Vers un réseau écologique national ?
au 28ème congrès des réserves naturelles
Depuis quelques années maintenant, l’écologie, celle des laboratoires de recherche et des gestionnaires de l’environnement, s’est étoffée d’une approche plus « paysagère ». En effet, les connaissances actuelles sur le fonctionnement des écosystèmes
encouragent à mieux considérer les interactions entre les êtres vivants mais aussi les interconnexions entre les différents milieux, le tout dans une vision plus dynamique. Il apparaît que les
anciennes doctrines de la conservation de la nature qui se basaient sur une conception simpliste de mise sous cloche ont fait leur temps et les notions de corridors ou de réseaux d’aires
protégées connaissent aujourd’hui un très grand succès dans les milieux spécialisés. Pour protéger la biodiversité et maintenir ses capacités d’adaptation aux changements, il ne suffit pas de
mettre en place des interdictions sur des sites en timbre poste mais bien de maintenir les échanges entre milieux, les possibilités de circulation pour la faune et la flore et la continuité entre
les habitats.
Dans une telle perspective, qui ressemble presque à un changement de paradigme, basculant d’une conception patrimoniale fixiste vers une approche plus fonctionnelle des systèmes naturels, les
gestionnaires ont du pain sur la planche. Trame bleue et trame verte parmi les chantiers du Grenelle, le débat sur la création d’un réseau écologique national est désormais lancé.
Et, lors du 28ème congrès des réserves naturelles qui s’est tenu vendredi 17 avril, dix acteurs gestionnaires d’espaces protégés (1) ont rendu publique leur
contribution. Le réseau cherche a combiner « cœur de nature » (les réserves
naturelles et autres espaces protégés) et « corridors de connexion ». Mais, d’après les gestionnaires une telle combinaison ne pourra être efficace qu’en impliquant les acteurs socio-économiques et en capitalisant leurs expériences et
les outils existants. Ainsi, « une réserve naturelle, un site du Conservatoire du littoral ou un Parc national peuvent constituer des moyens adaptés pour la
protection des cœurs de nature. Les Parcs naturels régionaux, les zones Natura 2000 et les forêts publiques peuvent assurer des continuités écologiques entre ces zones ». Au sortir de
ce congrès à Divonne-les-Bains, les gestionnaires se félicitent de l’approche commune qu’ils cherchent à développer. Ainsi, reconquérir la continuité indispensable au fonctionnement des
écosystèmes passerait donc d’abord par une connexion entre les acteurs ?
Elisabeth Leciak
Agence des aires marines protégées, Conservatoire du littoral, Fédération des Conservatoires d’espaces naturels, Fédération des Parcs naturels régionaux de France, Office national de la chasse et
de la faune sauvage, Office national des forêts, Parcs nationaux de France, Réseau des Grands sites de France, Rivages de France, Réserves naturelles de France.
Info transmise par
Juliette Moureau, Marseille, stagiaire Carmejane
Publiée le 20-04-2009 sur
Univers nature :
http://www.univers-nature.com/inf/inf_actualite1.cgi?id=3705