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11 janvier 2012 3 11 /01 /janvier /2012 09:25

Adoptée en première lecture par l'Assemblée nationale le 16 novembre 2011, la proposition de loi relative aux habitats légers de loisirs et à l'hébergement de plein air et portant diverses dispositions relatives au tourisme (voir nos articles ci-contre du 21 novembre et du 10 octobre 2011) suscite de vives réactions de la part des associations spécialisées dans la lutte contre l'exclusion.

La raison : la disposition figurant à l'article Ier du texte et prévoyant qu'"en cas de location dans un terrain de camping et caravanage ou un autre terrain aménagé à cet effet d'un emplacement, équipé ou non d'un hébergement, pour une durée supérieure à trois mois, le locataire fournit au loueur un justificatif de domicile de sa résidence principale datant de moins de trois mois".
En pratique, cette disposition reviendrait à interdire à toute personne qui ne peut présenter un tel justificatif de demeurer plus de trois mois sur le même site. La proposition de loi renforce également les pouvoirs du maire, en lui donnant la possibilité de moduler la taxe de séjour en fonction de l'usage des emplacements. Elle lui permet également d'"inspecter, même inopinément, le terrain en vue de vérifier l'exactitude de cette déclaration" (celle faite par le propriétaire du terrain de camping sur le nombre et l'utilisation des emplacements loués). L'objectif des promoteurs du projet de loi - voté à l'Assemblée dans un climat très consensuel - était de lutter contre la sédentarisation des résidences mobiles, dénoncée par différents rapports.
Mais, dans un communiqué intitulé "On pourrait même expulser les pauvres qui n'ont plus qu'une tente !", le collectif Alerte de l'Uniopss - qui regroupe 35 fédérations et associations nationales de lutte contre la pauvreté et l'exclusion - dénonce un texte qui "risque de jeter à la rue les milliers de familles contraintes de vivre à l'année sur un terrain de camping". Pour les associations signataires, "désormais, on pourrait expulser les plus pauvres de leur campement au bout de trois mois ! Et cela même en plein hiver ! Et même s'ils payent leur redevance !". Les personnes concernées pourraient certes bénéficier des dispositions du droit au logement opposable (Dalo), mais celui-ci est loin de pouvoir assurer les relogements nécessaires (plus de 100.000 personnes vivraient à l'année sur des terrains de camping ou de caravanage). Considérant que "l'inacceptable est dépassé", le collectif Alerte appelle "le gouvernement et les parlementaires à revoir ce projet qui va maintenant être examiné par les sénateurs". Les dispositions aujourd'hui contestées par le collectif Alerte n'avaient pourtant suscité aucune observation ou discussion particulière de la part de la majorité comme de l'opposition, ni en commission des affaires économiques ni en séance plénière.

       Retrait de l'amendement instaurant une taxe de 150 euros

Une autre disposition semble avoir échappé à l'attention des signataires de l'appel, même si elle a été entre-temps vidée de sa substance. Lors de l'examen du projet de loi de finances pour 2012 à l'Assemblée, Henri Emmanuelli, député (PS) et président du conseil général des Landes, a fait adopter en commission des finances un amendement - voté à l'unanimité par la commission - instaurant une taxe annuelle de 150 euros "sur les résidences mobiles terrestres [les mobil-homes, ndlr] occupées à titre d'habitat saisonnier et se trouvant dans une commune percevant la taxe de séjour". L'amendement exonérait toutefois de cette taxe les personnes bénéficiaires de certains minima sociaux : allocation de solidarité aux personnes âgées, allocation supplémentaire d'invalidité, allocation aux adultes handicapés, mais pas le revenu de solidarité active. Les propriétaires de mobil-homes dont la première immatriculation remonte à plus de quinze ans devaient également être exonérés de la taxe. Compte tenu des faiblesses du texte et de la complexité du dispositif, Henri Emmanuelli en a finalement demandé lui-même le retrait lors de la séance du 15 novembre en indiquant qu'il "reviendrait sur le sujet après avoir retravaillé le texte". La disposition ne figure cependant pas dans le texte du projet de loi de finances qui doit être examiné par la commission mixte paritaire. 

Jean-Noël Escudié / PCA Publié le lundi 12 décembre 2011par localtis

http://www.localtis.info/cs/ContentServer?pagename=Localtis/LOCActu/ArticleActualite&jid=1250262892086&cid=1250262889782

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31 août 2011 3 31 /08 /août /2011 16:14

La Fondation de France a lancé un appel à projets intitulé : Initiatives solidaires, territoires et emplois. Les objectifs de cet appel à projets sont de favoriser l'émergence de nouvelles activités et services qui contribuent à diminuer les inégalités sociales sur le territoire et à favoriser la consolidation de ces activités et de leurs emplois, la capitalisation des expériences menées ainsi que leur essaimage.

Plusieurs critères seront examinés :

- l'utilité sociale de l'activité,

- son ancrage territorial,

- la dynamique collective

Les réponses doivent être déposées au plus tard le 9 septembre 2011.

De nombreux besoins sociaux liés à la vie quotidienne ne trouvent pas de réponses ou se voient proposer des réponses peu adaptées : se déplacer lorsqu’on est une personne âgée ou handicapée, pratiquer des activités socio-éducatives, culturelles ou sportives en milieu rural, trouver un commerce de proximité dans un quartier urbain difficile, résoudre un problème essentiel comme se vêtir ou se meubler…

Dans un contexte de crise économique, ces difficultés aggravent les inégalités entre les populations et les territoires, sans que les réponses classiques apportées par les politiques publiques et les acteurs économiques privés, lucratifs ou non, ne réussissent à donner satisfaction.

Le croisement des regards et des compétences, la mobilisation d’acteurs différents – dont les bénéficiaires, le décloisonnement des disciplines, la complémentarité entre plusieurs activités, peuvent faire émerger des solutions innovantes.

