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2 septembre 2012 7 02 /09 /septembre /2012 09:30

L’égalité professionnelle entre hommes et femmes doit être prise en compte dans tout projet de loi et textes réglementaires, selon deux circulaires publiées le 24 août. Elles détaillent aussi le rôle des hauts fonctionnaires chargés d’épauler les ministres sur cet enjeu majeur.

Avant la présentation, prévue en octobre, d’un plan d’action interministériel en faveur de l’égalité entre les hommes et les femmes dans le secteur public porté par la ministre Najat Vallaud-Belkacem, le gouvernement mobilise l’ensemble de ses ministres sur cet enjeu de société. Preuve que le sujet est pris au sérieux, deux circulaires viennent d’être publiées au Journal officiel. Le Premier ministre, signataire des circulaires, invite ses ministres à faire “preuve d’initiative et d’innovation” dans ce domaine, l’objectif du gouvernement étant que chacun des ministres “dans son champ de compétences prenne en compte à son niveau les enjeux d’égalité entre les femmes et les hommes”.

Pour les y aider, des actions de sensibilisation et de formation seront programmées à la rentrée, selon l’une des circulaires, à la fois pour les ministres et pour leurs équipes. Les ministres seront doublement épaulés. Outre la désignation au sein de chaque cabinet d’un interlocuteur privilégié du ministère des Droits des femmes, et conformément à ce qui avait été décidé en Conseil des ministres le 27 juin, les ministres bénéficieront de l’appui d’un haut fonctionnaire à l’égalité des droits.

Personnalité multitâche, ce fonctionnaire coordonnera les travaux permettant de dresser l’état des lieux en matière d’égalité entre les femmes et les hommes dans l’ensemble des politiques relevant de chaque ministère. Il y pilotera la préparation et le suivi du plan d’action interministériel. Il suivra, insiste par ailleurs l’une des circulaires, les travaux relatifs au renforcement de la prise en compte de la question des droits des femmes et de l’égalité entre les femmes et les hommes dans la préparation des textes législatifs et réglementaires”.

   20 % de femmes

En ce qui concerne les projets de loi, la dimension des droits des femmes et de l’égalité entre les sexes sera désormais systématiquement évaluée via une étude d’impact permettant de s’assurer que “les dispositions envisagées ne portent pas atteinte aux droits des femmes” ou de “s’interroger sur l’opportunité de prévoir des dispositions spécifiques de nature à mieux garantir les droits des femmes ou à réduire des inégalités existantes entre les femmes et les hommes”. “Cette analyse, les conséquences qui en auront été tirées dans le projet de loi et l’impact attendu des dispositions de ce texte seront retracés dans l’étude d’impact”, précise l’une des circulaires. Après leur dépôt au Parlement, il est prévu que le ministère des Droits des femmes publie sur son site Internet les études d’impact des projets de loi présentant des enjeux significatifs en termes d’égalité entre les femmes et les hommes.

Pour ce qui est de la préparation des textes réglementaires ayant un enjeu d’égalité, la ministre des Droits des femmes devra identifier, avec chaque ministre, les projets de textes et les champs de politiques publiques qui feront l’objet de cette démarche ciblée”. Le ministère des Droits des femmes sera associé in fine à la préparation des textes correspondants. Un premier bilan de l’application de ce nouveau dispositif de travail gouvernemental est prévu à l’automne 2013. À cette date, rappelons que les nominations dans les plus hauts emplois de l’État devront représenter 20 % de personnes de chaque sexe.

