Femmes et création : bilan 2007 :
quelques éléments à partir de plusieurs notes d'André Letowski, Observatoire de l’APCE
Les femmes ont moins que les hommes l’intention de créer une entreprise
* Six grandes caractéristiques différencient en création/reprise les femmes des hommes
- Les
femmes priorisent la reprise à la création :
- Les activités créées ou reprises par les femmes sont localisées pour les ¾ dans
les activités de commerce de détail, de services aux personnes et de services aux entreprises.
- 76 %
de la clientèle des femmes nouvelles dirigeantes est une clientèle de particuliers, de proximité.
- Les femmes, de par
leur expérience antérieure, sont moins « préparées » que les hommes : entourage entrepreneurial, expérience professionnelle moins liée à la création/reprise. ..
- Les femmes affichent moins d’ambition que les hommes : Elles se perçoivent comme indépendante « à son compte », plus que « chef
d’entreprise », emploient moins de salariés que les hommes et ont moins d’intentions d’embauche.
- Les femmes préparent davantage leur création ou leur reprise, sollicitant un appui pour monter leur projet auprès du conjoint ou de
structures spécialisées.
(source enquête SINE 2002)
* Ces différents constats permettent de contrer 4 idées fausses :
- L’apport en capitaux initiaux et la
réponse des banques pour financer la création ou la reprise sont du même ordre pour la dirigeante comme pour le dirigeant
- L’âge des
créateurs/repreneurs, hommes ou femmes, est proche, tout juste un peu plus de jeunes femmes en création nouvelle et un peu plus de 50 ans et plus en reprise.
- Les femmes sont plus diplômées de l’enseignement supérieur en création, pas en reprise.
- Les femmes qui créent ou
reprennent ne sont pas plus chômeurs ou RMIstes que les hommes, mais elles proviennent plus souvent de l’inactivité professionnelle.
La codirection de l’entreprise en couple : formule gagnante pour l’entreprise
Entreprendre en couple consiste le plus souvent pour les dirigeants de l’entreprise à mettre en place le projet avec leur conjoint, puis à travailler
ensemble au sein de l’entreprise. Cela est plus fréquent parmi les reprises que parmi les créations pures. Il ne s’agit pas ici de l’appui occasionnel du
conjoint, ni de l’appui préalable à la création/reprise mais de la une co-direction de l’entreprise.
Les caractéristiques des entreprises dirigées par
des couples sont :
- une clientèle de particuliers, ( commerce, hôtels, cafés et restaurants).
- des capitaux initiaux et un accès aux prêts bancaires plus conséquent que les "solitaires"
-
des emplois salariés plus nombreux. Lorsque la femme, chef d’entreprise, fait
appel à son conjoint, l’entreprise est davantage dans une logique de développement que lorsque la femme est seule
- créer et
diriger son entreprise en couple est favorable à la pérennité des entreprises.
En création/reprise la part des femmes n’a pas bougé de 1985 à 2002,
mais les profils ont évolué :
- Plus de services, moins de commerce pour les entrepreneuses.
- Des reprises plus conséquentes par les femmes : Plus de reprise avec salariés, nette augmentation des capitaux initiaux, plus de participation aux enseignes (franchise, concession,
groupement…), augmentation des femmes en activité au moment de la reprise…
- Les femmes créatrices ou repreneurs s’inscrivent dans
une dynamique entrepreneuriale
Il reste des tas de points à approfondir : Pourquoi moins d’intentions de créer et moins de créations/reprises que chez les hommes ? Pourquoi les femmes sont davantage
dans des cursus généralistes, alors que ce sont les cursus les cursus technologiques qui conduisent plus à la création/reprise. Les femmes
ont des expériences professionnelles généralistes et de responsabilité plus modeste, les préparant moins à la création/reprise d’entreprise. Les
femmes privilégient la famille et la sécurité financière plutôt que les risques et l’implication plus lourde résultant de « l’indépendance ». Le rôle, l'importance des femmes/conjointes au sein des entreprises dont l’un ou l’autre membre du couple est le dirigeant : Aucune étude ne permet de connaître la situation des femmes/conjointes (nombre, profil individuel, profil des entreprises). Parmi les femmes chefs d’entreprise il faudrait différencier les femmes « prête-noms », les femmes relais (après cessation du conjoint),
les femmes co-responsables, pour lesquelles il faudrait pointer : statut(salarié, bénévole), temps de travail (partiel ou non),
responsabilité,champs d’intervention. Y a t il des modalités de gestion et d’organisation spécifiques : femmes plus sensibles à la
clientèle, à la GRH, au partage des tâches et moins à l’organisation, au profit, au développement en société. Quelle réalité pour la
discrimination plus forte pour le femmes de la part des établissements financiers (mêmes tranches de capitaux initiaux et taux de bancarisation que pour
les hommes) ?
Bientôt accessibble, après achèvement des travaux auprès de l'APCE :
http://www.apce.com
sur le site, cliquez : observatoire de l'emploi, puis études et analyses, puis 50 questions
André Letowski, Sandrine Plana, APCE,
14, rue Delambre, Paris 75014.