Ce sont autant de niches de développement d’activités économiques socialement utiles, de création d’emplois mais aussi de liens sociaux que la Fondation de France souhaite soutenir.

L’utilité sociale de ces activités sera appréciée non plus exclusivement sur la création d’emplois et le recrutement de personnes en difficulté, mais sur la nature même des activités et services créés, pour que les habitants, dans toute leur diversité, contribuent à inventer des réponses à leurs besoins et à améliorer le « vivre ensemble » sur leur territoire.

Pour en savoir plus : cliquer http://www.fondationdefrance.org/Nos-Aides/Vous-etes-un-organisme/Solidarite-avec-les-personnes-vulnerables/En-France/Lutte-contre-l-exclusion-sociale-et-economique/Emploi

Initiatives solidaires, territoires et emplois

L’accroissement des inégalités sociales et territoriales favorise le développement de besoins sociaux peu ou mal satisfaits.

Au-delà des dispositifs mis en place par les politiques publiques, au-delà des services développés par les acteurs économiques privés, lucratifs ou non, de nouvelles réponses sont à inventer pour lutter contre ces phénomènes de relégation et favoriser la cohésion sociale sur les territoires.

Le croisement des regards et des compétences, le décloisonnement des disciplines – entre social et économique notamment - l’articulation entre plusieurs activités, la mobilisation de différents types d’acteurs - dont les bénéficiaires - peuvent permettre d’inventer au plus près des territoires ces nouvelles réponses que la Fondation de France souhaite soutenir et consolider.


Info venant de l’Acteur rural du 30 août 2011 :

http://village.tm.fr/acteur-rural/?2011/09/09/1749-initiatives-solidaires-territoires-et-emplois-un-appel-a-projets-de-la-fondation-de-france

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27 août 2011 6 27 /08 /août /2011 09:22

Selon son dernier rapport La Halde a enregistré 12 467 réclamations en 2010, 18 % de plus que l'année précédente (10 545). Cette augmentation ne reflète pas celle des discriminations dans la société française, mais « la notoriété croissante de la Halde », la « perception par le public de l'efficacité de ses interventions » et « une meilleure prise de conscience de leurs droits par les personnes susceptibles d'être discriminées ».

De fait, 53 % des réclamations enregistrées par la Halde n'ont pas de suite, soit parce qu'il n'y a pas de discriminations, soit parce que les réclamations sont orientées vers une autre instance, soit parce que les requérants abandonnent. Pour expliquer ces déchets, la Halde avance que « la catégorie juridique "discrimination" est encore peu familière pour le grand public, alors que le mot est largement utilisé par les médias dans diverses acceptions ». Et, lorsqu'il y a une enquête, elle conclut neuf fois sur dix à l'absence de discrimination.

La répartition des réclamations selon les différents critères de discrimination est relativement constante depuis 2005 : avec en tête l'origine (entre 27% et 29% depuis 2007), le handicap et l'état de santé (19%), le sexe (9% avec l'état de grossesse), l'âge (6%) et les activités syndicales (5%).

La moitié des réclamations concerne les discriminations dans l’emploi public et privé. L’accès à des biens et services, publics ou privés sont en 2ème position. Les réclamations pour discriminations liées au sexe, à la grossesse et à la situation de famille, concernant plus directement les femmes, sont passées de 9% en 2008 à plus de 12% en 2010, faisant de ce critère, le 3ème critère de réclamations.

mis en ligne au 14/08/2011 par « clés du social »

http://clesdusocial.com/france/fr08-inegalites/Discriminations-rapport-halde.htm
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31 juillet 2011 7 31 /07 /juillet /2011 10:15

 

 

Dans le cadre de l’université d’été « Emplois, Compétences et Territoires » organisée par la Fondation Entreprendre et l’Université Montpellier 1, un concours était proposé pour récompenser trois actions impliquant des partenaires privés et publics dans le but d’être acteurs du développement territorial, de la création d’emplois et de l’innovation.

 

Le Relais 48, associé à l’entreprise Environnement 48, Le SDEE 48, La commune de St Alban/Limagnole et Lozère Développement a proposé sa candidature à ce concours.

La mise en place et le développement de la collecte des textiles en Lozère, ainsi que le projet d’ouverture d’un centre de tri à St Alban/Limagnole, a retenu toute l’attention du jury, qui a accordé au RELAIS 48 le 2ème prix du concours pour « le caractère innovant en termes de gouvernance, de performance sociale et économique ».

 

Ce prix honorifique est accompagné d’un don de 1000€ versé au RELAIS par la caisse régionale de la Société Générale. Ce 2ème prix de l’innovation territoriale, a été remis à François CHAMBOST, responsable local du RELAIS en Lozère, le 7 juillet à l’école de médecine de Montpellier.

 

L’initiative récompensée a été initiée en 2009, dans un cadre collectif dont le but principal est la création et la pérennisation d’emplois. Un partenariat entre collectivités territoriales, entreprises et réseaux associatifs est à la base de la réussite actuelle.

 

Bien entendu, le RELAIS 48 est le fruit du travail engagé depuis 27 ans par Le Relais France dont le modèle repose sur la volonté de vivre l’entreprise autrement en associant l’ensemble des salariés dans les décisions stratégiques de développement.

La SA SCOP Le Relais revendique ce fonctionnement innovant de l’entreprise à but socioéconomique (EBS) entièrement dédiée aux femmes et aux hommes qu’elle emploie.

A l’occasion de la remise de ce prix, François CHAMBOST a tenu à remercier les partenaires du projet :

l’entreprise Environnement 48, le SDEE48, la commune St Alban/Limagnole, Lozère Développement.

L’implication des acteurs locaux du développement économique dans ce projet va au-delà. LE RELAIS 48 a tenu à cette occasion, à saluer l’appui apporté par les différents services de l’Etat et du Département de la Lozère.