Xavier Sidaner, pour Acteurs publics newsletter@acteurspublics.com Le 27/08/2012 

À lire :
- Circulaire sur la prise en compte de l'égalité hommes-femmes dans la préparation des textes législatifs et réglementaires
- Circulaire sur la politique interministérielle en faveur de l'égalité hommes-femmes

 

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21 juin 2012 4 21 /06 /juin /2012 12:50

Un débat dans le cadre des "Amphis du Mage"

"Pour ou contre l’imposition séparée ?" de Hélène Périvier , Rachel Silvera

jeudi 21 juin 2012 , de 17h à 19h, Amphithéâtre Durkheim

1, rue Victor Cousin ou 54 rue Saint-Jacques- 75005 Paris

Autour du livre, pour une révolution fiscale,

de Camille Landais, Thomas Piketty et Emmanuel Saez, paris, seuil, 2011

Dans leur ouvrage paru début 2011, trois économistes, Camille Landais, Thomas Piketty et Emmanuel Saez, en appellent à une révolution fiscale. Il s’agit de simplifier la fiscalité française pour la rendre plus lisible et plus progressive, donc plus redistributive. Ce nouvel ordre fiscal serait fondé à partir de l’actuelle csgContribution sociale généralisée –, individuelle et prélevée à la source et dont l’assiette est plus large que l’actuel impôt sur le revenu. Ainsi, le nouvel impôt sur le revenu ne reposerait plus sur les revenus supposés mis en commun des membres d’une même famille, mais sur les revenus individuels. Les auteurs dénoncent le quotient conjugal comme porteur d’une vision archaïque de la famille, dans laquelle le salaire de la femme est perçu comme un revenu d’appoint. Ils défendent une vision moderne de l’impôt qui porterait en elle l’égalité entre les sexes, dans la famille et dans la sphère professionnelle. Un impôt individuel encouragerait les femmes en couple à travailler. Loin de faire l’unanimité, l’individualisation de l’impôt sur le revenu fait depuis longtemps l’objet de nombreuses critiques.

2 - Henri Sterdyniak s’oppose à l’individualisation de l’impôt car elle serait contraire aux principes d’égalité devant l’impôt. Les couples mono-actifs seraient alors imposés plus lourdement, or ils ont des revenus en moyenne plus faibles que les couples dans lesquels les deux membres travaillent. Dans cette optique, mettre fin à l’imposition conjointe remet en cause la solidarité familiale, vis-à-vis des femmes mariées qui ne participent pas au marché du travail et surtout vis-à-vis des enfants.

3- Jean-Marie Monnier partage également ce point de vue et insiste, quant à lui, sur le fait que l’individualisation de l’impôt n’est pas un moteur spécifique de l’emploi des femmes : la plupart d’entre elles étant déjà actives. Les freins à l’activité des femmes en couple ne seraient pas du côté de la fiscalité et l’incitation financière issue de l’individualisation de l’impôt ne serait pas un élément déterminant dans la décision de travailler ou pas.

4 - D’autres, au contraire, montrent que cette mesure peut avoir une incidence positive sur l’emploi des femmes et permettre au plus grand nombre d’accéder à l’autonomie économique. L’expérience de pays ayant déjà adopté un impôt individuel éclaire le débat. Anita Nyberg revient sur l’introduction du système d’imposition séparée en 1971 par le gouvernement social-démocrate suédois. L’objectif était de prendre en compte l’entrée massive des femmes mariées sur le marché du travail et d’améliorer à la fois la condition des femmes et celles des familles modestes.

5 - Enfin, Maria Jepsen présente une comparaison européenne des systèmes fiscaux. Elle montre que, finalement, rares sont les cas d’individualisation totale de l’impôt. Si l’unité d’imposition est le plus souvent l’individu, des mécanismes de transfert de revenu entre conjoints ou d’abattements viennent en dénaturer le caractère individuel. De fait, le signal envoyé aux femmes en couple est proche de celui émis par un système du type quotient conjugal. Maria Jepsen propose de remettre à l’ordre du jour la question de l’individualisation de la fiscalité et plus largement de l’ensemble des droits sociaux.

