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Le blog d'Odile Plan

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BIPLAN, un blog de partage et d’échange d'informations,sur les initiatives participatives des territoires,les partenariats et les réseaux,la création d'activité, l'égalité de chances pour un développement durable et un monde solidaire...

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15 janvier 2011 6 15 /01 /janvier /2011 10:07

S'informer sur l'égalité des chances entre les hommes et les femmes

tous les sites relevées par l'observatoire de l'égalité des chances :

 

Sites officiels  - Egalité des chances

Délégation Régionale aux Droits des Femmes et à l'Egalité (DRDFE) www.droitsdesfemmes.org

Statistiques

INSEE www.insee.fr

  • Institut National des Etudes Démographiques (INED) www.ined.fr
  • Centre de Recherche pour l'étude et l'observation des conditions de vie (Credoc) www.credoc.fr 

Education

Ministère de l'Education Nationale, de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche : www.education.gouv.fr

 Culture et Sport

spécialement : www.jeunesse-sports.gouv.fr/sport_feminin.asp

Editions Des femmes : www.desfemmes.fr

 Vie Professionnelle

 Ministère de l'Emploi, de la Cohésion Sociale et du Logement : www.travail.gouv.fr

Direction Régionale du Travail, de l'Emploi et de la Formation Professionnelle du Nord Pas de Calais : www.npdc.travail.gouv.fr

Administration moderne : www.feminad.com

Egalitère (entreprenariat féminin) : http://egalitere.free.fr/index1.html

Dirigeantes : www.dirigeantes.com

Création d'activités

Initiatives Plurielles www.initiatives-plurielles.org

Vie politique

 Assemblée Nationale : www.assemblee-nationale.fr

Santé

Observatoire Régional de la Santé Nord Pas de Calais : www.orsnpdc.org

Droits des Femmes

Legifrance : www.legifrance.gouv.fr

  • Centre national d'information et de documentation sur le droit des femmes : www.infofemmes.com

 Europe et International

Commission Européenne - Egalité entre femmes et hommes : rubrique emploi et politique sociale et Commission à l'Emploi et aux Affaires sociales : www.europa.eu.int

Publié sur le blog observatoires-activites-femmes.over-blog.com

 http://observatoires-activites-femmes.over-blog.com/categorie-1243471.html

 

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5 janvier 2011 3 05 /01 /janvier /2011 10:05

 L’égalité femmes-hommes est encore peu prise en compte dans l’action publique locale. Elus et agents des collectivités considèrent généralement que les politiques publiques sont « neutres » du point de vue du genre, c’est-à-dire qu’elles touchent de façon indifférenciée les femmes et les hommes.

Ensuite, ils ne pensent pas avoir les moyens d’agir sur l’égalité femmes-hommes. Or, l’action publique locale est un niveau pertinent d’action sur cette question. La prise en compte de l’égalité de genre dans les politiques publiques répond tout d’abord à l’objectif d’égalité devant le service public. Ensuite, l’approche par le genre peut être une façon de réinterroger les politiques publiques, d’évaluer leur impact et leur fonctionnement démocratique. Mais comment décliner cet objectif de façon opérationnelle ? Etd s’associe au cabinetPerfegal, cabinet conseil en égalité professionnelle et lutte contre les discriminations, pour vous proposer ce focus, qui donne quelques pistes pour vous aider à intégrer la dimension du genre dans l’action locale.

Publié dans projet de territoire du  10 déc. 2010, de ETDlogo_etd_nls.gif

http://www.projetdeterritoire.com/index.php/Focus/%28focus%29/27996

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16 décembre 2010 4 16 /12 /décembre /2010 10:32

Dans le classement mondial de l’inégalité hommes/femmes établi par le Forum économique mondial depuis plusieurs années, voici les rangs des pays européens.

Ce classement prend en compte quatre domaines : la participation économique, place dans les entreprises notamment et avancement, la participation politique, gouvernement, parlement, la place dans l’éducation, le rang dans la santé et l’espérance de vie.

Dans le monde, 16% des députés sont des femmes ! Et dans les entreprises, les disparités sont plus criantes. Ce qui diminue l’efficacité des entreprises comme le montrent diverses études.