Mais avant tout, la réussite du projet repose sur la mobilisation des 60 collectivités locales, syndicats de déchets ou grandes surfaces, des 30 associations (secours catholique, secours populaire, la croix rouge, les communautés et comités d’amis d’Emmaüs et bien d’autres encore) réparties sur les cinq départements entre Auvergne, Midi-Pyrénées et bien entendu Languedoc-Roussillon. Ces partenaires ont contribué, en 2010, à la collecte de 900 tonnes de déchets et se sont engagés à travers des conventions pour poursuivre l’effort de collecte des textiles, des chaussures et de la maroquinerie.

Au delà de la mission de collecte et de valorisation de déchets, les partenaires reconnaissent l’utilité sociale de l’action globale engagée au service des personnes les plus en difficulté et de la création d’emplois durables dans un secteur historiquement associatif et bénévole. Les partenaires saluent  aussi le choix d’implantation du RELAIS, au cœur d’un espace rural qu’il contribue à revitaliser. Ce prix va permettre au RELAIS48 de faire reconnaître son professionnalisme et sa capacité à réunir de multiples partenaires. Ses dirigeants souhaitent qu’il contribue à renforcer la confiance en ceux qui, momentanément exclus du monde du travail, doutent d’eux, mais peuvent, en se retroussant les manches, créer et pérenniser des emplois. Contact :

F. Chambost, Responsable d’exploitation du Relais 48

06 88 37 31 87, e-mail : lerelais48@le-relais.net

Site Internet : www.lerelais.org

Le Relais, membre d’Emmaüs France, mène des actions pour un monde plus juste et solidaire au Sud et au Nord. 
Celles-ci sont à l’opposé de l’aide d’urgence et s’attaquent aux causes des états de misère.

  Le Relais concrétise la notion d’économie solidaire depuis maintenant 25 ans.

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23 juillet 2011 6 23 /07 /juillet /2011 09:43

Les 17,18 et 19 juin 2011 se sont tenus les Etats généraux de l'Economie sociale et solidaire. Objectif : rendre plus visible au niveau national un mouvement essentiellement issu des territoires.

L'ensemble des acteurs de l'économie sociale et solidaire (ESS) se sont retrouvés les 17,18 et 19 juin 2011 au Palais Brongniart pour les Etats généraux de l'économie sociale et solidaire, lancés par Claude Alphandéry, président de France active et du Labo de l'économie sociale et solidaire. Objectifs de ces journées : élargir le cercle des acteurs mobilisés, convaincre les citoyens qu'une autre économie est possible et influencer les décideurs. Des objectifs a priori atteints, si l'on observe le nombre de participants à ces Etats généraux, plusieurs milliers, dans un lieu hautement symbolique. Les Etats généraux auront aussi été l'occasion de rendre visible un mouvement essentiellement parti des territoires. "Ce qui se passe dans cette mobilisation des territoires reste trop peu visible au niveau national, explique Laurent Fraisse, socioéconomiste au Laboratoire interdisciplinaire pour la sociologie économique (Lise) et membre du Labo ESS. C'est bien au niveau local que se fait l'ESS mais on a besoin aujourd'hui que le niveau national, voire européen, réponde présent sur ce secteur, or il y a pour le moment un décalage entre ce qui se passe localement et nationalement." Et de citer les actions engagées par bon nombre d'élus sur le territoire, que ce soit en région Provence-Alpes-Côte d'Azur, Bourgogne ou Ile-de-France. La manifestation a aussi été l'occasion de faire le point sur les "Cahiers d'espérances" qui ont été construits depuis le début de l'année 2011. Plus de 400 cahiers de ce type ont ainsi été remontés de tous les territoires, qui constatent une aggravation des difficultés de vie des populations. Le laboratoire va se donner le temps d'analyser ces cahiers pour en faire ressortir des propositions, comme par exemple la reconnaissance législative des coopératives d'habitat, une forme de propriété collective entre la propriété individuelle et le logement collectif ou le développement des circuits courts pour une alimentation plus saine.

     Loi cadre

Les Etats généraux ont aussi permis aux acteurs d'avancer leur proposition phare : la création d'une loi cadre autour de l'ESS qui permette la reconnaissance de cette économie. "Il faut aussi que cette loi cadre soit associée à des propositions sur ce que l'ESS peut apporter en matière de transport, de logement, de santé… Ce qu'elle peut apporter à la société", détaille Laurent Fraisse. Et c'est justement ce travail qui va être maintenant réalisé. Des orientations concrètes sont ainsi présentées à l'occasion du comité de pilotage de l'ESS le 29 juin. Elles seront ensuite portées auprès des futurs candidats à la présidentielle de 2012.
Actuellement, l'économie sociale et solidaire représente 10% de l'emploi salarié national et 8% des salaires. Une part non négligeable qui devrait encore augmenter au fil des années, offrant des perspectives favorables à l'emploi et suscitant l'attrait des cadres, grâce à ses valeurs. Ce secteur a contribué à la croissance de l'emploi à hauteur de 18,1%, soit l'équivalent de 104.176 emplois entre 2006 et 2008. Il attire particulièrement les jeunes. 25% du recrutement de l'économie sociale et solidaire est ainsi constitué par les jeunes, d'après l'Union de syndicats et groupements d'employeurs représentatifs dans l'économie sociale (Usgeres).

www.usgeres.fr/ www.usgeres.fr/

Emilie Zapalski, publié le lundi 20 juin 2011 par localtis

http://www.localtis.info/cs/ContentServer?pagename=Localtis/LOCActu/ArticleActualite&jid=1250262005568&cid=1250262002996

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17 juillet 2011 7 17 /07 /juillet /2011 10:22

Michel Mercier, ministre de la Justice, souhaite redynamiser le travail d'intérêt général (TIG) en tant qu'alternative pertinente à l'incarcération. Et espère à ce titre que davantage de collectivités locales, notamment, seront prêtes à proposer des postes ou heures de travail. Et pas uniquement pour des tâches d'entretien... Certaines communes montrent déjà la voie et font de ce dispositif un vrai outil de réinsertion.

