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18 novembre 2012 7 18 /11 /novembre /2012 09:44

La protection sociale en France : ressources et dépenses des organismes assurant la couverture des risques sociaux (regard sur Europe).

 Le champ de la protection sociale est plus large que celui de la sécurité sociale : il regroupe l’ensemble des ressources et dépenses des organismes assurant la couverture des risques sociaux (santé, vieillesse-survie, maternité-famille, emploi, accidents du travail, handicap et invalidité, logement, pauvreté-exclusion sociale), qu’ils soient publics ou privés, obligatoires ou facultatifs.

Cela concerne donc les régimes obligatoires, - tels le régime général de la sécurité sociale, les institutions chargées de l’indemnisation du chômage ou les régimes de retraites complémentaires -, l’action sociale des administrations et établissement publics de l’Etat et des collectivités locales ( par exemple les CCAS), les institutions sans but lucratif au service des ménages versant des prestations sociales (l’action des départements : RSA, APA, prestation de compensation du handicap), mais aussi les institutions de retraite supplémentaire ou de prévoyance (hors assurances privées), les mutuelles et les employeurs publics ou privés, versant des prestations extralégales (par exemple, les crèches et les haltes-garderies dans les communes).

    En France, les ressources de la protection sociale (hors transferts entre institutions) sont de 633 milliards d’euros en 2010.

Les dépenses s’élèvent à 654 milliards, dont l’essentiel sous forme de prestations de protection sociale (621 milliards, soit 32 % du produit intérieur brut). Les régimes couverts par les comptes de la sécurité sociale (régimes de base, régimes spéciaux, fonds, régimes complémentaires) ne forment qu’environ 80 % des dépenses. Les autres acteurs représentent 152 milliards de prestations supplémentaires en 2010. Equilibrés, voire bénéficiaires, jusqu’en 2006, les comptes de la protection sociale se dégradent ensuite légèrement : le déficit en 2009 était de 17,8 milliards, probablement davantage en 2010, par suite des déficits cumulés de la sécurité sociale et de l’assurance-chômage.

La crise financière qui a débuté en 2008, marquée par une récession en 2009, s’est prolongée par une croissance modérée en 2010, voire atone depuis. La crise des dettes des Etats (Grèce, Espagne), touche l’ensemble de la zone euro, même si l’Allemagne et la Suède s’en sortent mieux. Cette conjoncture européenne diminue les ressources publiques - impôts et cotisations sociales -, alors que les plans de relance et la croissance des dépenses sociales (notamment liées au chômage – 42,6 milliards - et à la pauvreté-exclusion – 14,8 milliards) poussent à l’augmentation de l’endettement des Etats. Même si les ressources de la protection sociale (+ 3 % entre 2008 et 2010) résistent mieux que les autres prélèvements obligatoires (- 11 % dans la même période), le solde de la protection sociale se dégrade fortement : - 21 milliards d’euros en 2010.

Tous les pays européens ont réagi à la crise, mais avec plus ou moins d’ampleur selon les pays. Les systèmes publics, et parmi eux les systèmes de protection sociale, ont joué leur rôle traditionnel d’amortisseur de la crise, puisque les dépenses augmentaient alors que les ressources se contractaient. Ainsi la contribution des prestations sociales a été un soutien au revenu des ménages, au moment où celui-ci se dégradait, au prix certes d’un déficit social accru. Ce n’est pas le cas dans d’autres régions du monde, comme les Etats-Unis où le taux de pauvreté a augmenté sensiblement. Mais cela a eu pour contrepartie des prélèvements supplémentaires, pour limiter l‘accroissement des déficits sociaux.

Il faut mesurer qu’en France, depuis 50 ans, les dépenses sociales ont crû plus vite que le PIB. Leur poids dans le PIB a doublé, passant de 15 % en 1959 à plus de 33 % en 2010.

    Cette évolution n’est pas propre à la France :

les pays les plus riches consacrent un part plus importante de leur revenu à la protection sociale, dont les dépenses augmentent plus que proportionnellement.

Pourtant, au sein de l’Union européenne, on constate des situations différentes. Le poids des dépenses de protection sociale varie quasiment du simple au double (33,4 % pour le Danemark contre 16,78 % en Lettonie, avec une moyenne européenne à 28,4 % en 2009). En tête du classement les pays riches (France, Allemagne, pays d’Europe du Nord) et en bas les nouveaux entrants (Lettonie, Roumanie, Bulgarie). Cependant le Royaume-Uni, avec un PIB supérieur, consacre 3,5 points de PIB en moins aux dépenses de protection sociale.

La hiérarchie des pays est modifiée lorsqu’on retient les dépenses de protection sociale en standard de pouvoir d’achat (SPA) par habitant plutôt que les dépenses en points de PIB. Le Luxembourg qui est en tête selon ce critère n’est que 19ème dans le classement des pays selon la part de PIB. Inversement, la France qui est numéro 2 pour le poids de ses dépenses de protection sociale dans le PIB n’est qu’en 10ème position pour le niveau de dépenses en SPA par habitant. La France se caractérise dont par un niveau de dépenses de protection sociale élevé par rapport à sa richesse nationale, mais avec un effet par habitant relativement décevant. Ce qui signifie qu’il existe des marges d’amélioration sans pour autant augmenter les dépenses, par une meilleure organisation comme d’autres pays en témoignent.

En France, la structure de financement par type de prélèvement s’est nettement modifiée depuis 1959.

 

1959

1990

2010

Cotisations sociales

80 % des ressources

80 % des ressources

65 %

Contributions publiques

18 %

13 %

10 %

Impôts et taxes affectées

 

 3 %

23 %

C’est l’effet de la montée en charge de la CSG en substitution à des cotisations salariales et le développement des exonérations de cotisations patronales compensé par des recettes fiscales nouvelles.
Il n’en demeure pas moins que la CSG repose en grande partie sur les salaires, même si les revenus du capital sont  mis à contribution depuis son instauration. Les prélèvements sur les salaires représentent 71 % du financement contre 76 % en 1959.
Alors qu’ils ne contribuaient pas en 1980, les revenus de remplacement  apportent en 2010 2,8 % du financement, les revenus du patrimoine, 2,3 %.Cet apport est loin d’être négligeable : sans ces changements, les salaires paieraient aujourd’hui 477 milliards d’euros, soit 33 milliards de plus que ce qui est observé.
Cette évolution s’observe également dans les autres pays européens où la part dans le PIB des contributions publiques au financement de la protection sociale a augmenté de 3 % depuis 1996 dans l’UE 15. Cette évolution hétérogène a conduit à un certain rapprochement des structures de financement. En effet la part de la fiscalité dans le financement a eu tendance à davantage s’accroître dans les pays où prédominent les cotisations, comme en Belgique, en France, en Allemagne. Inversement, elle a diminué (ou peu augmenté) en Suède, en Finlande, au Danemark, pays connaissant une part importante de contributions publiques.

Source : dossier DREES pour la Conférence sociale de juillet 2012

info venant de Clés du Social, novembre 2012

http://clesdusocial.com/france/fr12-protection-sociale/protection-sociale-en-France-ressources-et-depenses-organismes-assurant-la-couverture-des-risques-sociaux.htm



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16 novembre 2012 5 16 /11 /novembre /2012 16:44

Eric Prédine : « Planter, c'est s'approprier l'espace, sans le privatiser »

Eric Prédine est jardinier. Du dimanche d'abord, dans son potager à lui...Mais de la semaine aussi, puisque coiffé de sa casquette de consultant au sein de Saluterre, une SCOP qu'il a co-fondé, il arpente les parcelles de France, de quartiers populaires en maisons de retraites, afin d'en faire peut-être, des jardins partagés. Animateur du réseau « le jardin dans tous ses états » (JTSE), il est également auteur de plusieurs ouvrages1 autour du bien vivre alimentaire. Ses activités et son oeuvre en font donc un grand militant de la cause potagère. Mais c'est également un des plus ardents promoteurs du jardin partagé, comme lieu de résistance à la crise sociale, environnementale et urbaine. Rencontre. avec Apriles…

 Apriles: Comment êtes-vous entré en « terre » militante en faveur des jardins partagés?

