Conseil Économique et Social :
séparer guichet unique et coordination territoriale.
Le Conseil économique, social et environnemental
(nouveau nom de l’assemblée consultative nationale depuis la révision constitutionnelle de 2008)
vient d’adopter un rapport sur le bilan de « 25 ans de politiques d'insertion des jeunes ». Le document a été voté le 22
octobre 2008 par 183 membres du CES, les 8 membres du groupe de l’artisanat s’abstenant.
Le rapport est rédigé par une connaisseuse des dispositifs d’insertion des jeunes, Catherine Dumont, rapporteure au nom de la section des affaires
sociales. Représentante de la Confédération française de l'encadrement CGC au sein du CES, Catherine Dumont (46 ans) a dirigé de 1997 à 2007 la Mission locale pour l'insertion des
jeunes de Nice Côte d'Azur (Alpes maritimes). Ancienne chef d'entreprise, elle est actuellement consultant International, expert à la Commission européenne à Bruxelles en politique sociale et
entreprise.
S’interrogeant sur les échecs et les réussites des politiques d’insertion des jeunes en France, la rapporteure estime que « les
dispositifs d’accompagnement ont, dans de nombreux cas, permis d’éviter une exclusion durable ». Elle estime que « l’amélioration de l’efficacité des
politiques d’insertion repose avant tout sur une meilleure articulation entre des ministères qui conduisent trop souvent des actions de manière cloisonnée : c’est le cas de l’Éducation nationale
et du ministère de l’Emploi. »
Préconisant une rationalisation et une clarification, Catherine Dumont souhaite « préserver ce dynamisme des territoires et
éviter de remettre en cause les initiatives porteuses de changement ». Le rapport demande « de progresser vers un accompagnement individualisé et la
construction de parcours sur-mesure ».
Les propositions concrètes restent assez peu nombreuses. Certaines sont même curieuses ; il en est ainsi l’idée de « donner de
nouveaux objectifs à l’IUFM » alors même que, le rapport le mentionne d’ailleurs, ces instituts de formation des enseignants vont disparaître. On relèvera cependant la suggestion de
créer des « doctorats professionnels ».
En matière d’organisation territoriale, le rapport situe « les maisons de l’emploi comme outil de coordination au niveau du
territoire ». Catherine Dumont estime que « une mise en valeur de l’ingénierie de projet et une coordination des politiques territoriales doit
se créer, dans la mesure ou l’accueil du public n’est plus nécessaire par les MDE puisque le guichet unique de la nouvelle instance [Pôle emploi] et de
ses principaux partenaires (APEC, CAP Emploi, Mission locale, PLIE, SIAE) l’assureront. »
Pour le CES, « la Maison de l’emploi, dans sa nouvelle définition, trouverait alors sa place dans une prise en compte
réelle des logiques de son territoire, une volonté forte de construire du partenariat local dans un dialogue avec ses partenaires, notamment les partenaires sociaux, un souci quotidien de
cohérence des actions déployées sur ce territoire, et dans les valeurs ajoutées (réactivité, innovation, capacité à développer des logiques entreprenenariales...) qu’elle peut y apporter.
»
Le bilan stricto sensu dessine un tableau intéressant des relations entre les organismes territoriaux chargés de l’emploi.
à suivre dans un prochain article de "création et emploi", le blog de Benoît Willot.
Voir le rapport du CES : "25 ans de politiques d'insertion des jeunes : quel bilan ?"
Publié le mardi 4 novembre 2008, sur "création et emploi", le blog de Benoît Willot.