6 - Dans le cas français, la question est complexe car le quotient conjugal dénoncé par Camille Landais, Thomas Piketty et Emmanuel Saez est doublé d’un quotient familial qui intègre le poids des personnes à charge (notamment les enfants) dans le calcul de la capacité contributive des ménages ; ainsi, modifier l’unité de base de l’impôt exige-t-il de repenser la politique familiale dans son ensemble. Les auteurs proposent ainsi des mécanismes de compensation pour les familles avec enfants, qui modifient l’équilibre entre équité horizontale et équité verticale. Cette révolution fiscale est-elle porteuse d’un nouveau souffle égalitaire ? La controverse présente différentes positions sur ce point.

POUR CITER CET ARTICLE : Hélène Périvier et Rachel Silvera « Pour ou contre l'imposition séparée ? », Travail, genre et sociétés 1/2012 (n° 27), p. 147-148.
URL :
www.cairn.info/revue-travail-genre-et-societes-2012-1-page-147.htm.
DOI : 10.3917/tgs.027.0147.

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14 mai 2012 1 14 /05 /mai /2012 09:56

Le décret précisant les modalités de mise en oeuvre des quotas de femmes pour les nominations dans les emplois supérieurs de la fonction publique est paru au Journal officiel ce 2 mai. Le texte permet l'application de l'article 56 de la loi du 12 mars 2012 prévoyant que, chaque année, les nominations dans les emplois supérieurs des trois fonctions publiques "doivent concerner" à partir du 1er janvier 2018 "au moins 40% de personnes de chaque sexe".
Si la mesure est une "révolution" selon le précédent gouvernement, ce dernier a voulu qu'elle s'applique progressivement. L'enjeu est de donner du temps à la sensibilisation des employeurs publics et à la consolidation du"vivier" des femmes appelées à exercer de hautes fonctions. Il s'agit aussi de tenir compte de la carrière des hommes qui occupent aujourd'hui les emplois de l'encadrement supérieur public.
Avant l'échéance de 2018, des objectifs intermédiaires ont donc été instaurés : 20% des nominations de cadres supérieurs devront concerner des femmes à partir du 1er janvier 2013 et 30% au 1er janvier 2015. Par ailleurs, la loi a prévu que les nouvelles règles de nominations ne concernent pas "les renouvellements dans un même emploi ou les nominations dans un même type d'emploi". Ainsi, dans le cas d'un préfet qui passe d’un département à un autre, le quota ne s'appliquera pas. En revanche, il entrera en ligne de compte si un préfet est nommé ambassadeur et, surtout, lors du départ en retraite de ce préfet. "Tous les ans, vingt personnes sont nommées dans le corps préfectoral", avait expliqué François Sauvadet lors de la discussion à l'Assemblée nationale de la loi sur la résorption de l'emploi précaire et l'égalité entre les hommes et les femmes dans la fonction publique. "L’application du taux de 20% conduira d’abord à nommer quatre femmes par an, puis celui de 30% amènera à la nomination de six femmes", avait-il précise

      1.500 emplois concernés dans les collectivités

Du côté des collectivités, seules les régions et les départements, ainsi que les villes et les intercommunalités de plus de 80.000 habitants, devront respecter la nouvelle obligation. 1.500 emplois territoriaux de directeur général des services, directeur général adjoint, directeur général des services techniques et directeur de projet sont concernés, avait indiqué le ministre lors de la discussion parlementaire.
Il appartiendra à chaque collectivité de respecter les quotas. L'obligation s'appréciera sur une année civile ou sur un cycle de cinq nominations successives si l'autorité territoriale ne procède pas à ces cinq nominations au cours de l'année civile.
Les employeurs publics devront rendre compte de la mise en oeuvre des quotas en déposant, au plus tard le 30 avril de chaque année, une déclaration annuelle auprès du comptable assignataire de leurs dépenses.
Ceux qui ne respecteront pas l'obligation devront payer une pénalité s'élevant à 30.000 euros pour toute nomination manquante en 2013 et 2014. Le montant de la sanction s'élèvera à 60.000 euros entre 2015 et 2017, avant d'atteindre 90.000 euros en 2018.