Eric Prédine: Pour moi, ça se situe clairement au milieu des années 80, au moment de la création des « restos du coeur ». Aussi nécessaire fussent-ils à un moment de grande urgence alimentaire, l'action de la nouvelle association m'est apparue sous le jour de la charité publique, que je distingue très nettement de ce que je considère être la solidarité. On gérait alors la misère avec les surplus d'une politique agricole commune (PAC) aberrante, au lieu de travailler avec les gens à les rendre autonome, à travers un retour aux activités potagères. En ce qui me concerne, l'entrée en jardinage s'est faite sous l'angle social, avant de devenir écologique...

 A: Puis professionnel. Vous êtes aujourd'hui consultant « en jardin partagé » au sein d'un bureau d'étude que vous avez co-fondé. Quelle est votre démarche?

E.P: Saluterre est un bureau d'étude paysager au statut coopératif (SCOP) qui, sur les territoires, s'efforce de promouvoir une démarche de partage des habitants avec leur environnement: le voisinage en premier lieu, mais aussi les équilibres naturels inhérents à chaque endroit. Nous accompagnons donc principalement des projets de conception et d'aménagements de jardins partagés et de jardinage accessibles aux handicapés. Avec nos partenaires Le Mat et les Anges Gardins nous animons aussi des sessions de formation appelées les ambassadeurs du jardinage2. Il s'agit de former des personnes, comme par exemple des travailleurs sociaux, susceptibles de transmettre les bases et les techniques de jardinage agrobiologique et de cuisine particulièrement adaptées aux personnes sans moyens financiers, sans culture horticole et ne disposant pas de terrain arable.

 A: La notion de jardin partagé a émergé officiellement lors du premier forum du « jardin dans tous ses états » en 1997. Événement que vous co-organisiez. Peut-on considérer que vous transmettez aujourd'hui ce label auprès des collectivités locales et associations qui constituent la majorité de vos commanditaires.

EP: Non pas du tout! Lors du forum de Lille en 1997, les militants du lien social autour des jardins, et ceux qui étaient plutôt porteurs de la dimension environnementale se sont rencontrés. L'ambiance était au partage! Celui des sensibilités mais aussi celui des expériences! Finalement tout le monde s'est mis d'accord sur la nécessaire implication des riverains dans l'entretien des jardins, mais aussi sur d'incontournables valeurs telles que l'agir ensemble, la coopération, le sens de la rencontre, du voisinage. Une éthique fondatrice qui constitue un rempart contre la tentation d'une éventuelle labellisation. Chacun peut partager notre expérience. Mon activité consiste surtout à poser un regard le plus constructif possible sur les particularités de chaque territoire en demande, et à accompagner la démarche.

 A: Une demande qui va croissante avec un véritable engouement des pouvoirs publics autour de ces jardins...

EP: Oui, la demande publique est forte. Il est par exemple intéressant de noter que le dernier colloque intitulé « Villes jardinées et initiatives citoyennes » du réseau JTSE qui s'est déroulé en octobre à Strasbourg était co-organisé par l’association française des directeurs de jardins et espaces verts publics (AFDJEVP). Plus globalement, les collectivités locales et particulièrement les villes ont pris conscience de la pertinence des jardins partagés en faveur des objectifs de vivre-ensemble. Les enjeux en termes de cohésion sociale mais aussi de démocratie participative et d'implication des habitants sont importants. Planter, c'est s'approprier l'espace, sans le privatiser. De façon assez nouvelle, il y a aujourd'hui une demande qui émane des promoteurs immobiliers. Conscients des effets bénéfiques du jardinage collectif dans la construction du savoir-voisiner, ces derniers inscrivent les parcelles dans la conception de leurs projets.

 A: La multiplication des projets émanant de la sphère institutionnelle tranche un peu avec la spontanéité des premières expériences...

E.P: Il serait en effet dommage que l'activité s'inscrive désormais exclusivement dans des politiques institutionnelles qu'elles soient publiques ou privées. Cela dit, je considère personnellement qu'un jardin est toujours positif pour les gens. Sous couvert de passer des bons moments avec la nature, on travaille, l'air de rien, à faire pousser une ration alimentaire de bonne qualité. On crée du lien social ainsi que des marges d'auto-production saine et autonome pour les plus modestes. Il y a le plaisir de jardiner ensemble, combiné aux enjeux de l'économie domestique et de l'hygiène alimentaire: « En jardinant, je produis. En consommant et partageant ma production, je valorise ce qu'il y a dans mon assiette. Et je suis dès lors plus vigilant, globalement, à la qualité de mon alimentation... » Manger, bouger...C'est jardiner en fait.

*Propos recceuillis par Sebastien Poulet-Goffard

http://www.apriles.net/index.php?option=com_content&task=view&id=378&Itemid=93

Pour plus d'informations sur les jardins partagés consultez les fiches Apriles sur le sujet à Paris (cliquez ici), à Nantes (cliquez ici) et en Alsace (cliquez là).

 

 

 


Quelques références de livre en vente actuellement :

- Mon potager bio en ville ed Terre Vivante F.DAVID-E.PRÉDINE

- Des jardins en partage ed Rue de l'échiquier JP.COLLAERT-E.PRÉDINE

- Je réussis mon compost et mon vermicompost ed Terre Vivante P et L.MARTIN-E.PRÉDINE

- Le nouveau jardin écologique ed Rustica (co-auteur. E.PRÉDINE)

- L'art du potager en carré ed Edisud JP.COLLAERT-E.PRÉDINE

- Mon potager du monde ed Plume de carotte F.LISAK-E.PRÉDINE

- Mon jardin de poche ed plume de carotte F.LISAK-E.PRÉDINE

 

http://www.terredopale.fr/angesgardins/formation/ambassadeurs

Prochaines formations d'ambassadeurs du jardinage et du bien vivre alimentaire :

28-29-30 janvier et 21-22 mars

22-23_24 mai et 17-18 juin

3-4-5 juin et et 24-25 juin

 

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11 novembre 2012 7 11 /11 /novembre /2012 09:09

À Mulhouse, au magasin pour rien, on s’enrichit autrement – 

 

 
« Qu’est-ce qu’on fait quand on ne veut plus de ses bibelots et de tout ce qui s’en suit ? On les jette. Parce qu’on a tous du superflu chez nous. Eh bien là maintenant, on va au magasin pour rien …»

Pour donner une seconde vie à des objets destinés à être jetés, permettre à des personnes dans le besoin d’en profiter et favoriser la rencontre entre des habitants de tous horizons, le Magasin pour rien de Mulhouse récupère vaisselle, livres, jouets, ou tout autre objet en bon état, et les donne gratuitement à toutes les personnes qui le désirent. Son objectif : créer au sein du magasin une atmosphère conviviale, où l’on donne un coup de pouce aux plus démunis sans les stigmatiser, où l’on crée du lien par petite touche, où l’on défend de façon enthousiaste les principes d’une économie plus sobre. 
Pour en savoir plus sur le quotidien du Magasin pour rien écoutez l’émission les pieds sur terre de France culture.

 


Depuis une dizaine d’années, l’équipe de la Maison de la Citoyenneté Mondiale de Mulhouse conduit des réflexions et des projets sur les thèmes de l’économie sociale et solidaire, du vivre ensemble et des solidarités transnationales. Avec des partenaires européens, des rencontres sont organisées régulièrement afin de faire émerger de nouvelles idées. 

En 2004, à l’occasion d’un forum organisé à Fribourg en Allemagne, les Alsaciens visitent un « Umsonstladen », ou « Magasin gratuit », lieu alternatif où des objets sont récupérés, réparés et exposés pour que des personnes se trouvant dans une situation de précarité puissent venir se servir. Le responsable de la Maison de la Citoyenneté Mondiale est séduit par le concept, qu’il décide d’introduire à Mulhouse en opérant quelques ajustements. 

A la différence du côté « alternatif » de l’Umsonstladen de Fribourg, le « Magasin pour rien » de Mulhouse a vocation à être un lieu ouvert à tous, encourageant la mixité sociale et culturelle. Après avoir loué un petit local et recruté une personne - auparavant au chômage- en contrat aidé pour porter le projet, le magasin ouvre ses portes en décembre 2009.
 