Ce classement place les Européens en position plus qu’honorable. Vingt d’entre eux sur vingt sept sont classés dans les cinquante premiers pays sur 134. Les premiers européens sont les scandinaves … Les derniers Chypre, Malte, la Hongrie et …l’Italie !

La France n’est qu’au 46ème rang. Elle avait le 18ème l’an dernier. Le départ du gouvernement de plusieurs ministres femmes a eu un impact important. Trop sans doute ? La place des femmes dans l’éducation et la santé est bonne. C’est dans les domaines de la politique et de l’entreprise (écarts dans les places de responsabilités et de salaires) que les disparités sont les plus fortes.


 

Rang mondial

Finlande

3

Suède

4

Irlande

6

Danemark

7

Espagne

11

Allemagne

13

Belgique

14

Royaume-Uni

15

Pays-Bas

17

Lettonie

18

Luxembourg

26

Portugal

32

Lituanie

35

Autriche

37

Slovénie

42

Pologne

43

France

46

Estonie

47

Bulgarie

50

Grèce

58

République Tchèque

65

Roumanie

67

Slovaquie

71

Italie

74

Hongrie

79

Malte

83

Chypre

86

 

Au-delà de ce classement…

La France est fortement pénalisée dans ce classement par ses mauvais résultats pour la faible mixité des instances politiques et des organes de direction des entreprises. Mais la situation sociale des femmes françaises tient la comparaison avec les autres pays européens.

Ainsi, pour ce qui est des écarts de salaires entre hommes et femmes la France est au cinquième rang et elle est au quatrième pour le taux d’emploi des femmes. Le taux de temps partiel des femmes en France est moindre que dans de nombreux autres pays européens. Enfin, pour ce qui concerne la garde des enfants par des structures collectives, ce qui est fondamental pour l’emploi des femmes, la France est parmi les meilleurs pays.

Ceci ne signifie pas que les conditions de la parité et de l’égalité entre les hommes et les femmes ne méritent pas de profonds changements. Ici comme dans d’autres domaines, l’écart entre le nombre et la complexité des textes sur la parité et le résultat est aussi important que les écarts entre la situation des hommes et des femmes.

Dans une interview, la Secrétaire d’Etat Nathalie Kosciusko-Morizet constatait : « On a tout considéré comme acquis. Une étudiante de ma génération ne se posait pas de question sur la place des hommes et des femmes dans la société. …Et à 30 ans on s’apercevait que l’on gagnait moins que les hommes et que les employeurs anticipaient sur les jeunes mamans. Nous avons pêché par insouciance et par manque de combativité. Ce défaut de conscience a provoqué un effet de balancier. » (Le Monde 31 octobre 2009).

La combativité des femmes est-elle alors de retour ? Des initiatives semblent le montrer.

Allez en voir certaines sur les sites :

www.egalite-infos.fr

http://www.osezlefeminisme.fr

http://www.lesnouvellesnews.fr

http://laboratoiredelegalite.wordpress.com

 


 

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19 octobre 2010 2 19 /10 /octobre /2010 09:17

Un nouveau magazine

Le magazine ÉGALITÉ sensibilise un large public à la construction de l’égalité entre les femmes et les hommes dans les domaines de la politique, de l’économie, de l’éducation, du sport, de la culture, de la santé, des médias…

http://www.egalite-infos.fr/

ça démarre tout juste, à suivre…

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13 octobre 2010 3 13 /10 /octobre /2010 09:51

Le 2 juillet 2010, l’Assemblée générale des Nations Unies a voté à l’unanimité la création de l’ONU Femmes.

« ONU Femmes dynamisera nettement les efforts des Nations Unies pour promouvoir l’égalité des sexes, accroître les opportunités et lutter contre la discrimination partout dans le monde », a déclaré le Secrétaire Général Ban Ki-moon. Cette nouvelle entité rassemble les quatre services traitant les questions de genre, éparpillés jusque-là et qui n’avaient pas le statut d’agence à part entière. Le rassemblement de ces services doit permettre de renforcer l’efficacité des actions menées en faveur des femmes. Mais cette efficacité dépend également des moyens qui seront alloués à cette nouvelle agence.