Thomas Beurey / Projets publics, Publié le mercredi 2 mai 2012 par localtis

Référence : décret n°2012-601 du 30 avril 2012 relatif aux modalités de nominations équilibrées dans l'encadrement supérieur de la fonction publique pris pour application de l'article 56 de la loi n°2012-347 du 12 mars 2012 relative à l'accès à l'emploi titulaire et à l'amélioration des conditions d'emploi des agents contractuels dans la fonction publique.

http://www.localtis.info/cs/ContentServer?pagename=Localtis/LOCActu/ArticleActualite&jid=1250263638846&cid=1250263636843

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1 mai 2012 2 01 /05 /mai /2012 09:22

En moyenne, les femmes consacrent près de 4h par jour aux tâches domestiques contre 2h30 pour les hommes...

       L’état des lieux

En moyenne, les femmes consacrent 3h52 par jour aux tâches domestiques contre 2h24 pour les hommes, indique l’enquête Emploi du temps 2009-2010 de l’Insee. A la maison, les hommes s’adonnent volontiers au bricolage (25 minutes quotidiennes contre 4 pour les femmes), au jardinage et aux soins aux animaux (22 minutes et 14 pour madame). Mais les femmes passent trois fois plus de temps que les hommes à faire le ménage, la cuisine, les courses ou s’occuper du linge et deux fois plus à s’occuper des enfants ou d’un adulte à charge à la maison. Cette dernière tâche tendant à être essentiellement prise en charge par les femmes, qui travaillent ou non.

En schématisant, les femmes s’occupent, au quotidien, des tâches les moins valorisées et les hommes de ce qui se voit et ce qui dure. L’égalité dans la sphère domestique est beaucoup plus lointaine que dans l’univers professionnel. Les inégalités au sein du foyer ont des répercussions dans bien d’autres domaines pour les femmes, où elles sont freinées, de la vie professionnelle à l’engagement politique ou associatif notamment. C’est l’une des raisons qui explique l’essor du temps partiel féminin, mais aussi leur faible représentation en politique ou dans les instances dirigeantes d’associations. On retrouve ces écarts également dans les loisirs (temps consacré à la télévision, à la lecture, au sport...) : les femmes y consacrent en moyenne 3h46 par jour contre 4h24 pour les hommes.

 

Durée moyenne des activités au cours d'une journée (du lundi au dimanche)
Unité : heure par jour

Hommes

Femmes

Total

Temps physiologique (sommeil, soins personnels et repas)

11h36

11h53

11h45

Temps professionnel (travail, trajets, formation)

3h55

2h39

3h15

Temps domestique

2h24

3h52

3h10

dont :

- Ménage, cuisine, linge, courses...

1h23

3h03

2h15

- Soins aux enfants et aux adultes

0h14

0h31

0h23

- Bricolage

0h25

0h04

0h14

- Jardinage, soins aux animaux

0h22

0h14

0h18

Temps de loisirs (télévision, lecture, promenade, jeux, Internet, sport)

4h24

3h46

4h04

Temps de sociabilité (conversations, courrier, visites, réceptions)

0h51

0h57

0h54

Transport (hors travail)

0h50

0h53

0h52

Total

24h

24h

24h

Il s'agit de moyennes par jour, y compris samedi, dimanche et vacances.

Source : Insee - enquête Emploi du temps 2009-2010, personnes de 15 ans et plus en France métropolitaine

 

     L’évolution

Si l’on ne considère que les actifs ayant un emploi, en dix ans, le temps journalier consacré par les femmes au travail domestique a baissé de 22 minutes et celle des hommes a augmenté... d’une petite minute. Au total, en 1999, elles prenaient en charge 66 % du temps imparti à ces tâches au sein du foyer, contre 63 % en 2010. Les femmes consacrent 3h26 en moyenne par jour à faire le ménage, les courses et s’occuper des enfants, contre 2h pour les hommes.

Les progrès sont donc bien lents. Au rythme actuel, il faudrait des décennies pour arriver à l’équilibre entre hommes et femmes au sein du couple.