Description : 
Le Magasin pour rien est ouvert trois matinées par semaine. Les personnes accueillies n’ont pas à justifier de leur situation sociale. Accueillis par la maîtresse des lieux, les visiteurs se voient expliquer le sens de la démarche et sont invités à choisir des objets qui leur seraient utiles ou qui leur feraient plaisir. Vaisselle, jouets, bibelots, livres, DVD, petit électroménager… Les visiteurs, principalement des personnes en situation précaire, peuvent choisir gratuitement jusqu’à trois objets par semaine, sauf dans certaines situations où l’hôtesse estime que la situation de la famille justifie d’aller au-delà. 

Pendant et en dehors des horaires d’ouverture, des personnes, principalement issues des classes moyennes, passent régulièrement au magasin pour déposer les objets dont ils ne veulent plus. Ces objets peuvent être de toute sorte –à part des vêtements et des meubles, récupérés dans le cadre d’autres structures (voir plus bas)- à condition qu’ils soient en bon état. Une fois nettoyés, ils sont rangés et disposés sur les étagères du Magasin. Les personnes ayant apporté des objets sont elle aussi invitées à faire un tour dans la boutique et à prendre quelque chose si elles le souhaitent. En poussant chacun à rester plus de temps dans le magasin, l’occasion est ainsi donnée à des personnes de différents horizons sociaux et culturels de se rencontrer et d’échanger. 

Mais cet objectif n’est pas toujours facile à remplir. En effet, bien qu’un récent déménagement ai permis au Magasin de disposer de davantage d’espace, contrairement à l’ancien, le nouveau local a cependant l’inconvénient de se situer dans un quartier moins central et moins agréable, où les personnes apportant des objets ont moins tendance à s’attarder. L’enjeu est donc de continuer à faire connaître le Magasin, pour permettre encore plus de visites qui font vivre le lieu.




Le magasin, porte d’entrée vers le social : 
Au-delà de l’aide matérielle très concrète que permet cette démarche pour des familles en difficulté, le Magasin pour rien cherche à être un lieu non étiqueté « social », où la convivialité et la diversité des gens de passage faciliteraient la venue des personnes les plus isolées. Les nouveaux venus sont accueillis avec simplicité et, progressivement, l’équipe du Magasin pour rien apprend à les connaître et à cerner leurs difficultés afin, si nécessaire, de leur donner quelques conseils. 

Par ce biais, de manière informelle et adaptée au cas par cas, le magasin permet de créer du lien entre ces personnes et un réseau plus vaste de solidarité. En effet, l’équipe du Magasin s’inscrit dans un réseau de nombreuses associations de solidarité, d’aide aux gens du voyage, structures d’insertion, de restaurants ou encore navettes solidaires,… Ainsi, pour la responsable du Magasin pour rien, il s’agit principalement d’orienter les personnes en difficulté vers les acteurs le mieux à même de répondre à leur problématiques, ou de passer quelques coups de fils afin de pouvoir donner une réponse aux questions posées.

Par ailleurs, le Magasin pour rien travaille en proximité avec les autres démarches menées par le réseau associatif Alliance Rhin-Supérieur Oberrhein - Maison de la Citoyenneté Mondiale. Un « Cyber projet » met à disposition cinq postes informatiques à proximité du Magasin. Deux autres boutiques, SOS Meubles et SOS Fringues, permettent d’acheter à bas prix des meubles et des vêtements. En parallèle, des groupes de paroles, notamment destinés à faire participer des personnes au chômage, sont organisés autour de problématiques comme la pauvreté, la précarité mais aussi divers sujets de société. D’autres initiatives sont conduites, comme des crédits solidaires et des cours de français.
Une mutuelle solidaire, où donateurs et personnes participant aux différentes actions mettent 30 euros dans un pot commun, finance une partie de ces démarches et une partie du loyer du Magasin pour rien.




Contribuer à faire évoluer notre modèle socio-économique : 
Le but de la démarche est enfin de diffuser un message de façon pédagogique : il est possible de construire une économie plus circulaire, conduisant à récupérer, réparer, fabriquer… Le Magasin pour rien est une illustration très concrète de la façon dont pourrait évoluer nos modes de consommation d’aujourd’hui : au lieu de produire, d’acheter et de jeter sans limite, on peut regarder comment faire autrement, en commençant par mettre à la disposition des autres le superflu dont nous ne voulons plus. (Pour un autre exemple de démarche de ce type, voir la fiche concernant la Ressourcerie Interloque)

Pour l’équipe du Magasin pour rien, sollicitée très régulièrement par les médias locaux et nationaux à communiquer, l’important est avant tout de faire comprendre la démarche aux visiteurs. En effet, il est arrivé que certains parviennent à « voler » des objets, probablement dans le but de les revendre. Il est donc important de rappeler l’esprit de l’initiative, visant à développer en chacun une certaine conscience dans nos habitudes de consommation et surtout une attention quotidienne aux personnes vivant de façon précaire dans notre société. 

Si la démarche a acquis assez rapidement de la notoriété, l’équipe souhaite diffuser encore davantage cette pédagogie auprès de potentiels relais locaux, comme les écoles et les universités. Une jeune fille mène actuellement sa mission de service civique au sein du Magasin pour rien, afin de faciliter l’accueil des visiteurs et le fonctionnement du lieu. Le prochain jeune en service civique pourrait être positionné davantage sur une mission de communication externe. 

La démarche mulhousienne donne des idées, puisque des projets de Magasin pour rien sont à l’étude à Saint-Dizier et à Liège. 
 

Impact(s) : 
- 15 à 20 personnes sont accueillies au Magasin pour rien par matinée d’ouverture, soit 40 à 60 par semaine.
- La majorité sont des personnes touchées par la pauvreté auxquelles s’ajoutent des personnes issues de toutes les catégories sociales.
- Toutes les classes d’âge viennent au Magasin pour rien
- Le magasin permet de remettre dans le circuit de consommation des produits destinés à être jetés. 
 

Partenaire(s) : 
La Ville de Mulhouse (subvention de 2 000 euros en 2011), l’Etat (contrat aidé et service civique), réseau associatif local (et en particulier les structures d’insertion).  

Moyens : Humains : 
1 responsable (20 heures par semaine), 1 jeune en service civique, quelques bénévoles individuels ou issus des structures d’insertion locales (petits travaux de rénovation et d’aménagement du local, rangements et tâches diverses…). 

Financiers : 
Frais de fonctionnement mensuels d’environ 500 euros (subventions déduites) : essentiellement dons de particuliers. 

Matériels : 
Un local d’environ 40 m², aménagé avec un comptoir, des étagères. 
 

Contact action : >> WINTERHALTER Roger : consulter sa fiche sur le site Apriles.

Porteur(s) de l'action : 
Collectif d’associations Alliance Rhin-Supérieur Oberrhein - Maison de la Citoyenneté Mondiale (MCM-ARSO) 

Info venant de Apriles  d’octobre 2012

 

http://www.apriles.net/index.php?option=com_sobi2&sobi2Task=sobi2Details&catid=27&sobi2Id=1498&Itemid=95

 

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31 octobre 2012 3 31 /10 /octobre /2012 10:11

La BPI va regrouper les missions et structures de financement de l'innovation sociale. 

A l'occasion d'un séminaire organisé le 26 septembre 2012 sur la finance solidaire, Benoît Hamon a donné de nouvelles précisions sur le financement de l'économie sociale et solidaire. Au programme : un financement simplifié avec un accompagnement par les structures adaptées (Adie, France Active...) dans le cadre de la future Banque publique d'investissement. Cette dernière est amenée à englober tous les instruments existants dont le fonds d'innovation sociale créé au printemps.