     PDE, l’observatoire des inégalités, le 10 septembre 2010

http://www.inegalites.fr/spip.php?page=la_breve&id_breve=711

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8 octobre 2010 5 08 /10 /octobre /2010 10:12

Il y a 30 ans, Daniel Vigne tournait « Inventaire des campagnes » , en 2009 le réalisateur est retourné sur le terrain. Le statut des agricultrices a changé. Une loi de 1980 leur accorde le statut particulier de co-exploitante. Loin de la représentation des austères paysannes d'avant, ces nouvelles femmes en campagne montrent le nouveau visage de l'Agriculture féminine française et le combat qu'elles ont mené pour leur indépendance et l'affirmation de leur choix. Le film "femmes en campagne" donne à voir lun chemin original peu théorisé par les mouvements féministes qui ont ignoré l'émergence de toutes ces femmes rurales occupées à conquérir leur indépendance et la reconnaissance de leur travail et qui ont exploré les voies du possible. Des personnages peu pris en compte par les médias qu'elles ne recherchent pas, loin s'en faut : une révélation.

 Au sein des lycées agricoles, la jeune relève sait où elle va....

Un film de Daniel Vigne, produit par La Gaptière production

DOCUMENTAIRE de 52 minutes à voir :

Le 10/10 à 09:00 sur LCP / PS (2 jours, 13h et 51mn)

Le 10/10 à 09:00 sur Public Senat 24/24

Info venant de Césaire CANIQUITE, formateur économie-productions animales

Coordonateur BPREA,  CFPPA LAVAL, tel:02 43 68 24 97

cesaire.caniquité@educagri.fr

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7 septembre 2010 2 07 /09 /septembre /2010 09:30

 

Et elles, qu'en pensent-elles ? De la crise agricole, des prix qui dégringolent, de ce mal-être paysan qui n'en finit pas de gagner du terrain… Qu'en pensent-elles, les femmes d'agriculteurs, elles qu'on entend si peu dans les médias ? On n'étonnera personne : beaucoup de choses. Et pour cause : elles ont rarement autant "soutenu" l'agriculture qu'en ce moment.

Leur contribution est de deux ordres. Psychologique d'abord : dans un milieu où le célibat ne cesse de progresser, leur présence n'est-elle pas le meilleur antidote au désespoir ambiant ? Economique ensuite : les épouses ont, plus que leur mari, cette capacité d'aller travailler en dehors de l'exploitation afin de rapporter un revenu stable, souvent indispensable.

DIFFICULTÉS ÉCONOMIQUES

Le phénomène n'est pas nouveau, certes. L'évolution des mœurs et le désir d'émancipation ont, depuis longtemps, poussé les femmes à chercher des emplois "à l'extérieur", et ce bien avant la création (en 2000) du statut de "conjoint collaborateur" permettant de cotiser au système de retraite sans pour autant être associé statutairement à l'exploitation.

Les difficultés économiques des deux dernières décennies ont cependant renforcé la désaffection féminine. Surtout chez les moins de 35 ans. En 2005 (dernière année de recensement), sept jeunes conjointes sur dix exerçaient ainsi une profession hors de la ferme.

La rudesse des crises récentes, notamment celle du lait, amorcée mi-2008, accentuera-t-elle encore un peu plus la tendance ? A 50 ans passés, jamais Catherine Albouy n'aurait pensé quitter l'exploitation où elle s'est installée professionnellement avec son mari en 1994 du côté de Baraqueville, dans l'Aveyron. "Jusque-là, on a vécu correctement. Ce n'était pas mirobolant, mais on y arrivait, raconte-t-elle. Cela a choqué certains quand j'ai trouvé ce boulot à l'extérieur. Les gens étaient persuadés que notre exploitation marchait bien."

La crise du lait – dont le prix a chuté de 40 % en un an – a eu raison de ce groupement agricole d'exploitation en commun (GAEC) familial de 65 vaches de race Prim'Holstein. Les Albouy ont d'abord renoncé à s'attribuer un salaire, préférant n'en verser qu'un seul à leur fils Vincent, célibataire, qui est aussi leur associé. Catherine, elle, est devenue "aide à domicile" chez une personne âgée, à raison de 17 heures par semaine, le maximum autorisé afin de continuer parallèlement à exercer au sein du GAEC.