 

Evolution du partage des tâches domestiques

Hommes

Femmes

Part des femmes
en %

1999 (en heures)

2010 (en heures)

Evolution (en minutes)

1999 (en heures)

2010 (en heures)

Evolution (en minutes)

1999

2010

Temps domestique

1:59

2:00

1

3:48

3:26

- 22

66

63

- dont ménage, cuisine, linge, courses, etc..

1:04

1:08

4

3:06

2:35

- 31

74

70

- dont soins aux enfants et aux adultes

0:11

0:18

7

0:27

0:36

9

79

67

- dont bricolage

0:30

0:20

- 10

0:04

0:05

1

12

20

- dont jardinage, soins aux animaux

0:14

0:14

0

0:11

0:10

- 1

44

42

Source : Insee, France métropolitaine - actifs ayant un emploi

 

 

 

       Que se passe-t-il chez les jeunes ?

Pour l’instant, on ne dispose pas des données selon l’âge des couples. Les moyennes toutes générations confondues incluent des couples âgés et masquent sans doute une situation plus favorable chez les plus jeunes. Il s’agit en fait de savoir si les inégalités ne vont pas finir par se creuser avec le vieillissement de ces générations, notamment au moment de la naissance des enfants.

 

Description : http://www.inegalites.fr/dist/puce.gif Pour en savoir plus : Depuis 11 ans, moins de tâches ménagères, plus d’Internet - Insee Première n°1377, novembre 2011.

Description : http://www.inegalites.fr/dist/puce.gif A lire sur notre site : Inégalité homme-femme : pourquoi ils ne passent toujours pas l’aspirateur ? Extrait du magazine Marie-Claire - janvier 2011.

Observatoire de inégalités, publié le le 5 mars 2012

http://www.inegalites.fr/spip.php?page=article&id_article=245

observatoire des inégalités

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18 avril 2012 3 18 /04 /avril /2012 09:40

Une étude en ligne du Centre d'études et de prospectives

Un quart des exploitations agricoles françaises sont, en 2010, dirigées par des femmes.
Celles-ci n’étaient que 8 % en 1970. L’agriculture, traditionnellement considérée comme un métier d’homme, est-elle en train de se féminiser ?
Si les chiffres traduisent d’abord une évolution des statuts qui rend le travail féminin, jamais véritablement absent de l’exploitation, aujourd’hui plus « visible », il reste que la part des filles progresse aussi dans l’enseignement agricole, ainsi que dans les installations des moins de 40 ans.
Les jeunes exploitantes (chefs d’exploitation et coexploitantes) ont souvent eu des parcours plus variés, et ont une approche de l’activité différente de celle des hommes. Elles rencontrent encore des obstacles et difficultés, que ce soit pour se former, s’installer ou dans l’exercice du métier. Mais elles s’organisent et font entendre leur voix.
Pour prendre connaissance du document :  http://agriculture.gouv.fr/Analyse-no38-mars-2012-Les-femmes
Références : - Analyse n°38 : Les femmes dans le monde agricole

 

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8 mars 2012 4 08 /03 /mars /2012 09:50

8 mars 2012 : « Egalité, parité, effectivité ! »

La cause des femmes, la conquête de l’égalité des droits face à une société patriarcale tissée d’injustices se heurtent aujourd’hui avec violence aux retombées d’une mondialisation sourde aux peuples, d’une crise économique saoulée de profits, d’une austérité présentée comme solution alors qu’elle est au cœur du problème.

Toutes et tous, nous souffrons des délocalisations, des pertes d’emplois, du chômage et de la précarité. Toutes et tous, nous serrons les poings devant les fermetures de classes, de maternités et de centres d’interruption volontaire de grossesse (CIVG), devant le manque de logements sociaux. Toutes et tous, nous refusons la politique anti-immigration qui stigmatise et précarise à l’extrême les femmes étrangères. Toutes ces politiques rendent la vie des femmes toujours plus difficile : parce qu’elles vont devoir pallier les carences de services publics ; parce qu’elles vont devoir se débrouiller pour trouver un centre d’IVG ; parce qu’elles vont devoir compter et recompter un salaire insuffisant pour faire face à leur quotidien.

