De la banlieue à la ferme :
un chemin pour l'insertion
L’apprentissage de la mobilité pourrait constituer une solution pour favoriser l’insertion professionnelle des jeunes des banlieues d’Ile de France. Pour toucher les jeunes,
Cap et Vie, association de Mantes la Jolie, implique les parents et les retraités du quartier. Exemple d’un séjour organisé en Creuse sur le thème de la Tapisserie.
Qu’est-ce qui pourrait rapprocher Isabelle Viala, secrétaire vétérinaire à Neuvic en Corrèze et Seghira Djertli, retraitée d’origine algérienne habitant à Mantes la
Jolie dans les Yvelines ? Rien a priori. Pourtant, neuf personnes de Mantes la Jolie sont venues en Creuse du 4 au 8 avril 2008 pour un échange de savoir-faire autour du tissage. Au
programme de ce stage : découverte de la Tapisserie de Felletin et d’Aubusson, visites d’entreprises, confection d’un tapis marocain, mais aussi partages de recettes de cuisine…
A l’origine de cette rencontre : le partenariat entre la FRCIVAM du Limousin et Cap et Vie. Cette dernière association a été créée en 1998 pour favoriser l’insertion
professionnelle des jeunes des quartiers dits défavorisés.
Michel Moraël, à l’initiative du projet, explique le chômage des jeunes par le cloisonnement des milieux : « les jeunes de Mantes ont peu d’occasion de sortir du quartier. Quand ils doivent trouver un stage en entreprise, hors mis le kebab du coin, ils n’ont que très peu
d’opportunités à saisir et ne savent pas vers quelles personnes se tourner en dehors de la cité. On constate que les jeunes et les employeurs se situent bien souvent dans des réseaux de
connaissances disjoints et que les rencontres entre les deux sont improbables. »
Cap et Vie propose ainsi de créer des ponts entre les banlieues et le monde rural.
De son côté, la FRCIVAM Limousin mobilise les bonnes volontés autour de trois axes : accueil d’enfants en séjours de vacances, accueil d’adolescents en stages en entreprises et échanges
entre adultes autour de thèmes choisis conjointement. t« Lorsque les jeunes acceptent de partir en stage en province,
parfois, ce sont les parents qui empêchent le départ, explique Cécile Brié, animatrice à la FRCIVAM, les réticences sont fortes. Les médias renvoient une telle image des jeunes des banlieues que
les parents s’imaginent que leurs enfants seront mal accueillis en milieu rural. Bien sûr, beaucoup de préjugés resten à combattre en milieu rural et ce sont les rencontres comme celle-ci qui peuvent améliorer la situation. » Au cours des différentes visites, le groupe
mantois-limousin prend conscience des similitudes des techniques de tissage. « Les lissiers d’ici travaillent sur des métiers à l’horizontal et font face à
l’envers de leur tapisserie tandis que nous travaillons avec des métiers à tisser verticaux et faisons face à l’endroit du tapis mais les bases du tissage sont les mêmes » constate
Aïcha Baoud, qui confectionne ses tapis elle-même.
Au cours de discussions avec les artisans creusois, on aborde des projets de stages-découvertes pour des jeunes Mantois.
Le renouvellement des générations de lissiers semble compromis en Creuse. Des vocations pourraient émerger, qui sait ?
Quoi qu’il en soit, la découverte de nouveaux métiers pourra
permettre d’élargir leurs horizons. Affaire à suivre…
Contact :
FRCIVAM Limousin Tel : 05 55 26 07 99 -
frcivamlimousin@wanadoo.fr.
Cécile Brié (FRCivam Limousin),
Transrural Intitiatives n°360, 17 juin 2008
http://www.ruralinfos.org/spip.php?article2565