"A part des ménages, je ne vois pas ce que j'aurais pu faire à mon âge, explique-t-elle. Mais ce n'est pas le boulot qui est difficile. Plutôt l'idée de se dire qu'on est obligé d'aller chercher un revenu à l'extérieur alors qu'il y a tant de travail à la ferme." Son second métier lui rapporte 500 euros par mois. Cest mieux que rien, mais pas assez : le couple, qui s'est lancé dans l'agrandissement d'un bâtiment en 2007, au moment où le prix du lait était au plus haut, doit puiser dans ses économies afin de joindre les deux bouts.

En Aveyron – département rural où est née en 2009 l'idée d'une "grève du lait " (refus de livrer les laiteries, épandage dans les champs, dons…), à l'initiative d'une association de producteurs indépendants –, Catherine Albouy n'est pas un cas isolé. "Chez les trois quarts des couples qui s'installent aujourd'hui, l'épouse cherche ou a déjà un travail à l'extérieur", indique celle qui est aussi administratrice au Crédit agricole.

Ici comme ailleurs, toutefois, quitter la ferme n'est pas un Rubicon facile à franchir. Milieu rural oblige, la candidate au départ devra d'abord chercher un emploi parmi une offre restreinte de débouchés (services à la personne, restauration…). Il lui faudra, secundo, convaincre son mari d'effectuer à sa place les tâches qui lui incombaient jusque-là (traite des vaches, soin des animaux…). Et enfin braver les pesanteurs familiales, lesquelles restent nombreuses dans une activité encore largement adossée au concept de "transmission" (des terres, du savoir…).

REVENUS CASTRATEURS

"Pendant longtemps, le principal frein a été la belle-famille, confirme Marie-Thérèse Lacombe, auteure de Pionnières ! Les femmes dans la modernisation des campagnes de l'Aveyron, de 1945 à nos jours (éditions du Rouergue, 2009) et veuve de Raymond Lacombe (ancien président de la Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles). Heureusement, les choses changent. On le voit en période d'ensilage, comme en ce moment : avant, les femmes se devaient de préparer un grand repas pour leurs hommes et il fallait que ce soit comme il faut ; aujourd'hui, soit le repas est préparé la veille, soit il est fait de sandwiches, soit on va au restaurant !"

D'autres obstacles, plus profonds, peuvent entraver les velléités de départ, synonymes d'apport d'argent frais. "Voir sa femme rapporter un revenu de l'extérieur peut apparaître aussi castrateur que de toucher des subventions, estime François Purseigle, sociologue à l'Ecole nationale supérieure agronomique de Toulouse (Ensat) et spécialiste des mondes agricoles. On touche là aux fondements mêmes de la masculinité en agriculture et à la figure de l'exploitation patriarcale, dans laquelle l'homme a toujours tenu les cordons de la bourse."

S'ajoute à cela le qu'en-dira-t-on, lequel est loin d'être moribond à la campagne en dépit de l'évolution des mentalités. Parlez-en à Isabelle Cavalerie, 45 ans, infirmière hospitalière à Villefranche-de-Rouergue et épouse d'un éleveur laitier installé à Naussac : "D'un côté, à l'hôpital, on me reproche de travailler en dehors de la ferme sous prétexte que mon mari touche des subventions : en gros, je prends le boulot de quelqu'un d'autre. De l'autre côté, en milieu rural, les gens estiment que mon mari n'est pas à plaindre car sa femme est fonctionnaire – ce qui n'est pas exact, je ne suis qu'assimilée. Tout cela est assez cocasse."