"Je souhaite lancer un appel aux collectivités locales pour qu'elles puissent encore plus s'inscrire dans ce mouvement." Cet appel est celui de Michel Mercier, en tant que ministre de la Justice, et concerne un dispositif que son ministère entend aujourd'hui encourager et développer : le travail d'intérêt général (TIG).
Le TIG existe déjà de longue date, puisque instauré en 1983. A ne pas confondre avec les fameux TUC créés un an plus tôt (ni avec les multiples contrats d'insertion qui leur ont succédé... ni avec les "heures de travail social" non rémunérées récemment évoquées pour les bénéficiaires du RSA par un certain Laurent Wauquiez...). Le TIG constitue une peine alternative à l'incarcération, qui peut être prononcée par un juge pour les contraventions de 5e classe et les délits passibles d'une peine de prison. Décidé avec l'accord du condamné, il s'agit d'un travail non rémunéré effectué au sein d'un établissement public, d'une collectivité ou d'une association habilitée. Il peut en outre être prononcé comme obligation particulière accompagnant une peine d'emprisonnement avec sursis. La durée du TIG est évidemment très variable selon la nature de l'infraction - de 20 à 120 heures pour une contravention, de 20 à 210 heures pour un délit. Les juridictions pénales prononcent actuellement près de 30.000 mesures de TIG par an. Mais ce nombre est visiblement jugé insuffisant : il y a urgence à développer les alternatives à l'incarcération, a souligné Michel Mercier. Notamment parce que les prisons françaises sont pleines (près de 65.000 détenus) et que pas moins de 80.000 peines sont en attente d'exécution. Mais aussi parce que, visiblement, tout le monde s'accorde à louer les vertus du TIG en tant que "sanction utile au condamné et à la société", pour reprendre l'intitulé du premier "Forum TIG" organisé mardi 14 juin à la Chancellerie. Utile pour le condamné en tant que "peine riche de sens" lui permettant notamment de "réapprendre les règles et contraintes d'un milieu professionnel", pour reprendre les termes du garde des Sceaux. Et celui-ci de juger le TIG particulièrement pertinent pour les primo-délinquants et/ou en tant qu'outil de "prévention de la récidive".

    Diversification

Alors pourquoi pas davantage de TIG ? Parce que les structures se proposant d'accueillir des "tgistes" ne se bousculent pas. "L'offre de TIG est aujourd'hui trop rare et trop mal répartie sur le territoire", a confirmé mardi le ministre en clôture de ce forum qui réunissait des représentants de la justice, des collectivités, des associations... Celui-ci compte donc "mieux faire connaître" ce dispositif qui a tout récemment fait l'objet d'une circulaire (circulaire du 19 mai 2011), un an après un décret visant à en simplifier les procédures (décret du 18 juin 2010). Le "guide du TIG", destiné aux structures d'accueil, vient d'être réactualisé, une bourse des TIG "pourrait" être créée, une "journée nationale du TIG" sera organisée (première édition le 11 octobre prochain") et un comité de pilotage destiné à "initier et suivre les actions concrètes en faveur du développement des postes et la conclusion de conventions nationales" sera prochainement installé au ministère. Michel Mercier a aussi, entre autres, suggéré aux "fonctionnaires des Spip (services pénitentiaires d'insertion et de probation) d'aller à la rencontre des élus locaux".
Relevant que le projet de loi sur la participation des citoyens au fonctionnement de la justice pénale et le jugement des mineurs, en cours de navette parlementaire, prévoit d'étendre le TIG aux mineurs d'au moins 16 ans, le garde des Sceaux a, par ailleurs, souligné la nécessité de "diversifier les postes de TIG". Ceci, pour pouvoir proposer des heures de TIG "en soirée, en fin de semaine, en secteur rural"… et, alors que la majorité des heures de travail actuellement proposées concernent des travaux d'entretien ou maintenance – notamment au sein des services techniques des collectivités -, pour ouvrir davantage les TIG à d'autres domaines. Et Michel Mercier de citer "l'aide à la personne, l'environnement, les actions caritatives, le secteur hospitalier ou la culture - bibliothèques, théâtres, musées…". Interrogé par Localtis sur le type de postes que pourraient proposer d'autres niveaux de collectivités que les communes, à commencer par les départements, il a cité l'exemple des "sentiers de randonnée" (création, entretien, animation), qui pourraient selon lui donner lieu à "des milliers de postes", ainsi que celui des transports scolaires.

    "Aucun retour négatif"