Les nouvelles modalités de financement de l'économie sociale et solidaire commencent à se dessiner. A l'occasion d'un colloque sur la finance responsable, organisé le 26 septembre 2012 à Paris, Benoît Hamon, ministre délégué en charge de l'économie sociale et solidaire (ESS), s'est exprimé sur le sujet. 500 millions d'euros lui sont réservés au sein de la future Banque publique d'investissement (BPI) sur les 20 milliards d'euros dont elle va disposer. La BPI aura vocation à rassembler l'ensemble des missions et structures orientées vers le financement de l'ESS, notamment le fonds d'investissement pour l'innovation sociale. Ce fonds avait été créé en mars 2012 par Roselyne Bachelot, alors ministre des Solidarités et de la Cohésion sociale. Doté de 5 millions d'euros en 2012, le fonds devait être porté progressivement à 15 millions d'euros. Les montants dédiés à l'ESS dans le programme d'investissement d'avenir (PIA), qui correspondent à 100 millions d'euros, vont aussi rejoindre les ressources de la BPI qui seront dédiés à ce secteur. "La BPI va prendre en charge une grande partie des missions et structures qui existaient auparavant dans ce domaine", a ainsi précisé Benoît Hamon.
Autre point important : l'organisation de ce nouveau financement. "Pour que les structures de l'ESS se développent, encore faut-il que l'offre de financement soit adaptée", a expliqué le ministre, estimant qu'il faut prendre en compte les spécificités et les besoins des entreprises du secteur de l'ESS. Et ce sont les structures telles que l'Association pour le droit à l'initiative économique (Adie), France Active et autres réseaux de ce type, qui seront délégataires des fonds de la BPI et qui seront chargés d'accompagner les entreprises de l'ESS vers le financement de leurs projets. Ils devront notamment tenir compte de la diversité des besoins : d'un financement modeste de 5.000 euros à des demandes d'investissement de plusieurs millions d'euros...

     Un label, des certificats mutualistes et des obligations d'emploi

Benoît Hamon a également précisé que la BPI, pour ce qui concerne l'ESS, serait organisée par filière (transition écologique et économie verte, recyclage, réemploi...). Une organisation qui permettra de "donner des moyens à ce secteur et des marges de croissance supplémentaires", a souligné le ministre, citant le cas d'Emmaüs, pionnier dans le recyclage et aujourd'hui fortement concurrencé par Véolia.
L'autre partie du financement de l'ESS viendra de l'épargne. Le rapport de Pierre Duquesne sur l'épargne réglementée, remis le 20 septembre au ministre, a avancé quelques idées, dont l'inscription dans les obligations d'emploi des crédits des banques du financement de l'ESS, au même titre que la rénovation thermique ou le financement des PME. Mais "comment vérifier la mise en œuvre de ces obligations d'emploi, a questionné le ministre. Est-ce qu'on apprécie les résultats de chaque banque ou est-ce qu'on se base sur une moyenne d'intervention bancaire vers l'ESS ?" En revanche, l'idée de créer un livret spécifique pour financer l'ESS n'est pas retenue pour le moment. C'est le doublement du livret Développement durable (LDD) et le relèvement du plafond du livret A qui devraient permettre d'orienter une partie de l'épargne vers l'ESS.
D'autres instruments financiers pourraient voir le jour comme des certificats mutualistes ou encore des titres associatifs ou participatifs. "Les titres associatifs sont le moyen pour les associations de reconstituer leurs fonds propres mais aujourd'hui, cela ne fonctionne quasiment pas", a souligné Benoît Hamon. Ces questions feront partie de la loi-cadre sur l'ESS qui doit être finalisée en décembre 2012. Enfin, le ministre compte faire en sorte que les acheteurs publics prennent mieux en compte les spécificités des acteurs de l'ESS dans les commandes publiques. Le premier pas étant de faire appliquer les textes existants et de créer un label identifiant les entreprises appartenant au secteur de l'ESS. Un label qui sera également créé dans le cadre de la loi sur l'ESS.

Emilie Zapalski . Publié le mercredi 26 septembre 2012 dans localtis

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26 septembre 2012 3 26 /09 /septembre /2012 10:20

 

« C’est un projet qui vise à montrer que changer la société est possible : nous croyons fortement à la mutualisation, à la coopération comme solution pour le futur durable. Nous voulons montrer qu’il est possible de substituer à l’esprit de consommation, celui de la coopération ».Le président desAmis du Zeybu

Afin de (re)créer du lien au cœur de son quartier, l’association les Amis du Zeybu a mis en place une épicerie citoyenne, solidaire et coopérative en partenariat avec les producteurs locaux. Un projet porté par une double volonté : faire vivre l’action avec les habitants du quartier et garantir l’accessibilité à tous. Grâce à un partenariat original avec les acteurs sociaux locaux, les Amis du Zeybu ont développé un système de solidarité s’appuyant sur tous les acteurs, producteurs et usagers, permettant aux adhérents relevant de l’aide alimentaire d’accéder aux mêmes services tout en garantissant leur anonymat. Un concept à l’éthique de développement durable, simple et innovant, créé et porté par des habitants militants.
En octobre 2008, l’épicerie du quartier piéton des Maisons-Neuves à Eybens (Isère) disparaît, emportant avec elle les souvenirs du seul commerce de proximité qui avait résisté. Dans le quartier, il ne reste alors aucun lieu de rencontre pour les habitants. Décidée à ne pas accepter cet état de fait, une poignée d’entre eux se mobilise et créé l’association « Les Amis du Zeybu » en juillet 2009. L’origine de ce nom pour le moins original vient d’un acronyme inspiré par les Z’Eybinoiseries (la fête des quartiers de la ville d’Eybens) : Z pour Zone, EYB pour Eybens et U pour Unitaire.

 Leur projet : ouvrir une épicerie coopérative de proximité dans le but de créer des liens entre les différents habitants du quartier. Fruits, légumes, fromages, œufs… Des produits de qualité, cultivés par des producteurs locaux y seront vendus aux adhérents de l’association au meilleur prix. Fondée sur un principe de solidarité et de partage, l’association vise avant tout à régénérer les liens et la citoyenneté sur son territoire.

En janvier 2010, la mairie qui accepte une expérimentation de deux fois six mois met le local de l’ancienne épicerie, laissé libre, à disposition de l’association pour la vente des produits. Mais très vite, après six mois, les liens entre l’association et la municipalité se distendent car cette dernière souhaite la mise en place d’une double tarification pour les habitants les plus modestes. Cette approche n’est pas du tout du goût des bénévoles de l’association qui ne souhaitent pas qu’une partie des adhérents se voient stigmatisés par leur origine sociale. Mais cette opposition, qui ne remet pas en cause le partenariat avec la municipalité, va permettre aux Amis du Zeybu d’affiner leur méthodologie pour donner naissance à une approche solidaire non stigmatisante basée sur la mutualisation.

Un principe solidaire
Il n’aura fallu qu’une poignée d’habitants, néophytes mais militants, convaincus de l’urgence sociale à lutter contre les replis individualistes, pour permettre à cette action simple et intelligente de voir le jour. C’est d’ailleurs dans le salon du président, professeur contractuel et ancien chef d’entreprise bien décidé à changer les mentalités de ses concitoyens, qu’eurent lieu les premières distributions de denrées.
Le principe : tous les 15 jours, le mardi, « Les amis du Zeybu » organisent leur « Zeybu marché » de 15h à 20h: après les avoir commandés et payés via le site de l’association, entre 60 et 100 adhérents viennent récupérer leurs produits alimentaires, fournis et livrés par des producteurs locaux. Outre le fait de permettre aux 360 adhérents de l’association (pour l’année 2012) d’acheter des produits de qualité au meilleur prix, la distribution offre l’occasion de se rencontrer et d’échanger. L’association ne fait aucune marge sur les produits.
Semblable, au premier abord, à la méthodologie développée par les AMAP (Association pour le maintien de l’agriculture paysanne), l’action des 
amis du Zeybu s’en distingue pourtant par de nombreux points. En effet, ici les adhérents ne s’engagent pas à acheter des paniers toutes les semaines pour une durée définie et peuvent participer au marché de leur choix, sans aucune obligation. Ils sont aussi libres de composer leurs paniers comme ils le désirent, libérés de la contrainte d’acheter un panier type contenant des denrées dont ils n’auraient pas l’usage ou l’envie. De sont côté, le producteur n’a aucune obligation de volume: si sa récolte n’a pas été aussi généreuse que prévue, il ne fournit que ce qu’il peut. Seul impératif : la qualité du produit. 