Isabelle Cavalerie en convient cependant : la chute du prix du lait a atténué les jalousies, la médiatisation de la crise ayant permis de mettre en lumière la dramatique situation économique qui est le lot de nombreux agriculteurs. Ainsi son mari : en 2009, Jean-Pierre Cavalerie et ses deux associés – propriétaires de 120 vaches – n'ont-ils pu dégager qu'un salaire. Il a été attribué au seul des trois dont l'épouse ne travaille pas à l'extérieur…

COMPÉTENCES ET CAPITAL

Désespérant ? Oui et non. Aussi dévastatrice soit-elle, la crise n'empêche pas les vocations… féminines. Là n'est pas le moindre des paradoxes. "Comme partout, il y a évidemment moins d'installations qu'avant, mais on voit s'installer de plus en plus de filles qui ont fait des études agricoles et dont c'est la passion", se félicite Marie-Thérèse Lacombe. "On voit aussi, et c'est nouveau, des femmes qui reviennent sur l'exploitation après avoir travaillé à l'extérieur, souligne de son côté François Purseigle. La possibilité de s'occuper de leurs enfants tout en aidant à la ferme fait partie de leurs motivations, mais pas seulement : l'agriculture n'est qu'une étape dans leur parcours professionnel. Elles se sentent légitimes en revenant, car elles mettent au service de l'exploitation leurs compétences et le capital acquis à l'extérieur. En ce sens, elles sont plus modernes que les hommes. Elles ont également un discours de projets plus ancrés sur le territoire, à l'inverse des garçons dont le métier est d'abord de défendre un patrimoine familial." 

En Aveyron, plusieurs expériences originales de tourisme à la ferme, de ventes directes sur des marchés de pays ou encore de conversion bio sont nées sous l'impulsion d'agricultrices, comme le décrit Marie-Thérèse Lacombe dans son livre. "Finie l'époque où les femmes restaient à la ferme même si cela ne rapportait rien, conclut-elle. Elles prennent désormais autant d'initiatives que les hommes et sont porteuses de projets. Elles ne se lancent pas dans l'agriculture pour être des potiches." Ni potiches ni soumises, en somme.

Frédéric Potet, Article publié le 18.06.10 dans Le Monde Logo-Le-Monde-N-B-.jpg

 

Pionnières ! Les femmes dans la modernisation des campagnes de l'Aveyron, de 1945 à nos jours (éditions du Rouergue, 2009)

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1 septembre 2010 3 01 /09 /septembre /2010 09:40

 

Premier jour dans mon nouveau boulot, ma collègue m'accueille par cette remarque : 'vous avez de la chance d'être là, au début, ils ne voulaient pas de femmes parce que ça tombe enceinte. Mais finalement ils ont changé d'avis : les hommes ça coûte trop cher.'" Cette anecdote est tirée du site Vie de meuf,   viedemeuf.blogspot.com lancé il y a un mois par le collectif Osez le féminisme  pour fêter à sa manière le 27e anniversaire de la première loi sur l'égalité professionnelle entre les hommes et les femmes. Une égalité encore bien utopique. Selon l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) dans sa revue du mois de juillet, l'écart des rémunérations atteint une moyenne de 19 %. Chez les cadres, les différences de salaire entre hommes et femmes dépassent les 30 %.

Vie de meuf est construit sur le modèle du site humouristique Vie de merde, où chacun est invité à raconter en une ou deux phrases ses mésaventures au quotidien. Pourtant, la lecture de Vie de meuf ne prête pas vraiment à rire : les près de quatre cents histoires répertoriées à ce jour évoquent pêle-mêle les collègues moins diplômés mais mieux payés, les entretiens d'embauche très poussés sur la vie privée, les mises au placard au retour de congés maternités, ou les emplois refusés par peur que la candidate ne tombe enceinte rapidement.

GARE AUX ENFANTS !

Laetitia, qui débute dans la vie active, raconte ainsi la confession de son manager : il ne l'aurait jamais engagée si elle avait été un peu plus âgée, car "avec une femme de 28-30 ans, à l'embauche on sait qu'elle risque d'être absente deux ou trois fois six mois pour congé maternité".

"Tout se passe comme si les femmes qui n'ont jamais eu l'intention d'interrompre leur carrière n'ont pas pu envoyer un signal crédible aux employeurs sur leur engagement à long terme", indique l'étude de l'OFCE. Cette dernière souligne ainsi qu'avoir ou non des enfants a peu d'influence sur le salaire horaire. Mais gare à celles qui envisagent d'avoir des enfants. Pour avoir évoqué la possibilité d'avoir des  enfants dans les cinq ans à venir, Marie n'a pas eu le poste convointé. "Avoir des enfants avant 35 ans est un signe de manque d'ambition flagrant", lui aurait rétorqué la DRH.