Des personnels judiciaires et pénitentiaires intervenant lors du forum ont eux aussi souligné l'importance de diversifier les postes proposés. Ainsi, Béatrice Penaud, vice-présidente en charge de l'application des peines au tribunal de grande instance de Pontoise, a fait savoir que si dans son département, le Val d'Oise, "le nombre de TIG a doublé entre 2009 et 2010", la moitié d'entre eux concernait des chantiers forestiers et qu'elle souhaiterait "plus de TIG le week-end, dans le secteur de l'aide à la personne, plus de stages collectifs par exemple en matière de sécurité routière". Alors que "le nombre des propositions venant des mairies stagne et manque de stabilité", Béatrice Penaud attend aussi "une implication accrue des départements et des régions". Selon elle, deux difficultés majeures constituent un frein au développement des TIG : le fait que le TIG doive être réalisé dans les 18 mois suivant la condamnation (ce délai devrait selon elle être porté à deux ans) et, surtout, le fait que les tuteurs au sein des structures accueillantes se sentent souvent insuffisamment soutenus et reconnus.
Plusieurs élus locaux ont pour leur part témoigné de leur propre expérience – de leurs ambitions en matière d'accueil de TIG, des difficultés rencontrées mais aussi des satisfactions obtenues. Tel le maire d'Aubervillers (93), Jacques Salvator, dont la ville est fortement impliquée dans le dispositif : pas moins de 75 TIG se sont succédé dans les services municipaux depuis 2005. Et, cette fois, pas que dans les services techniques – "nous en accueillons aussi dans les services administratifs, et n'excluons pas les postes en contact avec le public", note Jacques Salvator, qui compte par exemple actuellement trois TIG au sein de la mission handicap-ville, qui inclut cette démarche dans "une politique globale de réinsertion"… et n'a "pour le moment eu aucun retour négatif". "Le message auprès des citoyens passe bien", ajoute-t-il.
Autre décor, autre choix : celui de Saverne, une ville de seulement 12.000 habitants mais qui se trouve être le siège d'un TGI à deux chambres et compter plusieurs structures d'accueil pour mineurs délinquants ou en difficulté. Ayant constaté que les TIG proposés chaque année "ne marchaient pas très bien", la commune a récemment décidé de miser sur des "TIG groupés", à savoir collectifs. Notamment parce qu'il "fallait pouvoir leur proposer de vrais chantiers", explique le maire, Emile Blessig. Deux gros chantiers ont ainsi été mis sur pied pour des équipes de six à huit tgistes : une opération d'entretien du mobilier urbain et le débroussaillage d'un château fort. Cet été, c'est la rénovation du mobilier scolaire et des cours d'école qui seront au programme. Avec, certes, une petite particularité peut-être pas anodine : le responsable du service technique est réserviste de la gendarmerie...

Claire Mallet, publié le mercredi 15 juin 2011 par Localtis

http://www.localtis.info/cs/ContentServer?pagename=Localtis/LOCActu/ArticleActualite&cid=1250261980435&jid=1250261980915

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27 juin 2011 1 27 /06 /juin /2011 10:13

 Le premier "jardin partagé" de la ville a ouvert à la rentrée 2010. Habituellement, à Bègles comme ailleurs, c'est la commune qui entretient les jardins collectifs. Cette fois, ce sont les habitants eux-mêmes, regroupés en conseil d'arrondissement, qui sont à la manœuvre ! Une initiative expérimentale qui ne tardera pas à essaimer.

Bègles, 25.000 habitants, est l’une des 27 communes qui composent la communauté urbaine de Bordeaux. La ville est organisée en arrondissements, et pour chacun d’entre eux les habitants élisent un conseil qui dispose d'un budget propre. Dans le quartier Langevin, non loin du centre-ville, les habitants ont souhaité mener une expérience collective en créant un jardin public.

     Une association présente des vidéos sur ce qui se fait ailleurs

Fabienne Cabrera, conseillère municipale déléguée à l'environnement et à l'urbanisme de proximité, qui habite le quartier, se souvient d'une longue phase préparatoire : "Nous avons commencé à en parler fin 2007 et, à chaque réunion du conseil, le sujet revenait sur le tapis. Pour réussir à mieux définir le projet, nous nous sommes fait aider par une association qui a réalisé des vidéos sur des expériences de jardins partagés en région parisienne. Peu à peu, nous avons défini ce que devait être ce jardin : un lieu de rencontres urbain, entretenu par les habitants eux-mêmes."

      De quel jardin parlons-nous ? Pour quel projet ?

A la différence des jardins familiaux organisés en parcelles individuelles, ici dans ce jardin partagé, tout est mis en commun. Les Béglais peuvent y planter des fleurs, des herbes aromatiques, des légumes, des arbres fruitiers... et celui qui récolte n'est pas toujours celui qui à semé. L'objectif premier est d'y fabriquer du lien social, notamment par l'échange de bonnes pratiques. Et pour cela, les habitants se chargent eux-mêmes de son entretien, en respectant la charte de la biodiversité qui fait partie de l'Agenda 21 de la commune. Cette prise en main par les habitants fait toute la différence avec une autre expérience qui avait été lancée en 2008 dans le quartier des Pré-Rimbaud : sur un ancien ‘délaissé de voirie’, la ville a implanté des aires de pique-nique parsemées de fruitiers destinés à la collecte libre et collective. L'espace respecté par les habitants a trouvé une nouvelle vocation. Mais ce sont les services municipaux qui l'entretiennent. Ici, dans le quartier de Langevin, les habitants ne sont plus seulement utilisateurs du jardin, mais associés très en amont, ils en sont les jardiniers.

    Après ce premier jardin, un recensement de parcelles disponibles

Afin de concrétiser le projet du conseil d'arrondissement, la commune a acquis un grand espace de 250 m2, bordé par une église et des équipements publics (espaces sportifs, skate park, centre de loisirs). Les dix milles euros de budget du conseil d'arrondissement ont servi à amender la terre, et les premières plantations ont été faites à l'automne 2010. Un habitant du quartier, ingénieur agronome à la retraite, s'est chargé d'organiser la rotation des cultures, et a encouragé chacun à contribuer en fonction de ses envies et de son temps. "Il faut faire confiance aux habitants, explique Fabienne Cabrera, ne pas penser que parce que l'on est élu ou technicien on sait tout faire."
Dopée par ces expériences positives, la ville de Bègles s'est lancée dans le recensement des parcelles disponibles, quelque soit leur taille et leur situation. Il ne s'agit pas de faire des jardins partagés partout, il y a également une forte demande d'espaces de promenade et de jardins familiaux. La volonté des élus est de réintroduire la nature en ville sous toutes ses formes.