Le gouvernement, qui avait tant promis aux femmes, n’a rien tenu. Ou si peu ! La seule disposition favorable récente, la loi de juillet 2010 contre les violences faites aux femmes, n’est que très partiellement appliquée, faute de moyens financiers effectifs, de mesures d’information des victimes et de formation des professionnel(le)s.

Parce que la crise est là, avec ses conséquences sociales, des idées dangereuses pour les libertés et pour l’égalité circulent dans tout le corps social. La banalisation des thèmes d’extrême droite réhabilite le discours familialiste : on nous refait le coup de la femme au foyer, et dans la foulée, on organise la remise en cause d’un droit chèrement acquis, celui de l’IVG. Pendant ce temps, d’autres, encore plus « libéraux », prônent la pratique des mères porteuses et la professionnalisation de la prostitution, qui, dans les pays qui l’ont expérimentée, ouvre un boulevard à la traite et au proxénétisme.

Dans une telle société, les rapports sociaux entre hommes et femmes restent inégaux. Le sexisme continue à se donner les formes les plus variées pour perpétuer sa domination et le patriarcat se porte bien. Ce n’est pas de cette société dont nous voulons.

En France, les droits des femmes sont inscrits dans les lois, mais elles ne sont pas appliquées ! Nous voulons l’effectivité de l’égalité et de la parité que nous promet la loi. Travail, salaires, carrière, justice, représentation électorale, partage de l’éducation des enfants et des tâches ménagères : il y a tant à faire et à conquérir ! Cette égalité, toujours promise jamais totalement réalisée, toutes et tous, nous en avons plus que jamais besoin face aux discriminations et face aux risques de régression sociale, d’asphyxie démocratique.

Il nous revient, à toutes et à tous, d’interpeller les candidat(e)s aux élections présidentielle et législatives sur leurs engagements. Quelle est leur volonté politique en matière d’égalité ? Quelle est leur intention, pour commencer, de rétablir un ministère de plein droit chargé des droits des femmes et qui soutiendrait les associations qui agissent en leur faveur.

C’est pourquoi nous manifesterons le 8 mars, pour les droits des femmes, pour l’égalité, la parité, et parce que c’est dans l’action que nous en assurerons l’effectivité.


Appel publié sur le site de la Ligue des Droits de l’Homme :
www.ldh-france.org/8-mars-2012-Egalite-parite

 

Info venant de Adéquation Vendredi 2 mars 2012 http://www.adequations.org/spip.php?article1794

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15 décembre 2011 4 15 /12 /décembre /2011 09:49

Des écarts importants dans les salaires et les emplois !

L'État élabore lois et décrets successifs sur l'égalité hommes-femmes dans le travail, et impose maintenant (décret du 7 juillet 2011) des pénalités aux entreprises qui ne mettraient pas en ouvre un accord ou un plan d'action.

Et l'État employeur ?

Le rapport annuel sur l'état de la Fonction publique apporte quelques informations détonantes en matière de discriminations.

En effet, sur les 5,3 millions d'agents des trois fonctions publiques : 

  • Salaires Femmes-Hommes dans les Fonctions publiques : des écarts importants

Salaires nets

Fonction Publique d’État

Fonction Publique territoriale

Fonction Publique hospitalière

Salaire moyen

2 377 €

1 830 €

2 156 €

Salaire hommes

2 604 €

1 920 €

2 561 €

Salaires femmes

2 225 €

1 742 €

2 017 €

  • Salaires des femmes parmi les cadres des fonctions publiques

Salaires nets

Fonction Publique d’État *

Fonction Publique territoriale

Fonction Publique hospitalière

Salaire moyen hommes

4 021 €

3 457 €

5 199 €

Salaire moyen femmes

3 498 €

2 891 €

4 039 €


* hors enseignants

 

·       Place des femmes dans les emplois de direction

 

Fonction Publique d’État

Fonction Publique territoriale

Fonction Publique hospitalière

% de femmes

21,4 %

18 %

40,2 %

 

D’habitude, dans ces cas-là, on conseille de « balayer devant sa porte » !