"Mon supérieur direct n'a jamais employé le terme de congé de maternité mais celui de 'convalescence' ! Je lui ai fait remarquer à plusieurs reprises que je n'étais pas malade mais enceinte", déplore de son côté Eve.

PEU DE SANCTIONS

Estelle se fait elle embaucher sans souci en étant enceinte. Mais pas pour les raisons qu'elle imaginait. "Je finis par apprendre que j'ai été embauchée parce que j'étais enceinte, pour faire chier le remplaçant du recruteur... Et mon bac +8 alors, il compte pas ?" Sophie Ponthieux, co-auteur de l'étude de l'OFCE, résume la situation au Parisien : "l'idée qu'on puisse être une mère ou une future mère et une salariée comme les autres n'est toujours pas admise."

Selon la loi sur l'égalité professionnelle de 2006, les entreprises ont jusqu'au 31 décembre 2010 pour ouvrir des discussions sur le sujet. "Aujourd'hui, quatre ans après la loi et six mois avant la date butoir, seules 8 % des entreprises ont signé un accord avec les partenaires sociaux", expliquait Caroline De Haas du réseau Osez le féminisme, dans une tribune au Monde.fr. Quelles seront les sanctions pour les entreprises récalcitrantes ? La loi renvoie au projet de réforme des retraites, où la question de l'égalité professionnelle apparaît dans l'article 13.

"Les sanctions qu'il prévoit sont en réalité largement en deçà de celles prévues en 2006. Elles seront appliquées uniquement aux entreprises de plus de trois cents salariés – moins de 36 % des emplois – et porteront non pas sur l'absence de négociations mais sur l'absence de publications de chiffres sur l'égalité", explique Caroline De Haas. "Pour échapper aux sanctions, il suffira aux entreprises de commander un rapport sur l'égalité professionnelle. Que celui-ci donne lieu ensuite à des changements, peu importe…" Le site Vie de meuf a encore de beaux jours devant lui.

viedemeuf.blogspot.com

LEMONDE.FR | 11.08.10Logo-Le-Monde-N-B-.jpg

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27 juillet 2010 2 27 /07 /juillet /2010 10:00

 

Eurostat vient de nous livrer une information importante (lire en ligne) : l’écart de salaire horaire entre hommes et femmes [1] est deux fois moins élevé en Roumanie (9 %) qu’en Suède (17,1 %)… Il est cinq fois plus important en Autriche (25,5 %) qu’en Italie (4,9 %)… Il s’agit de toutes nouvelles données, mises à jour le 3 juin 2010. Et comme le précise Eurostat : « ces données remplacent les données basées sur des sources non harmonisées »

A l’évidence, ces données n’ont absolument rien de comparable et sont pour le moins fantaisistes, ce qui pose deux questions graves :

1- ces éléments jettent le discrédit sur le reste des données d’Eurostat et des comparaisons européennes, comme l’avaient déjà montré les données sur l’immigration (lire en ligne).

 

2- il est impossible de débattre sérieusement des inégalités de salaires entre hommes et femmes en Europe, de comparer la situation des différents pays et éventuellement de tirer les leçons de ceux qui réussissent le mieux à réduire les écarts…

Ce nouvel exemple est inquiétant. Il montre l’importance de la maîtrise des outils d’information statistique. Il l’est d’autant plus que ce type de situation, comme bien d’autres, ne suscite qu’un faible intérêt, alors que le sujet est de première importance. Que dire d’une Europe qui veut se construire alors qu’elle ne sait même pas combien touchent les hommes et les femmes dans chacun des pays ?

LM, publié dans observateur des inégalités le 21 juin 2010

 

http://epp.eurostat.ec.europa.eu/tgm/table.do?tab=table&init=1&language=fr&pcode=tsiem040&plugin=1

[1] dans les entreprises de plus de 10 salariés

 critique d ‘Eurostat sur le site de : Idées

http://www.idies.org/index.php?post/Faut-il-arreter-dutiliser-les-donnees-Eurostat

 

 

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15 juillet 2010 4 15 /07 /juillet /2010 09:53

Service des droits des femmes et de l’égalité
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