Luc Blanchard, Lundi 18 Avril 2011

pour la rubrique Expériences du site www.mairieconseils.net
 

CONTACTS

Mairie de Bègles

77, rue Calixte Camelle- B.P. 153
33321 Bègles Cedex
tél : 05 56 49 88 06

                Cabrera Fabienne

                conseillère municipale, déléguée à l'environnement et à l'urbanisme de proximité

                f.cabrera@mairie-begles.fr

http://www.localtis.fr/cs/ContentServer?pagename=Mairie-conseils/MCExperience/Experience&cid=1250261593862

 

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18 juin 2011 6 18 /06 /juin /2011 21:32

A l'occasion des états généraux de l'économie sociale et solidaire, découvrez le livre de Philippe Frémeaux, La nouvelle alternative ? Enquête sur l'économie sociale et solidaire

L'économie sociale et solidaire fait aujourd'hui figure de nouvelle alternative au capitalisme. De fait, son objectif premier n'est pas de dégager du profit, mais de produire des biens et services utiles à tous. Issue d'initiatives citoyennes, elle apporte la preuve que la recherche de l'enrichissement personnel n'est pas l'unique motif qui puisse donner envie d'entreprendre. Constitue-t-elle pour autant une force politique, un mouvement susceptible de transformer profondément notre économie et notre société ? Sa gouvernance, qui se veut démocratique, est-elle vraiment exemplaire ? A-t-elle vocation à s'étendre, se généraliser ? Enfin, cette généralisation est-elle souhaitable ?

Autant de questions auxquelles l'auteur répond dans ce livre, nourri de nombreux exemples. Pour lui, il est temps de regarder "l'ESS" telle qu'elle est, et non dans sa version idéalisée : c'est à cette condition qu'on pourra apprécier dans quelle mesure et à quelles conditions elle peut contribuer à rendre l'économie plus démocratique, plus juste et plus soutenable.

Philippe Frémeaux est président de la coopérative qui édite Alternatives Economiques et éditorialiste. Il est chroniqueur sur France Info et France Culture. Il a publié notamment Petit Dictionnaire des mots de la crise (Les petits matins, 2009).


La nouvelle alternative ? Enquête sur l'économie sociale et solidaire Philippe Frémeaux
Edition Les Petits Matins

Sommaire :
Introduction : A la recherche de l'alternative perdue
Chapitre 1. Répondre aux besoins sociaux
Chapitre 2. Récupération, banalisation, instrumentalisation
Chapitre 3. Une visibilité limitée
Chapitre 4. Vertus et déboires de la cooptation
Chapitre 5. S'associer, pour quoi faire ?
Chapitre 6. Quand les managers imposent leur loi
Chapitre 7. Rendre la gouvernance plus démocratique
Chapitre 8. Un mouvement social qui peine à s'affirmer
Chapitre 9. Changer d'échelle ?
Chapitre 10. Étendre la liberté d'entreprendrelogo alternatives économiques
Conclusion. Les chemins de l'alternative

 

http://www.alternatives-economiques.fr/economie-sociale-et-solidaire---la-nouvelle-alternative-_fr_art_633_54755.html


En prime, voici l'introduction  de Philippe Frémaux

À la recherche de l’ alternative perdue

On a pu dire, après la chute du mur de Berlin, que l’économie de marché avait vaincu, voire que la fin de l’histoire était advenue. Conclusion hâtive : la croissance spectaculaire des pays émergents, à commencer par celle de la Chine, ouvre aujourd’hui une nouvelle page de l’aventure de l’humanité. La dynamique du marché démontre une fois encore sa puissance de transformation sociale, quand l’État lui offre un environnement favorable et met l’accumulation de richesses privées du marché, associée au cadre libéral institué ces dernières décennies par les dirigeants des grands États, engendre dans le même temps des problèmes majeurs : inégalités croissantes, pauvreté et précarité, crise écologique.

La quête d’une alternative est donc à nouveau d’actualité. Mais quelle alternative ? Entre une gauche radicale qui continue de promouvoir une rupture avec le capitalisme dont on ne sait plus trop en quoi elle pourrait consister et une gauche modérée qui n’envisage souvent que d’amender à la marge les règles du jeu économique, certains réfléchissent, notamment au sein de l’écologie politique, à une alternative qui, sans mésestimer l’efficacité du marché, étendrait le champ de la démocratie à l’économie. De quoi renouveler la vieille promesse historique du socialisme – donner pour finalité à l’économie la satisfaction des besoins humains – sans retomber dans les errements qui ont caractérisé le « socialisme réel » partout où il s’est imposé1.

La nouvelle alternative ?

L’économie sociale et solidaire peut-elle incarner cette alternative ? Ses références en font a priori une

candidate sérieuse. Alors que l’économie dominante se préoccupe avant tout de faire des profits au mépris des conséquences sociales et écologiques de son activité, l’économie sociale et solidaire se veut au service de ses adhérents, sociétaires ou coopérateurs2. Elle ne considère pas l’être humain comme un individu uniquement occupé à « maximiser son utilité », sous l’autorité d’un Léviathan plus ou moins bienveillant en charge du maintien de l’ordre social. Au contraire, elle croit dans la capacité des groupes sociaux à agir pour résoudre collectivement leurs problèmes. À ses yeux, les rapports

humains ne sont pas dictés par le seul calcul égoïste, mais intègrent également le don, l’altruisme, la compassion, l’entraide mutuelle et la coopération. Bref, l’économie sociale et solidaire croit dans la solidarité. Constitue-t-elle pour autant une alternative possible au système économique actuel ou n’est-elle qu’unecomposante d’une société où cohabitent de multiples dynamiques économiques et sociales ? Sa gouvernance, qui se veut démocratique, a-t-elle un caractère exemplaire ? Constitue-t-elle une force politique susceptible de porter une profonde transformation sociale ? A-t-elle vocation à s’étendre, à se généraliser, au-delà des champs qui sont les siens aujourd’hui ?

