Des femmes main dans la main
L'Espace Femmes du Pays de Dinan existe depuis deux ans. Structure d'accueil et d'écoute, de prise en charge de drames parfois lourds, c'est aussi un lieu
d'activités, de divertissements et de rencontres. Un endroit où l'on vient un moment déposer son fardeau, chercher de l'amitié et même souvent de la joie.
Toutes ensembles pour créer un lieu d'écoute et d'action
Les personnes les plus touchées par le chômage sont les femmes. Nombre d'entre elles peuvent se trouver dans des situations délicates : seules avec des enfants à charge et pour tout revenu le RMI
. Ces femmes sont plus nombreuses dans le Pays de Dinan qu'ailleurs sur les Côtes d'Armor. Ce sont elles-mêmes qui se sont rassemblées, organisées, battues pour qu'un lieu d'accueil tel que
l'Espace Femmes existe : une initiative qui vient du cœur même de la population.
Au départ, chacun de leur côté, deux groupes de femmes dinannaises rêvaient de projets.
- Le premier, l'Atelier collectif femmes, groupe de réflexion sur la place de la femme dans la société, sur son rapport aux hommes.
- Le deuxième, un réseau de femmes en difficulté, toutes issues du quartier HLM nord-est de la ville.
Une animatrice, qui faisait alors une formation d'atelier coopératif, les a invité à se rencontrer. Les premières, plus centrées sur la réflexion, voulaient créer
un lieu d'écoute. Les deuxièmes, ayant toutes le désir de sortir de chez elles et d'évoluer, voulaient un lieu d'action. Une mission d'écoute et d'action qui prendrait racine au cœur urbain du
GAL et qui s'étendrait sur tout le territoire rural.
Quand diversité rime avec solidarité
Après consultations des différents acteurs sociaux, après de nombreuses demandes de soutien, de longues
réunions pour consolider les fondements de ce projet, l'Espace Femmes s'est enfin ouvert sur 400m², dans l'ancienne caserne Duguesclin, au cœur de la ville.
Son champ d'actions concerne l'ensemble du territoire, y compris les communes plus rurales autour de Dinan. Si l'on devait décrire l'ambiance qui règne à l'Espace
Femmes, on parlerait plutôt de « foyer » avec tout ce que terme comporte de chaleur. Les fondatrices tiennent également au mot « diversité ». Celles qui poussent la porte du local viennent de tous horizons : qu'elles soient pauvres, aisées, retraitées, artistes, célibataires, divorcées ou
lesbiennes… Le rayonnement de l'Espace Femmes s'étend sur tout le territoire : sur 345 adhérents, 40% viennent de 58 communes dispersées aux quatre coins du
GAL.
Les activités sont, elles aussi, très diverses. Ici, on vient pour prendre des cours de yoga, de sophrologie, participer à des ateliers cuisine, se confier au personnel d'accueil, chercher des
solutions juridiques, connaître ses droits quand on subit la violence conjugale ou simplement discuter entre femmes. Grâce à toutes ces personnalités et possibilités, la solidarité s'installe,
des moments de rire et de joie s'immiscent au cœur des vies les plus difficiles. Exactement ce dont rêvaient Annie Ollagnier, coordinatrice de l'Espace, et ses partenaires…
Un bilan qui va bien au-delà des résultats chiffrés
A l'heure du premier bilan, au lieu de donner des résultats chiffrés, Annie Ollagnier préfère évoquer des faits qui prouvent l'absolue nécessité d'un tel lieu : elle raconte par exemple
l'histoire de cette femme noire qui parcourait chaque semaine 6 km à pied pour trouver réconfort et solutions à sa situation de femme battue. « Elle est revenue
après un an d'absence nous annoncer qu'elle divorçait de son mari, que ce dernier avait été reconnu coupable des coups qu'il lui avait porté ». Pour d'autres, la situation n'évoluera
pas et pourtant, les rendez-vous hebdomadaires entre femmes a changé quelque chose de leur quotidien. Les confidences surviennent de deux façons. Certaines vont dès le premier jour trouver
l'interlocutrice pour se confier. Elles s'inscriront ensuite volontiers à un des ateliers. D'autres vont d'abord commencer une activité peinture ou yoga. Au bout de quelques semaines, elles se
rendent à l'accueil et dévoilent leurs problèmes. C'est justement en cela que l'Espace Femmes se différencie des structures d'accueil spécialisées. Lors d'une prise en charge, le professionnel
aide à déposer une plainte, à trouver un avocat, un hébergement… « C'est bien ce que nous apportons avec nos actions et nos intervenants, mais ici, le cadre est
différent », souligne Annie Ollagnier. « Ici », on peut en effet passer discuter, parler de « ça », mais aussi d'autre chose.
« Ici », c'est avant tout un lieu d'amitié et de solidarité. « La résolution du problème est importante, mais il y a un
avant et un après le drame. Il ne suffit pas de porter plainte pour aller mieux » conclut la coordinatrice.
Un réseau qui s'agrandit, des initiatives qui réussissent
Leader+ a apporté un tiers du budget nécessaire au fonctionnement de cette structure. D'ici fin décembre, il faudra trouver de nouvelles sources de financement pour assurer la pérennité de
l'Espace Femmes. L'équipe espère trouver un soutien auprès des Conseils régional ou général. Le réseau du programme européen a lui aussi bien fonctionné : grâce à ce dernier une Communauté
de communes près de Vannes a découvert l'initiative du Pays de Dinan. On est venu visiter l'Espace Femme, se renseigner sur son fonctionnement…. Qui sait, peut-être verra-t-on un
même lieu d'accueil dans le Morbihan ? En attendant, l'Espace Femmes n'a de cesse d'étendre son action vers les femmes basées en milieu rural. Celle-ci doivent souvent faire face à
des problèmes de mobilité. « Notre démarche est donc d'aller vers elles, d'organiser des rencontres pour leur parler de notre initiative, pour leur montrer qu'il
est possible de ne pas rester seule avec ses problèmes », explique Annie. Bientôt, un nouveau local s'ouvrira sur la communauté de communes de Plancoët, un territoire où le
réseau de transport en commun est particulièrement pauvre.
Pour en savoir plus et pour une découverte du projet en images
http://www.reseauleader.com/ accueil,
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