En outre, l’association se distingue par les principes de solidarité, de coopération et de mutualisation qu’elle a développés. Car permettre aux habitants de tisser des liens c’est une chose, mais encore faut-il que les concitoyens les plus démunis ne soient pas laissés à l’écart. Dés le départ, Les Amis du Zeybu ont donc posé la question de l’accessibilité à tous les publics comme un principe fondateur de l’action. Mais avec une volonté essentielle : ne surtout pas créer de stigmatisation.
Toute l’ingénierie de l’action a donc été construite autour d’un principe de solidarité prenant appui sur les différents acteurs impliqués :
Le jour de la livraison, les producteurs partenaires de l’association font un don de denrées alimentaires proportionnel à la commande qui leur a été passée (il n’y a pas d’obligation chiffrée, mais ils donnent en général l’équivalent de 8 à 10% de denrées en plus de celles commandées par les adhérents de l’association).
Les adhérents qui viennent chercher leur commande peuvent par ailleurs acheter les aliments supplémentaires qui ont été donnés par les producteurs. L’argent généré par la vente de ces dons, le « Zeybu solidaire », est ensuite crédité sur le compte de l’association EAU (Eybens Acceuil Urgence) qui gère l’aide alimentaire sur la commune.
EAU réparti ensuite cet argent sur le compte d’adhérents des Amis du Zeybu relevant de l’aide alimentaire, tout en garantissant l’anonymat des bénéficiaires. Ces adhérents peuvent alors commander les produits du Zeybu à moindre effort, sans être stigmatisés : en effet, ils commandent via le site de l’association, de la même manière que n’importe quel adhérent. Ainsi, personne au sein de l’association Les Amis du Zeybu ne sait qui relève de l’aide alimentaire ou pas. En outre, cette approche garanti la mixité des publics de l’association.
     S’appuyer sur l’expertise des travailleurs sociaux

Plutôt que de tout gérer en interne, l’association a donc fait le choix de s’appuyer sur l’expertise sociale des acteurs locaux déjà présents sur le territoire. La plupart du temps, c’est EAU ou le CCAS qui orientent leurs usagers relevant de l’aide alimentaire vers les Amis du Zeybu. C’est également eux qui répartissent l’argent récolté grâce aux dons sur le compte des adhérents, en fonction des besoins et difficultés de chacun. Cette approche est une garantie, pour les Amis du Zeybu, de transparence et de confiance vis-à-vis de ses adhérents.
Dans les faits, les deux tiers de la somme récoltée au Zeybu solidaire est reversée aux personnes en difficulté, tandis que le tiers restant est utilisé pour l’organisation d’animations solidaires dans le quartier comme la fête de la musique ou des stages pour les enfants à chaque vacance scolaire (voir infra).
Au final, cette approche solidaire repose sur une contribution mutualisée de tous les acteurs : producteurs grâce aux dons en nature, et adhérents susceptibles d’acheter ces produits en plus de leurs commandes.
   Un projet porteur de solidarité et respectueux de l’environnement
Solidarité avec :
- les familles en difficulté grâce à l’aide des producteurs et de l’association EAU
- les producteurs avec lesquels l’association construit des liens durables
- le quartier déserté par les commerces, que l’association contribue à animer
Respect de l’environnement
- un approvisionnement en circuit court : les producteurs sollicités sont des producteurs locaux
- la généralisation du réemploi des emballages, réutilisés à chaque marché. Les produits reçus sont reconditionnés : les adhérents repartent avec des sacs qu’ils remportent au prochain marché.
- la promotion de moyens doux (vélo, marche) pour les déplacements au Zeybu
La notion de développement durable est en effet au cœur du projet. L’idée : aller vers une auto-pédagogie douce qui permette à chacun de changer ses comportements pour faire primer collaboration et écologie.
    Faire ensemble
La survie de l’association est garantie par l’implication de ses adhérents. En effet, pour que l’action fonctionne, chaque famille adhérente doit participer à trois ou quatre distributions annuelle. Un Zeybu marché nécessite en effet la mobilisation d’une vingtaine de personnes. Une méthode qui contribue à la revitalisation du vivre ensemble sur le quartier.
Tout comme les ateliers du « faire ensemble » proposés par l’association : plutôt que d’acheter individuellement la farine solidaire (c'est-à-dire la farine donnée par les producteurs), les adhérents viennent à l’association pour faire leur pain ensemble. Les gains retirés par la vente de la farine ayant servie à faire le pain suivent ensuite le circuit normal en allant créditer le compte de l’association EAU. Sur le même principe, l’association propose des ateliers pizza, glace ou cueillette (les adhérents vont faire leur cueillette en équipes covoiturées chez les producteurs), ainsi que différents ateliers cuisine partagés.
En outre, l’association organise différents ateliers pour les enfants. Elle a par exemple développé un stage de fabrication de four solaire avec la collaboration de l’association Enthropie*. Financé par le Zeybu solidaire, ce stage a été proposé gratuitement à tous les enfants du quartier. Parents et grands-parents n’ont d’ailleurs pas hésité à se joindre à eux pour ce moment de partage, faisant de cet atelier pour enfant un moment d’échange intergénérationnel. Le four solaire ainsi bâti, permet aujourd’hui d’organiser des moments conviviaux. Par ailleurs, l’association propose notamment des ateliers cuisine aux enfants : ceux-ci préparent un ensemble leur gouter avant de le partager.
Bien que ponctuelles, ces actions sont emblématiques d’une idée centrale qui préside à tout projet mis en œuvre par les Amis du Zeybu : le faire ensemble pour partager ensemble.
    Une ingénierie basée sur de nouveaux outils informatique
L’informatique est un élément indissociable de l’émergence de l’action. L’action innove grâce à des outils de communication moderne, en réseau et accessibles à tous les adhérents. Dés le début, l’association s’est en effet appuyée sur un système de bureau virtuel partagé sur son site Internet. Chaque adhérent y a son compte en ligne. Il le crédite de la somme qu’il désire avant de commander. Seul obligation : ne pas avoir un compte négatif. Ce compte lui permet de passer sa commande avant chaque Zeybu marché. Les produits étant déjà réglés, les producteurs sont payés dés la livraison et l’association ne doit avancer aucune trésorerie.
Mais tout le monde ne maitrise pas l’outil informatique. Or, selon les principes des Amis du Zeybu, chacun doit pouvoir accéder au service proposé par l’association. C’est pourquoi, dans une volonté de réduire la fracture numérique et de permettre à ses adhérents une utilisation en toute autonomie de ses outils informatiques, l’association a mis en place des ateliers informatiques informels assurés par des bénévoles de l’association.
    Perspectives
L’association construit actuellement des outils pour permettre aux personnes qui le désirent de développer cette action sur leur territoire.
Elle travaille en outre avec les responsables de l’espace de vie étudiante de l’Université de Grenoble qui souhaitent mettre en place un système similaire sur leur campus.

Impact(s) :
- 570 personnes ont adhéré à l’association en tre sa création et juillet 2012. Pour l’année 2012, ils étaient 360. 80% des bénévoles sont des femmes.
Entre 60 et 100 adhérents participent à chaque Zeybu marché.
- L’association permet de recréer du lien entre les habitants du quartier et de favoriser leur implication citoyenne
- L’approche solidaire permet aux familles, bénéficiaires de l’aide alimentaire, d’accéder à des produits sains sans être stigmatisés
- Le partenariat avec les producteurs locaux permet aux adhérents d’acheter des produits de qualité à bas prix
- Bien que cela soit très difficile à évaluer pour l’association, portée par son principe de non-stigmatisation, de nombreux bénévoles mettent en avant la mixité sociale des adhérents.
En outre, les adhérents sont de tous les âges.
- L’association favorise le développement durable en limitant les emballages (avec la généralisation du réemploi) ainsi que l’impact du transport avec les producteurs (circuits courts et regroupement pour les livraisons).