Une autre formule serait porteuse d’avenir : ouvrir le dossier sans tarder avec les partenaires sociaux et se donner un vrai plan de résorption des inégalités et discriminations dans les trois Fonctions publiques.

Mais cela devrait changer parce que en Novembre 2011 :

François Sauvadet a annoncé que le projet de loi sur la lutte contre la Précarité et les discriminations dans la Fonction publique serait examiné par le Sénat dans les prochaines semaines.

     Le premier objectif du gouvernement consiste à améliorer la collecte de données nécessaires à l’identification de politiques d’égalité professionnelle efficace. Pour cela, il est envisagé de rendre obligatoire :

– l’insertion d’un volet relatif à l’égalité professionnelle dans le bilan social de chaque ministère, collectivité territoriale ou établissement relevant de la Fonction publique hospitalière ;

– la présentation, à intervalle régulier, de rapports sur la situation respective des femmes et des hommes dans chacune des trois Fonctions publiques.

      Deuxième objectif du ministre : faciliter pour les femmes la conciliation de la vie privée et de la vie professionnelle. Le gouvernement proposera à cet effet que le congé parental soit considéré comme un temps de service effectif au cours de la première année pour que l’avancement se fasse à 100 % et non plus à 50 %. Cette disposition serait allongée de six mois supplémentaires si les deux parents prennent ce congé.

  Publié dans clé du social du 17 novembre 2011

http://clesdusocial.com/france/fr20-fonctions-publiques/discriminations-hommes-femmes-dans-trois-fonctions-publiques.htm

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16 novembre 2011 3 16 /11 /novembre /2011 09:10

A l’occasion de la journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes, le Centre Hubertine Auclert et le Conseil Régional d’Ile-de-France vous invitent à un colloque sur le thème : « Lutte contre les violences faites aux femmes : dispositifs, pratiques et perspectives en Ile-de-France » le 22 novembre 2011 de 15 à 19h.


Les objectifs de ce colloque seront de :

  • Porter un regard critique sur la loi du 9 juillet 2010 : un an après son vote, il s’agira de rappeler sa genèse, de pointer les avancées et les carences de ce texte et de souligner les difficultés dans sa mise en œuvre ;
  • Faire connaître les dispositifs régionaux : des logements pour les femmes victimes de violence à la prévention des violences sexistes en milieu scolaire, il s’agira de présenter les solutions apportées à l’échelle locale ;
  • Débattre des bonnes pratiques : associations, actrices et acteurs de terrain proposent et mettent en œuvre des actions innovantes. Il s’agira de les présenter et d’en débattre afin éventuellement de tracer les perspectives de leur généralisation.

 

  logo_etd_nls.gifinfo venant de ETD le 25 octobre 2011

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11 octobre 2011 2 11 /10 /octobre /2011 10:01

 


La Barbe, Osez le féminisme, “Causette”… Longtemps considérées comme ringardes, les féministes reprennent du poil de la bête. Un renouveau né de l'engagement d'une jeune génération qui invente une forme de militantisme fait d'humour et d'activisme sur le Web. Et le boulot ne manque pas !

Rappeler le féminisme au bon souvenir de ce vieux pays machiste. Avant de se dégonfler comme une baudruche, l'affaire DSK aura eu ce mérite. Après des années à végéter dans le purgatoire des arrière-gardes – « je ne suis pas féministe, mais... » –, la lutte pour les droits des femmes a soudain retrouvé les grâces de l'actualité. La ringardise a changé de camp. Sacré coup de vieux pour les misogynes de tout poil, qui fantasment les féministes en goules velues et vengeresses. Fin juin, Le Parisien citait en une Laurence Parisot : « Le sexisme est un racisme. » La patronne du Medef en fille spirituelle d'Olympe de Gouges ?  

