étalant sur 35.000 hectares est l'un des sites d'escalade français les plus
connus et les plus fréquentés avec les calanques et les gorges du Verdon. En effet, plus de 2.000 voies d'escalade sont utilisées par les adeptes de l'alpinisme sur ce territoire. Labellisé
Grand Site de France et site Natura 2000, Sainte-Victoire est gérée par le syndicat mixte départemental "Grand Site Sainte-Victoire" (1) dont l'une des missions est de
maîtriser la fréquentation du lieu estimée à plus d'un million de visiteurs par an.
Dans cet objectif, il harmonise la pratique de l'escalade, sensibilise les grimpeurs et les prestataires à la sécurité et à la fragilité du site. Une commission des activités de pleine nature
régule les activités d'escalade, de parapente ou de randonnée.
Bien qu'encadrée par de solides fédérations sportives comme le Club alpin français ou la Fédération française d'escalade, et régie par des règles de sécurité strictes, l'escalade
reste une pratique réalisée en autonomie et très souvent en famille ou entre amis. Deux grandes familles coexistent : l'école d'escalade qui utilise des voies équipées privilégiant ainsi une plus
grande sécurité ou la performance sportive, et l'escalade aventure qui se pratique sur des voies non équipées. Cette dernière, par définition, consiste à gravir les parois rocheuses sans
équipement normalisé.
En perforant le rocher, les grimpeurs peuvent dégrader l'espace naturel. C'est notamment afin d'enrayer ces risques qu'une charte d'escalade a été signée en juin 2007 entre le gestionnaire du
grand site, les prestataires et les représentants des activités d'escalade.
Privilégier la concertation
Un comité de suivi a été constitué rassemblant les représentants du Grand Site, du conseil général et des communes, les fédérations, les associations de professionnels, les associations
naturalistes, les propriétaires, des experts. Pas moins de dix réunions sur dix-huit mois ont permis de rédiger la charte qui visait deux grands objectifs.
Premier objectif : réaliser une cartographie du site en définissant précisément les zones réservées à la pratique aventure et celles réservées à la pratique école. Les zones définies ont été
croisées avec la cartographie Natura 2000. Le comité a ensuite vérifié que les zones identifiées ne pouvaient pas nuire aux nidifications. "Finalement, un consensus a été trouvé en
réservant la ligne de crête et les secteurs intermédiaires à l'escalade aventure et le piedmont sud à l'escalade école et sportive", explique Hervé Béguin, chargé de mission
Aménagement et patrimoine au syndicat mixte.
Le deuxième objectif du comité de suivi fut de mettre en place des règles de gestion partagées, c'est-à-dire évaluer l'évolution de la pratique de l'escalade, résoudre les problèmes observés et
dresser régulièrement un bilan d'application de la charte. Le comité, qui se réunit deux fois par an, examine notamment les dossiers d'ouverture et de demande de rééquipement.
Les signataires se sont également engagés à apporter leur concours à la remise en état de certains sites. "Cette charte a nécessité quatre phases d'écriture pour être acceptée par toutes
les parties prenantes. Le plus délicat a été de se mettre d'accord sur la politique d'équipement, mais ce temps de discussion a permis au final une vraie appropriation des principes de respect de
la montagne."
Une communication s'appuyant sur les fédérations et associations sportives
Des plaquettes d'information sur la charte ont été insérées dans les topos guides, avec la délimitation des terrains d'aventure et des secteurs école. Mais l'essentiel de la communication a ciblé
les associations et les fédérations d'alpinisme. "La Fédération française de la montagne et de l'escalade ainsi que le Club alpin français ont mis la charte en ligne sur leur site
internet", explique Hervé Béguin. "Le respect de la charte est très lié à cette construction commune : la charte bâtie, améliorée en concertation permanente est acceptée
car chacun se sent responsable de la préservation de ce site d'exception, souligne Philippe Maigne, directeur du syndicat mixte. Nous devons néanmoins demeurer vigilants et
assurer une qualité d'animation du comité de suivi."
Nathalie Parent, mardi 02 juin 2009, pour les sites Mairie-conseils et Localtis
http://www.localtis.info/servlet/ContentServer?pagename=Mairie-conseils/experience/Experience&cid=1243485307951
(1) Le syndicat mixte "Grand Site Sainte-Victoire" est constitué du conseil général des Bouches-du-Rhône, de la communauté du Pays d'Aix et de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur. Son
territoire d'intervention concerne quatorze communes du Pays d'Aix.
Contact
: Syndicat mixte "Grand site Sainte Victoire"
Immeuble le Derby- 570 avenue du Club Hippique, 13109 Aix en Provence
Tel : 04 42 64 60 90 - Fax : 04 42 64 60 99
Béguin Hervé, chargé de mission Aménagement et patrimoine
herve.beguin@grandsitesaintevictoire.com
Aller plus loin sur le web :
http://www.grandsitesaintevictoire.com
et la chartre :
www.ffme.fr/escalade/actualite/2007/07charte-officielle-sainte-victoire.pdf -
BIPLAN salue ce bel exemple de concertation et son aboutisement positif.
Il serait intéressant de partager cette expérience avec les autres collectivités sujettes à semblables conflits d'intêret : le Verdon par exemple,
ou le Saussois ou il faut mener étoffer la négociation avec la LPO (ligue de protection des oiseaux) pour cause de réapparition de Faucons Pélérins ayant pris la malencontreuse habitude de
nicher à proximité de "la Martine", voie mythique, la Jonte qui s'est accomodé du retour des vautours fauves… et bien d'autres sites qui ont bien avancé dans ce sens.
Ces sites pourraient se mettre en réseau ? Mairie-Conseil pourrait les aider ?