Partenaire(s) :
- L’association EAU (Eybens Acceuil Urgence)
- La mairie d’Eybens avec la mise à disposition du local dans le cadre d’une convention
- L’espace de vie étudiante de l’Université de Grenoble
- La région Rhône-Alpes : lauréat de l’appel à projet DD 2009
- Grenoble – Alpes métropole : lauréat de l’appel à projet ESS 2009
- La Fondation Orange : lauréat de l’appel à projets solidaires en 2010
- Le projet Zeybu a fait partie des quarante lauréats sélectionnés au niveau national pour participer au village de l’innovation sociale dans le cadre des premiers états généraux de l’ESS (Juin 2011).

Moyens : Humains : - Le président et une bénévole s’occupent de l’administratif ainsi que de la logistique, tandis que certains adhérents aident pour les comptes.- C’est un adhérent qui a créé l’outil informatique permettant de centraliser les commandes via internet. - Chaque Zeybu marché mobilise une vingtaine de personnes : dix de 15h à 18h et dix autres de 18h à 20h.Financiers : - L’adhésion est de 5 euros par personne et par an et de 10 euros par famille.- Le local est prêté par la mairie qui finance également les fluides (eau, électricité…).

Publié et mis à jour le: 27-07-2012 par Apriles

 
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12 septembre 2012 3 12 /09 /septembre /2012 16:28

Dans les périodes de crise, émergent des solutions ingénieuses visant à surmonter les difficultés. Dans le cas de la ville grecque de Volos (une petite localité de 100 000 habitants), la mise en pratique d’un « Réseau d’échange et de solidarité » depuis maintenant deux ans ne procédait pas tant de la nouvelle situation économique que traverse le pays que de la nécessité de constituer une alternative faisant face à l’actuel système capitaliste.

L’idée de base est partie des multiples expériences de communauté de troc, qui échangeaient produits et services sans utiliser de monnaie. Dans le cas de Volos, l’idée fut perfectionnée avec la création d’une plate-forme d’échanges, le TEM (Unité alternative locale) adossé à un système informatique au fonctionnement aussi simple qu’efficace dans ses résultats.

Quand quelqu’un entre pour prendre part au Réseau, il reçoit un numéro de compte et on lui attribue 300 TEM (1 TEM équivaut à 1 €,  uniquement au moment d’établir la valeur de vente), ce qui facilite de cette manière ses débuts, pour acheter ou vendre des produits ou services. De nombreux échanges se réalisent les samedi sur un petit marché d’apparence traditionnelle mais dans lequel l’utilisation de l’argent est exclu. Une grande offre comprenant fruits, légumes, vêtements, livres, produits d’artisanat… mais aussi des appareils électriques ou du matériel de plomberie… De plus, le site web de l’association offre une liste complète de professionnels (médecins, enseignants, électriciens) et d’établissements de la localité intégrés dans le réseau (optique, ateliers mécaniques, boulangeries, boucheries) qui acceptent le paiement en TEM toute la semaine aux horaires d’ouverture usuels des commerces. La page comprend aussi une section d’annonces, chaque membre y offre ou demande ce dont il a besoin. Plus de mille personnes participent aujourd’hui à ce système économique alternatif et ce nombre ne cesse de croître.

« Avec l’aide initiale – explique Gara Emilia, céramiste de 47 ans – je peux acheter des fruits et du sucre pour faire des confitures que je vends le samedi. J’ai commencé il y a trois semaines et j’ai déjà gagné 800 TEM ». Il explique avoir dépensé 500 TEM chez le coiffeur, en nourriture et en petit matériel domestique dont il avait besoin. Alexandra vend avec son père, Iraklis, des œufs frais pondus par les poules qu’ils élèvent. « Au début, cela nous coûtait plus cher puisque nous payions les aliments en Euros, mais maintenant nous avons rencontré un pourvoyeur de nourriture pour animaux qui vend en TEM ». Pour cette jeune de 25 ans l’initiative est « une philosophie pour échanger les choses sans argent. Je ne suis pas contre l’Euro, j’en ai besoin pour payer certaines choses, bien sûr, mais dans la mesure du possible, j’évite d’en utiliser. Je préfère le TEM parce que c’est quelque chose que tout le monde peut utiliser. L’Euro, seuls ceux qui travaillent en possèdent ». Elle affirme, convaincue, « qu’avec le TEM on peut accéder à diverses options, de plusieurs manières, c’est toi qui décides . Chacun a quelque chose à offrir ».

L’utilisation d’Internet a facilité dans une grande mesure les échanges et surtout le contrôle des opérations de débit/crédit. Kristos, un ingénieur passionné de logiciels  libres et cofondateur du projet, est responsable du développement du système informatique réalisé sur mesure à l’aide de programmes open source. Son fonctionnement avancé lui a valu la reconnaissance de la Banque d’Angleterre autant pour la forme que pour la sécurité avec lesquelles se réalisent les transferts. Meilleur et plus rapide qu’une quelconque banque par Internet, les mouvements entre vendeurs et acheteurs sont inscrits immédiatement sans commissions ni intérêts, autorisant même à l’utilisateur un découvert pouvant aller jusqu’à 1200 TEM sur son compte.

Comme le TEM n’a pas d’existence matérialisée, la forme de paiement se réalise de trois façons :

en utilisant un talon (identique à celui des chèques bancaires) doté d’une marque de sécurité;

au moyen d’un transfert par Internet;

sur son système vedette avec un simple SMS.

En envoyant un message avec les numéros de l’ordonnateur et du bénéficiaire, le système délivre de manière immédiate un message confirmant le transfert, puis, l’opération effectuée, montrant à chacun le solde en résultant dans son compte.

Bien que le volume d’échanges ne soit pas très élevé, Kristos calcule qu’un samedi de marché ils peuvent atteindre les 3000 ou 4000 TEM, ce chiffre descendant au cours de la semaine. Les produits alimentaires, les fruits et les légumes sont les plus demandés, juste après les services professionnels (plombiers, avocats). Dans tous les cas, « ce qui est important c’est que les gens se connaissent et qu’il existe une confiance mutuelle. Le réseau est certes important mais le contact direct est fondamental – nous déclare Kristos.Notre initiative n’a pas été motivée par la crise économique d’abord, mais par la nécessité de mettre en application nos valeurs et de changer le système économique actuel. Le réseau a été pensé contre lui, en tant forme alternative d’échange économique ».

Marita Hupis est une autre fondatrice de ce projet, fortement influencée par les expériences de l’Argentine et de l’Uruguay d’il y a une décennie. Marita expose les principes sur lesquels se base le réseau d’échanges : égalité, parité, transparence, solidarité et participation. « Tous les membres – à égalité – décident sur les questions  relatives au fonctionnement du réseau au cours d’assemblées réunies régulièrement. Les décisions sont collectives, mettant l’accent sur le caractère social de l’initiative, et sont orientées en conformité avec la société que nous voulons ».

La croissance de l’organisation les a amenés à constituer un centre de prévention et de soins dans les installations cédées par l’université de Thessalie. « Le centre comptera des consultations  avec des médecins, naturopathes, masseurs… tout ce dont chacun peut avoir besoin sur le terrain de la santé ». Il y sera inclus un café où travailleront diverses personnes sans emploi. Comme les bâtiments ont été abandonnés durant un bon moment, il a été décidé de les restaurer et de les adapter, en comptant sur l’aide de techniciens et d’artistes locaux ayant collaboré à la réhabilitation. Tous les membres composant les groupes de travail (secrétariat, communication, infrastructure, nettoyage…) acquièrent chacun la même chose : 6 TEM pour une heure de travail. Marita nous explique : « Ces groupes sont ouverts et il y participe autant de personnes que nécessaire à chaque moment déterminé ».

Les succès du réseau, qui dépasse déjà les frontières, invite les autres villes grecques à suivre l’exemple. « C’est une bonne option pour changer les choses et dans un certain sens c’est un changement révolutionnaire » ajoute fièrement Alexandra.

