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Territoires, réseaux, formation

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intervention de Michel BARNIER à Vittel

Intervention de Michel BARNIER,
Ministre de l’Agriculture et de la Pêche
au « Vittel du développement rural » le 18 janvier 2008

 -suite de l'article sur le Vittel du développement rural du 30janvier-

Extraits et éléments de synthèse :
Voir large et ne plus opposer les 2 piliers de la PAC


« L’espace rural est une chance pour notre pays, c’est un atout et c’est aussi un espace de vie pour nombre de nos concitoyens ». Le monde change, notre environnement évolue, mutations démographiques différenciées, nouvelles technologies… Les pôles d’excellence rurale ont démontré « le formidable potentiel de créativité dont recèle l’espace rural », mais aussi son besoin en « matières grises ». La nouvelle organisation de l’Etat se met en place, avec, en ce qui nous concerne, « la généralisation en trois ans de la fusion DDAFDDE »

« Nous sommes aujourd’hui devant une alternative : faire de l’Europe une grande zone de libre échange, ou faire de l’Europe une communauté solidaire », y compris pour les budgets (et donc la PAC).

En ce qui concerne la programmation de développement rural 2007-2013, le ministre veut assurer :
- « Le recentrage des soutiens européens sur les orientations découlant des stratégies de Lisbonne et de Göteborg qui valent pour le FEDER ou le FSE, et sont tout aussi pertinentes pour le FEADER. Le développement de la connaissance et de l’innovation, la valorisation du capital humain, l’amélioration de la compétitivité des différents secteurs seront des atouts essentiels et indispensables pour les territoires ruraux ».
- L’avenir des secteurs agricoles, agroalimentaires et forestiers, qui passe par « un développement durable : produire plus, car la demande mondiale augmente, et produire mieux. C’est le défi de cette révolution doublement verte » pour les années à venir.

Une stratégie française repensée doit être mis en place, intégrant la compétitivité des secteurs agricoles et sylvicoles, la problématique de l’environnement, l’accompagnement de la diversification de l’économie rurale et une meilleure valorisation des spécificités et la diversité des territoires.
Pour le Ministre, cette programmation sera marquée par une forte volonté de déconcentration, de simplification des interventions et de concertation approfondie.

Pour LEADER, la période marque un véritable tournant, avec une intégration à part entière dans le deuxième pilier de la PAC :
« Il s’agit à la fois d’une reconnaissance de la valeur ajoutée apportée par cette démarche (Leader) et d’une opportunité pour davantage territorialiser nos actions dans le milieu rural, mieux intégrer les différents secteurs de l’économie rurale, notamment agricoles et forestiers, aux stratégies locales de développement portées par les Groupes d’Action Locale (GAL) ». Il faut «aller plus loin tout en assurant une plus grande cohérence entre LEADER et les démarches des territoires organisés comme les parcs naturels régionaux, les PAYS ou les autres démarches portées par des régions ».
Dans cet objectif Michel Barnier a pour projet un grand « Ministère de l’Alimentation, des Territoires ruraux, de l’Agriculture, de la Forêt et de la Pêche », toutes ces dimensions étant étroitement interdépendantes.

Aujourd’hui, dans la démarche LEADER, à chacun ses responsabilités :
- « aux GAL de bâtir une stratégie de développement adaptée » à leurs territoires,
- « aux services référents de l’Etat d’apporter l’éclairage » réglementaire nécessaire.
Il s’agit aussi de « faire remonter les projets innovants, en vue de mutualiser les bonnes pratiques » : ce sera le rôle du réseau rural qui se met en place

L’enveloppe financière LEADER dans l’hexagone s’élève à 263 millions d’euros, abondée de 37 millions d’euros, ce qui donne une enveloppe de crédits communautaires de 300 millions d’euros pour LEADER au niveau du PDRH.
Le ministre exprime clairement son souhait : que l’on sorte de ce débat qui tend à opposer premier et deuxième piliers de la PAC entre eux, les acteurs de l’un par rapport à ceux de l’autre. « Si le territoire doit d’avantage être pris en compte dans le premier pilier, l’économie agricole doit être mieux valorisée dans le second. »

L’agriculture ne peut être soumise aux seules lois du marché. Les exigences de notre planète légitiment plus que jamais une « politique publique » à l’égard de ce secteur.
Mais cette politique doit devenir  « une politique alimentaire, agricole et territoriale ».
Pour cela, Michel Barnier s’engage à défendre 3 priorités :
· la première, c’est de prendre la mesure de la montée des risques en agriculture climatiques et sanitaires par la prévention et en responsabilisant les filières.
· la seconde, c’est de localiser les bassins de production menacés et « apporter un soutien aux productions qui tiennent et qui préservent le territoire : la production ovine, la production de lait en montagne ou encore l’agriculture biologique, les fruits et légumes et autres, une nouvelle politique de l’herbe… »
- la 3e priorité, c’est l’équité et « un soutien à l’agriculture lisible, compréhensible ».
Ces priorités seront débattues sur le terrain, les Préfets doivent solliciter les Présidents de chambres d’agriculture pour organiser entre le 30 janvier et le 11 février une session ouverte pour se prononcer. Ces débats permettront de dessiner au mieux l’avenir d’une agriculture compétitive, durable et ancrée dans les territoires.

Le deuxième pilier de la PAC a toute sa place dans la future politique agricole et rurale, en particulier pour assurer et renforcer la cohésion des territoires. « Il ne s’agit pas de le transformer mais plutôt de l’adapter », pour répondre de manière globale aux défis de l’agriculture et des zones rurales, en complément et en synergie avec le premier pilier.
" Il faut arrêter d’opposer 1er pilier et 2e pilier : ils sont, complémentaires ; ils sont deux outils au service d’une même finalité : ancrer nos productions dans les territoires et maintenir la vitalité des zones rurales » : La politique de la montagne, celle de l’installation des jeunes, l’adaptation des pratiques agricoles, Leader… sont des outils indispensables à l’équilibre économique et écologique des territoires.

Le ministre aimerait que les élus locaux se sentent plus concernés « Je suis frappé que tant de maires fassent un challenge d’installer un artisan sur leur commune, au nom de la création d’emploi, mais ne prêtent guère d’attention à l’installation d’un jeune agriculteur voire-même au développement de la coopérative, ne se sentant pas concernés…. »

Le Ministre adresse à tous les participants de Vittel ses « voeux de réussite pour la mise en oeuvre de la nouvelle génération de projets LEADER », dans cette période de relance

Après son intervention, on était plutôt contents, bien mobilisés, tout en ayant conscience de tous les obstacles qui traînent sur la rout- (pardon, sur le chemin, restons ruraux, que diable !!! ), et que le cheminement peut être long.

Cet article a été rédigé pour la revue SOURCE, numéro de février, dont BIPLAN vous recommendons fortement la lecture.

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