Enfin, cette généralisation est-elle souhaitable ? C’est à ces questions que ce petit livre veut répondre.

Des questions insuffisamment débattues au sein de l’économie sociale et solidaire, mais aussi par tous ceux qui voient en elle, sans doute un peu rapidement, le chemin de nouveaux lendemains qui chantent.Le propos apparaîtra parfois sévère. Une sévérité qui me sera d’autant plus reprochée qu’elle émane  temps vieux connaisseur du secteur, pour ne pas dire du milieu ! Mes intentions sont pourtant claires : contribuer à rendre l’économie sociale et solidaire plus conforme à ses valeurs sans pour autant en attendre plus qu’elle ne peut donner ; rappeler à ses militants, à ses acteurs les plus engagés – la plupart en sont déjà convaincus – que leur combat ne peut se limiter à promouvoir une « autre économie », toutes choses restant égales par ailleurs. C’est toute l’économie qu’il nous faut changer.

Le témoignage d’un acteur

Mon engagement professionnel, en tant que journaliste à Alternatives Économiques, ne m’a pas spontanément conduit à m’intéresser à l’économie sociale et solidaire. Le projet du magazine, depuis sa création par Denis Clerc, était de décrypter l’actualité économique, afin que chacun puisse accéder à une information de qualité. En considérant ses lecteurs comme des citoyens et non seulement comme des cadres, des épargnants ou des consommateurs. Comme son titre l’indique, Alternatives Économiques a donc toujours considéré que les questions économiques et sociales devaient être placées au coeur du débat démocratique, avec la conviction que, sur chaque sujet, des choix sont toujours possibles.

Une conviction qui nous a logiquement conduits à nous intéresser à toutes les initiatives de nature à rendre notre système économique plus juste et plus soutenable. C’est ainsi que l’économie sociale et solidaire a dès l’origine occupé une large place dans nos colonnes.Les raisons de mon intérêt pour le sujet sont cependant moins liées au projet éditorial d’Alternatives Économiques qu’à l’aventure entrepreneuriale qui l’a porté, puisqu’il est édité par une société coopérative3.

Ayant été élu président de cette Scop voici dix ans, j’ai appris à connaître l’économie sociale et solidaire en tant qu’acteur, bien au-delà de ce que le contenu du magazine pourrait donner à croire. J’ai rencontré et tissé des liens d’amitié avec de multiples hommes et femmes qui la font vivre et me suis intéressé aux débats qui la traversent, au point d’avoir à mon tour envie d’écrire sur le sujet. Ce livre est donc au carrefour de deux positions sociales : il est écrit avec l’empathie du dirigeant de coopérative mais aussi avec la distance du journaliste. Un regard d’autant plus positif qu’il ne renonce pas à l’exigence critique. Nous traversons aujourd’hui une crise économique mondiale qui s’accompagne, en France, de la persistance d’un haut niveau de chômage. Nos sociétés font face à de nombreux défis sur les plans économique, écologique, géopolitique. La crise nous invite à nous interroger à nouveau sur les finalités de l’économie, elle renforce encore l’appétence pour des alternatives. N’imaginons pas que d’un mal sorte nécessairement un bien : la crise porte en germe un sérieux risque de dérives autoritaires, de demande d’ordre. Elle exacerbe les contradictions d’intérêt entre les grands États dans un contexte de crise écologique globale et de raréfaction des ressources naturelles. Face à ces risques, l’économie sociale et solidaire paraît bien petite. Mais elle peut donner des raisons d’espérer quand elle réussit à incarner la possibilité d’une économie pacifiée, qui se donnerait pour but de satisfaire les besoins humains soutenables.

1. Voir par exemple Capitalisme ou démocratie ? L’alternative du

xxie siècle, Marc Fleurbaey, Grasset, 2006.

2. Voir Réconcilier démocratie et économie : la dimension politique

de l’entrepreneur en économie sociale et solidaire, Éric Dacheux

et Daniel Goujon (dir.), éd. Michel Houdiart, 2010.

3. Société coopérative et participative (ex-société coopérative ouvrière

de production), Scop.

 

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14 juin 2011 2 14 /06 /juin /2011 10:40

Les 17, 18 et 19 juin 2011 à Paris se tiennent des états généraux de l'économie sociale et solidaire, une manifestation qui marie l’économie, la musique, le cinéma et même un peu de politique.

Les états généraux s’appuient sur le manifeste « Pour une autre économie », lancé à l’automne 2010 par des acteurs de l’économie sociale et le Mouvement pour une économe solidaire, comme Claude Alphandéry, président d’honneur de France Active, Gérard Andreck, président de la CEGES, Yannick Barbançon, président du CN-CRES, Christiane Bouchart, présidente du RTES, Jean-Claude Detilleux, président du GNC, Jacques Henrard, président de la CPCA, Bruno Lasnier, président MES, Alain Philippe, président de la fondation MACIF, Christian Sautter, président de France Active, Hugues Sibille, président d’Avise, François Soulage, président du Secours Catholique, Jean-Pierre Worms, vice – président de la FONDA.

La manifestation investit le Palais Brogniart, ancienne Bourse de Paris, désormais gérée par des acteurs de l’économie sociale.

Vous pouvez prendre connaissance des les conférences et débats et réserver vos places en un clic ici : http://www.emploietcreation.info/ext/http://tk3.sbn07.net/sy/ev?3&9692-13&0&n5nfXm3UDODJgvRTwCHdqQ

En préparation de la manifestation, il y a la chaine des porteurs d’espoir. Les volontaires sont invités à se photographier autour d’un geste commun et à déposer leur photo sur le site internet des états généraux pour marquer leur soutien cette « autre économie ». Le 9 juin, la chaîne faisait 339 mètres de long. 

États généraux de l'économie sociale et solidaire, Palais Brongniart (anciennement Palais de la Bourse), Paris, métro : Bourse (17, 18 et 19 juin 2011).

