Petite enfance : un service public à développer en milieu rural
Difficile lorsque l’on est jeune parent en milieu rural de trouver les services adaptés pour faire garder ses enfants. La Mutualité sociale agricole cherche des solutions.
Entre les formules d’accueil insuffisamment adaptées, l’éparpillement des assistantes maternelles, les difficultés de déplacements sur certains territoires et l’isolement des familles, la vie des
jeunes parents ruraux ressemblent parfois à un parcours du combattant. « En milieu rural, on n’a pas la même couverture en terme de services qu’à la ville
», explique Mélanie Hivert, de la Caisse d’allocations familiales du Maine-et-Loire. « Il manque les services de proximité. Du coup,
l’accès au service implique des coûts et des temps de déplacement différents de ceux du milieu urbain. »
La politique de la petite enfance s’articule aujourd’hui autour de trois acteurs principaux :
- la Caisse d’allocations familiales (CAF),
- la Mutualité sociale agricole (MSA)
- les conseils généraux.
La CAF et la MSA sont les principaux acteurs du financement tant des modes de gardes individuels (via les prestations versées aux parents) que des structures d’accueil collectif. Leur appui est
indispensable aux communes qui souhaitent créer une structure d’accueil collectif. Car les communes rurales sont particulièrement sollicitées : « De plus en plus
de parents s’installent en milieu rural mais travaillent en ville, poursuit Mélanie Hivert. Se pose alors la question du lieu le plus
pertinent pour garder l’enfant. Là où l’on habite ou sur son lieu de travail ? Or en général les familles préfèrent que l’enfant soit gardé sur le lieu de résidence. Et il y a une vraie attente
envers les communes. »
De son côté, la MSA s’attache à répondre aux attentes du milieu agricole, milieu confronté à des difficultés particulières en matière d’organisation du temps de travail : horaires
décalés tôt le matin ou le soir, travaux saisonniers, rythme de travail soutenu. Elle a également aligné ses prestations sur celles de la CAF. Mais surtout, elle développe depuis plusieurs
années une politique centrée sur l’accompagnement et le financement de projets innovants dans les territoires les plus dépourvus de services, où la population agricole est la plus présente.
Ainsi, une micro-crèche baptisée « Ma deuxième maison » a ouvert ses portes en février 2008, à Saint-Lieux-Lanefasse dans le Tarn,
commune rurale du pays du Réalmontais de 450 habitants où l’activité d’élevage est encore très importante. Il s’agit d’un des tous premiers projets d’expérimentation de micro crèche en milieu
rural soutenu et porté par une diversité de partenaires locaux : communauté de communes, MSA, CAF, Protection Maternelle et Infantile (PMI). 17 familles réparties sur 14 communes (dont deux
familles d’exploitants agricoles) ont déjà inscrit leurs enfants à temps partiel ou complet dans cette structure encadrée par trois équivalents temps plein.
Ce projet collectif porté par une
association de bénévoles a créé du lien social et répondu à de véritables attentes. Une dynamique est aujourd’hui lancée, puisque l’association a développé un projet éducatif autour de
l’alimentation (en favorisant des repas avec des producteurs locaux) et autour de la sensibilisation à l’environnement.
La MSA intervient également sur de la sensibilisation d’acteurs. Par exemple, en Maine-et-Loire à nouveau, sur le canton de Segré, elle sensibilise les acteurs locaux sur la
problématique de l’articulation des temps de vie et ses conséquences sur l’accueil de jeunes enfants en s’attachant à intégrer les nouveaux habitants et les familles monoparentales.
Une de
ses principales modalités d’intervention est la contractualisation en partenariat avec la CAF et les collectivités locales de contrat enfance jeunesse dont l’objectif est
d’aider les communes à développer une politique en faveur de l’accueil d’enfants. Elle apporte alors un financement en rapport avec le nombre de ressortissants du régime agricole.
Micro-crèches, haltes garderies itinérantes, bébé bus, autant de formes innovantes qui se mettent en place progressivement. L’enjeu pour la MSA est de favoriser des solutions
qui s’adaptent aux problématiques agricoles et rurales dans un cadre participatif associant familles, tissu associatif, partenaires locaux et entreprises…
Source : BIMSA février 2008
Aurore Sauvaget,
Transrural Intitiatives n°360, 17 juin 2008
http://www.ruralinfos.org/spip.php?article2580