 Antonio Cuesta (trad. R. Morder)

Source originale : http://www.rebelion.org/noticia.php?id=149932

 

Par Robi Morder, publié le 1 juin 2012 dans  la lettre d'information du mois de septembre 2012 de l'Association pour l'Autogestion : infos@autogestion.asso.fr

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16 juin 2012 6 16 /06 /juin /2012 09:42

Le think tank Convergences 2015 publie en exclusivité pour "Le Monde Eco & entreprise" sa troisième édition du baromètre de la microfinance, qui mesure l'essor des investissements en microfinance dans le monde, et en particulier du microcrédit en France.

Autoriser l'accès au crédit bancaire à ceux qui en sont généralement privés par manque de garanties financières, ou exclus par leur situation sociale, est le rôle premier du microcrédit, tel qu'il s'installe dans le paysage français.

Sa notoriété progresse régulièrement depuis trois ans : 84 % des Français en ont déjà entendu parler contre 71 % en 2010, et 34 % en ont une idée précise contre 22 % deux ans plus tôt, selon le sondage Ipsos/ Logica Business Consulting réalisé en mars 2012 auprès de 1 006 personnes de 16 ans et plus pour Convergences 2015.

     19 297 SOCIÉTÉS CRÉÉES EN 2011

L'approche qualitative du baromètre Convergences 2015, qui complète les données plus quantitatives recensées par la Banque de France et la Caisse des dépôts et consignations, révèle que le premier usage du microcrédit en France est l'emploi ou la création d'activité.

Plus de 85 % des microcrédits accordés en 2011 en France sont "professionnels", autrement dit destinés à la création, à la reprise ou au développement d'une entreprise. Les trois principaux acteurs du microcrédit en France - l'ADIE, France Active et France Initiative qui ont transmis leurs statistiques à Convergences - ont ainsi permis la création de 19 297 entreprises en 2011. Historiquement, le taux de pérennité de ces entreprises au bout de trois ans est de 75 %, contre 66 % en moyenne nationale.

Les secteurs les plus concernés sont celui du commerce et de la réparation (38%), et celui des services aux entreprises et aux particuliers (27 %). Le microcrédit professionnel a permis de créer 43 628 emplois en 2011.

Quant aux microcrédits dits "personnels", ils étaient destinés pour 88 % d'entre eux à l'"emploi ou la mobilité ," indique Convergences, à savoir au financement de permis de conduire ou de formation au métier, par exemple.

      LA CRISE PARTICIPE À L'ESSOR DU MICROCRÉDIT

La crise participe à l'essor du microcrédit en France. "Les banques ont changé de comportement et nous renvoient de plus en plus de porteurs de projets", indiquait Christian Sautter, président de France Active, le 14 mars, lors de sa conférence de presse annuelle.

"Avant de créer une entreprise, les porteurs de projets créent leur propre emploi", précisait David Sues, directeur du fonds Nord-Pas-de-Calais, un des quarante fonds territoriaux deFrance Active.

Le rôle de ces organismes consiste en amont à assurer la solidité des business plans et à faciliter l'accès aux banques. Le montant moyen des microcrédits professionnels varie de 3 000 à plus de 25 000 euros.

Quelque 65 % des bénéficiaires de microcrédits professionnels sont des chômeurs et 18 % des travailleurs indépendants. La majorité ont moins de 40 ans, à l'instar de Naïma Benchergui et Younès Aït Ziane qui, en 2009, ont créé leur société FAB Ambulances en Seine-Saint-Denis grâce à un crédit France Active et à la garantie financière de France Initiative. "Nous avons recruté cinq ambulanciers et pris de nouveaux crédits pour renforcer l'équipement", se félicite M. Aït Ziane. Le microcrédit professionnel est en France un tremplin vers l'emploi. 

Anne Rodier

Logo-Le-Monde-N-B-.jpg LE MONDE ECONOMIE | 29.05.2012

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14 juin 2012 4 14 /06 /juin /2012 09:31

Le microcrédit, qui bénéfice à des personnes exclues du système bancaire traditionnel, séduit de plus en plus d'épargnants.

Le baromètre de la microfinance réalisé par Convergences 2015, un groupe de réflexion qui réunit différents acteurs ayant pour but commun la réduction de la pauvreté dans le monde en témoigne.

Les montants consacrés par les investisseurs français à la microfinance ont bondi de 33 % en 2011, à 772 millions d'euros, et l'encours des crédits a progressé de 90 % en un an, dépassant 200 millions d'euros. Le nombre d'épargnants (616 000) dépasse désormais le nombre d'emprunteurs (563 000).

      ACHETER DES PARTS (200 EUROS) D'OIKOCREDIT

- Pour participer à cet essor du microcrédit, l'un des moyens les plus simples consiste à acheter des parts (200 euros) d'Oikocredit. Présente dans 70 pays, cette coopérative d'investisseurs néerlandaise compte 45 000 membres. Elle finance des projets à valeur ajoutée sociale en prêtant de l'argent à des institutions de microfinance (IMF) ou en finançant directement des entreprises sociales dans des pays du Sud.

En 2011, les montants investis sur le terrain ont atteint 520 millions d'euros (+8%). La coopérative verse à ses membres un dividende de 2 % brut par an. Les investisseurs peuvent récupérer leur argent à tout moment.

- Le concept de Babyloan, lancé en 2008, est différent, car l'argent apporté par l'épargnant n'est pas rémunéré. La plate-forme de microcrédit en ligne permet aux épargnants de parrainer un micro-entrepreneur de leur choix en lui prêtant une somme (à partir de 20 euros).

"Les projets présentés sur notre site sont sélectionnés par nos douze IMF partenaires, explique Arnaud Poissonnier, le fondateur du site. Chaque mois, l'internaute est remboursé et peut suivre l'évolution du projet soutenu." Babyloan se rémunère en prélevant une commission sur les prêts et en faisant payer un droit d'accès à la plate-forme aux IMF. Le site récupère une partie des frais de gestion d'un fonds baptisé Babyfund, créé avec Ecofi Investissements, la société de gestion du Crédit coopératif. En trois ans et demi, Babyloan a permis à 17 000 internautes de soutenir 9 500 projets en leur prêtant 3,5 millions d'euros.

Un autre moyen de favoriser le développement du microcrédit consiste à acheter des parts du fonds commun de placement (FCP) Faim et Développement. Il s'agit d'un produit dit "de partage", car les souscripteurs renoncent à une partie de leurs revenus (50 % ou 75 %) au profit d'une association choisie parmi une dizaine d'entités. "Environ 90 % des souscripteurs choisissentle CCFD-Terre solidaire, le Comité catholique contre la faim et pour le développement", précise François Lett, responsable de la gestion éthique chez Ecofi.

         PROJETS SOLIDAIRES

Le CCFD apporte les sommes collectées à sa filiale SIDI, qui peut ainsi assurer un soutien technique aux IMF qu'elle finance dans des pays du Sud. L'épargnant peut déduire 66 % des sommes versées au CCFD de ses impôts dans la limite de 20 % de son revenu imposable.

A noter, la SIDI réalise régulièrement des augmentations de capital. Les particuliers qui participent à ces opérations peuvent déduire 18 % du montant souscrit de leur impôt sur le revenu et 50 % de leur impôt sur la fortune, à condition de conserver leurs parts au moins cinq ans.

Dernière possibilité, acheter des parts d'un fonds solidaire dit "90/10", qui peuvent investir jusqu'à 10 % de leur encours dans des projets solidaires. Aucun d'entre eux ne finance directement des micro-entrepreneurs, mais certains, comme Babyfund taux fixe 2013 (Ecofi), donnent de l'argent à des organismes solidaires qui prêtent à des IMF ou à des associations comme l'ADIE, lesquelles accordent des prêts à des personnes exclues du marché du travail en France.

Suivant le même principe, le FCP Nord-Sud Développement (Natixis) finance des IMF travaillant dans des pays du Sud à travers la SIDI. Ce dispositif, comme les autres, rencontre un succès croissant.

Jérôme Porier 

Logo-Le-Monde-N-B-.jpg   LE MONDE ECONOMIE | 30.05.2012

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8 mai 2012 2 08 /05 /mai /2012 09:46

Le département formation de l’Observatoire des inégalités organise une journée intitulée Comprendre les inégalités, le 15 mai, à Paris.