Info prise sur le blog de Benoît Willot, « Emploi et création » du 10 juin 2011.

http://www.emploietcreation.info/article-la-bourse-et-la-vie-76269972.html

 

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13 juin 2011 1 13 /06 /juin /2011 10:24

Pour répondre aux difficultés de logement rencontrées par les jeunes en formation ou en insertion professionnelle, la région Aquitaine a testé l'hébergement chez des particuliers.

     Méthodes et bilan.

Conseillère régionale déléguée à la jeunesse et à la vie étudiante, Émilie Coutanceau voulait offrir une solution nouvelle aux apprentis qui, ne pouvant payer un double logement lorsqu'ils sont en entreprise ou au centre de formation loin de chez eux, risquent de renoncer à leur cursus ou de l'interrompre en cours de route. Certes, il existe des foyers de jeunes travailleurs, mais ils ne répondent que partiellement à ces demandes atypiques, et ont souvent des problèmes de gestion "car ils ont du mal à gérer la rotation et la vacance que cela entraîne”, explique-t-elle. D’où la décision de la région Aquitaine d’expérimenter, en 2010, un nouveau mode d'hébergement mieux adapté aux contraintes des apprentis.

     Structurer et encadrer une pratique existante

"Lors des enquêtes préparatoires au schéma régional du logement étudiant, nous avions constaté que certains apprentis se débrouillaient très bien en faisant jouer les réseaux familiaux, ou bien en trouvant un particulier acceptant de louer une chambre. Cette pratique, sans doute assez répandue, s'adapte bien aux contraintes de ces jeunes qui ont besoin d'un hébergement de courte durée, fractionnée, par exemple une semaine par mois ou une semaine toutes les trois semaines”, explique Émilie Coutanceau. Mais elle s’effectuait souvent “sous le manteau”, avec des propriétaires qui n'étaient pas au courant par exemple de leurs droits et des règles fiscales (lorsque le loyer dépasse un certain un plafond par exemple). L'idée a donc été de structurer et d'encadrer cet hébergement chez des particuliers. Tant pour assurer une qualité d'accueil et une offre plus importante et plus facile d'accès pour ces jeunes, que pour rassurer des propriétaires qui n'osaient pas se lancer isolément dans ce type de démarche.

     Choix d’un prestataire en gestion locative qui sécurise les particuliers

La région a choisi de sélectionner quatre territoires tests, avec des marchés immobiliers aux caractéristiques différentes : la communauté urbaine de Bordeaux (hyper urbain), le Blayais (rural), le Bergeracois (ville moyenne) et le bassin d'Arcachon (zone touristique). Un travail de concertation important a été mené pendant un an dans ces quatre territoires avec les acteurs concernés : groupement de communes, bureau information jeunesse, mission locale, organismes de formation, UNPI, etc. Cette mobilisation a été rendue possible notamment parce que la région a décidé d’avoir recours à un prestataire choisi sur appel d’offres pour aider au montage technique et juridique du projet (rédaction du contrat d'hébergement, etc.), puis pour la prise en charge de la gestion au quotidien. C’est le Sires Aquitaine, une structure spécialisée dans la médiation et la gestion locative et émanant de l'union régionale des Pact, qui a été choisi. “Leur expertise nous a été précieuse pour rendre le projet à la fois séduisant et sécurisant pour les propriétaires, tout en étant suffisamment souple pour répondre aux besoins des jeunes”, souligne la conseillère régionale. Au-delà de la mise en place du dispositif, le Sires prend en charge la vérification de la décence des chambres, la mise en relation de l'offre et de la demande, la signature du contrat d'hébergement...

     Pas de tarif imposé, mais des prix plafonds

Ne pouvant, d'un point de vue légal, fixer de tarif, la région a toutefois imposé le prix plafonds de 15 euros par nuitée. Le tarif est dégressif suivant le nombre de semaines et, au mois, ne dépasse jamais 250 euros (soit 110 euros une fois déduites les aides que la région accorde). S'ajoutent à la note mensuelle, des options pour le coût des petits déjeuners (2 euros) et dîners (3 euros). Il s’avère que 60 % des jeunes ont préféré la chambre sans option.

     près la phase test, la généralisation en 2011

Les résultats du bilan, effectué mi-décembre 2010, ont convaincu la région de généraliser le projet. En six mois, 60 jeunes ont été hébergés chez des particuliers. Sur les 60 "binômes", seuls deux ont échoué et se sont soldés par une rupture du contrat d'hébergement avant terme, pour non-respect des jeunes sur l'utilisation des parties communes. "Nous avons redonné sa chance à l'un des jeunes, cette fois avec succès", précise la conseillère régionale.

Plus de 6 sur 10 ont été logés d'une à trois semaines par mois, dont 35% une seule semaine. "Ce dispositif est donc particulièrement adapté pour eux", commente l’élue, également satisfaite de constater que leur profil correspond au public ciblé à l'origine : apprentis (56%), stagiaires de la formation professionnelle (15%), élèves du paramédical et social (13%) et jeunes salariés. Parmi eux, une majorité de garçons (67%) et de majeurs (68%). "Le fait qu'un tiers d’entre eux soit mineurs nous indique que le projet est suffisamment rassurant pour les parents."

Emmanuelle Stroesser, lundi 14 mars 2011, pour la rubrique Expériences du site www.mairieconseils.net

http://www.localtis.fr/cs/ContentServer?pagename=Mairie-conseils/MCExperience/Experience&cid=1250261378408

 

Contacts

Conseil régional d'Aquitaine

14 rue François-de-Sourdis, 33077 Bordeaux cedex, fax : 05 56 56 38 45

Coutanceau Émilie, conseillère régionale déléguée à la jeunesse et à la vie étudiante

emilie.coutanceau@aquitaine.fr

 

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