Quel diagnostic porter sur l’état des inégalités et des discriminations en France ?

Comment s’articulent les différentes problématiques ?

Quelles politiques publiques contre les inégalités ?

La question des inégalités est au coeur du débat public.

Entre la dramatisation d’un côté et la négation de l’ouverture des écarts de l’autre, l’objectif de cette formation est d’essayer de faire la part des choses, notamment de distinguer les phénomènes de court terme des évolutions de fond. Elle apporte un cadre de réflexion sur les inégalités et les discriminations, ainsi que des éléments factuels permettant de dresser un état des lieux précis.
 Cette formation ne demande pas de compétences statistiques spécifiques. Elle vise un public de professionnels du monde de l’entreprise, des collectivités locales, des associations, des permanents et militants syndicaux, des professionnels de la santé et de l’action sociale, etc.

La formation, assurée par l'équipe de direction de l'Observatoire des inégalités, reposera notamment sur les éléments quantitatifs et les analyses collectés sur notre site www.inegalites.fr.
Le programme et les modalités pratiques sont en ligne.
Attention, le nombre de participants est limité à 16 personnes. Le bulletin d'inscription se remplit en ligne.


Contact : Valérie Schneider, Observatoire des inégalités,

Département formation, 38, rue de la Fuye, 37000 Tours (02 47 44 63 08 - info-formation@inegalites.fr )

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5 mars 2012 1 05 /03 /mars /2012 09:40

Le dispositif de soutien aux associations a prouvé son utilité mais peut être amélioré, estime l'Igas dans un rapport d'évaluation. Créé il y a dix ans pour soutenir l'emploi dans les petites associations, le dispositif local d'accompagnement pâtit d'une mise en oeuvre "lourde, coûteuse et disparate", estime l'inspection, qui préconise de recentrer les crédits vers l'accompagnement et de le réorganiser au niveau régional.

Créé il y a dix ans pour aider les associations à maintenir leurs emplois et à se développer, le dispositif local d'accompagnement (DLA) est aujourd'hui apprécié tant "par les pilotes, les collectivités territoriales que le monde associatif". Il est "utile" mais reste "perfectible" en raison d'un certain nombre de lourdeurs, constate l'Inspection générale des affaires sociales (Igas) dans une évaluation commandée par Xavier Bertrand et Roselyne Bachelot-Narquin en mai 2011.

Dans leur lettre de mission, les ministres du Travail et de la Solidarité demandaient de s'assurer que le DLA offrait "une réponse adaptée pour consolider l'emploi dans le champ de l'économie sociale et solidaire qui représente près de 10% de l'emploi salarié". En effet, si le DLA a été instauré par l'Etat et la Caisse des Dépôts pour soutenir les associations de petite taille après la fin des emplois jeunes, il s'adresse aujourd'hui à l'ensemble des structures d'utilité sociale. Toutefois, les associations restent son coeur de cible : entre 2002 et 2010, il a permis d'accompagner 24.000 associations et chaque année, 3 à 4% des associations qui emploient des salariés en France sont ainsi soutenues, indique l'Igas. L'objectif a donc été tenu : 71% des structures accompagnées comptent moins de 10 salariés, même si 10% d'entre elles n'ont pas de salarié et 8% emploient plus de 50 salariés.

L'inspection demande par ailleurs de mettre fin à une certaine ambiguïté : "Ou bien l'emploi reste prioritaire ou bien le DLA devient un dispositif général d'accompagnement des associations employeuses." Et de plaider pour la première option.

     Renforcer l'accompagnement à "moyens constants"

Le rapport montre que le dispositif est rapidement monté en charge entre 2004 et 2006 avec un pic de 7.900 structures accompagnées, avant de retomber à 6.600 structures en 2010. Un recul qui, selon l'Avise, tête de pont du dispositif, s'explique par une surcharge administrative liée aux nouvelles mesures de conventionnement des DLA et aux mesures d'impact que les 105 DLA départementaux ont dû mener auprès de 300 structures soutenues. A terme 30% des associations doivent faire l'objet de cette mesure d'impact destinée à évaluer les résultats du dispositif. Tâche qui, selon l'Igas, reste difficile à l'heure actuelle.

Si le DLA est le dispositif d'accompagnement préféré des associations, comme le montrait un sondage publié en octobre dernier à l'occasion de la journée nationale des DLA, sa mise en oeuvre est "lourde, coûteuse et disparate", souligne encore le rapport. Chaque association reçue fait l'objet d'un diagnostic partagé qui peut donner lieu à un plan d'accompagnement assorti de missions de conseil confiée à des cabinets spécialisés. La qualité de l'accompagnement et le nombre d'associations suivies pourraient être renforcés "à moyens constants", estime l'Igas, qui s'interroge sur la répartition des crédits alloués au DLA. Le budget prévisionnel s'élevait à 27,5 millions d'euros en 2010. Des fonds répartis principalement entre l'Etat (11,8 millions), la Caisse des Dépôts (6,2), les collectivités (4,4) et le fonds social européen (4,2). Or le DLA s'est éloigné de sa vocation première : les crédits ingénierie, qui servent à financer les prestataires, ont en effet eu tendance à baisser depuis 2008 pour s'établir à 12 millions d'euros en 2010 (44% du total), au profit des frais de fonctionnement. Le système de reporting baptisé "ENEE" s'avère "coûteux" et mobilise jusqu'à 10% du temps de travail des chargés de mission. "Plus de la moitié du budget est consacré à l'animation du dispositif, ce qui est très élevé", considère l'Igas, qui recommande une organisation régionale pour recentrer les crédits sur l'ingénierie et diminuer ceux des structures qui ne sont pas en lien direct avec les associations.

      Des coûts qui restent peu élevés

Par ailleurs, tous les DLA n'ont pas le même "rendement". La variation d'activité entre les chargés de mission est "extrêmement forte", constate l'Igas. Le nombre moyen d'accompagnements par chargé de mission varie en effet de 20 à 124. Afin d'aplanir les charges de travail, l'Igas suggère de créer des associations interdépartementales voire régionales.

Mais selon l'Avise, certaines données de l'évaluation doivent être nuancées. Tout d'abord, le rapport reprend le budget prévisionnel et non ce qui est vraiment dépensé en fin d'année, soit environ 25 millions d'euros. Par ailleurs, les budgets de fonctionnement englobent eux-mêmes une part d'ingénierie. "Il faut prendre en compte tout le travail du chargé de mission qui fait aussi de l'appui à travers le diagnostic partagé et le suivi, un travail qu'on peut évaluer entre 6 et 7 millions d'euros", indique Sandrine Aboubadra, responsable du programme auprès de l'Avise. Au total donc, les trois quarts du budget seraient en réalité consacrés à l'accompagnement direct des associations, loin des 44% mentionnés par l'Igas. "On peut sans doute un peu rationnaliser les dépenses, mais tout le travail mené en termes de reporting, qui permet de produire des données en temps réel, est un véritable atout, attention à ne pas le casser", prévient-elle.

L'Igas s'interroge aussi sur le profil des chargés de mission qui sont jeunes, un peu plus de 40% ont moins de 31 ans, d'un niveau de formation élevé (78% sont de niveau bac+5 minimum), avec une dominante en économie gestion, développement local, économie sociale. Le turnover est important (40% ont moins de deux ans d'ancienneté). Certaines formations spécifiques leur ont été préparées par l'Avise et les centres nationaux d'appui et de ressources (Cnar), mais l'Igas propose d'aller plus loin et préconise un référentiel de compétence, ainsi qu'un parcours de formation initiale pour les nouveaux arrivants après validation de leurs acquis et expériences. "C'est une bonne idée, appuie Sandrine Aboubadra. Il faudrait un vrai passeport de formation." Elle souligne pourtant que, compte tenu de leur niveau de formation, les salaires des chargés de mission "ne sont pas très élevés". De même que les prestations de conseil, évaluées par l'Igas à 880 euros par jour. Ce qui écarte mécaniquement les gros cabinets, beaucoup plus gourmands.

Michel Tendil, Economie sociale et solidaire ; Publié le vendredi 2 mars 2012 par localtis

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