      Puisqu'on vous dit que ça bouge.

Depuis le vote de la loi sur la parité, en 2000, on les avait perdues de vue, les retrouvant divisées à l'occasion de débats de société souvent montés en épingle. Et puis il y eut, dans les jours suivant l'arrestation de DSK, ce concours de saillies sexis­tes remporté par Jean-François Kahn avec son célèbre « troussage de domestique » : de quoi faire pousser des griffes aux moins radicales des féministes. Les voilà donc (presque) solidaires, et en ordre de bataille. Début juillet, plus de quarante associations se réunissaient à Evry pour une démonstration de force, la campagne présidentielle en ligne de mire. Les amazones du féminisme ne sont pas mortes. Elles ont même rajeuni. Effet d'aubaine, de loupe médiatique ou mouvement de fond ?

Si l'affaire DSK a servi de révélateur, le féminisme français ne l'a pas attendue pour se réinventer. Depuis quatre ans, de nouvelles voix sont apparues : le groupe d'action La Barbe en 2008, le réseau Osez le féminisme (OLF) un an plus tard, le Laboratoire de l'égalité en 2010. OLF et La Barbe font des petits, tandis que le nombre de réseaux de femmes en entreprise décolle. L'intérêt pour les droits des femmes commencerait même à déborder les sphères militantes. « Depuis quelques années, mes rapports sur l'inégalité professionnelle ou l'image des femmes dans les médias sont relayés dans la presse, assure Brigitte Grésy, inspectrice générale des affaires sociales, spécialiste des questions d'égalité. Le traitement médiatique de ces réalités a changé, les réseaux sociaux s'en emparent, alimentant le débat. C'est une tendance de fond, qui n'est pas près de s'émousser. »

Plus réservée sur la question, la journaliste Isabelle Germain incarne pourtant mieux que personne ce changement de perspective. En 2009, elle lançait Les Nouvelles News, le premier webmagazine généraliste au contenu « mixte ». « Une alternative à cette vision du monde phallocentrée où moins de 20 % des personnes citées sont des femmes ! Nous essayons de rétablir l'équilibre sur tous les sujets, du sport à l'économie. » Les hommes, qui représentent 40 % des lecteurs, ont l'air d'apprécier.

“Une certaine combativité est en train 
de renaître. Des lois ont été faites,
il s'agit de les faire appliquer. Ça passera 
par un changement de mentalités.”

Chez Causette, cela fait deux ans que la rédaction s'adres­se à des lectrices « plus féminines du cerveau que du capiton ». Aux antipodes des « féminins » traditionnels, qui ont depuis longtemps vendu la cause aux fabricants de cosmétiques, ce magazine ne compte presque pas de pub et ne s'interdit pas les sujets sérieux. Grégory Lassus, son fondateur, se souvient des réactions au tout premier numéro : « La coïncidence entre journalisme de qualité et magazine féminin semblait si improbable qu'on nous a tout de suite collé l'étiquette "féministes". Comme si parler de places en crèche plutôt que de crèmes de jour relevait d'un acte militant... » Depuis son lancement, le succès du journal ne cesse de s'affirmer. Ses ventes avoisinent les 30 000 exemplaires, et son lectorat transgénérationnel (« de 15 à 89 ans chez les abonnés ») est réparti sur toute la France. « Causette a répondu à une attente, estime Liliane Roudière, corédactrice en chef. Celle d'un magazine qui ne prend pas les femmes pour des porte-manteaux. » D'autant que le féminisme ne se vit plus comme une maladie honteuse. « Les années 1980 ont marqué le triomphe de la féminité sur le féminisme. Une certaine combativité est en train de renaître. Des lois ont été faites, il s'agit de les faire appliquer. Ça passera par le changement de mentalités prôné par Causette. »

On n'avait pas vu ça depuis 1995, quand l'arrivée de la droite au pouvoir et la Conférence mondiale sur les femmes de Pékin avaient remobilisé les féministes françaises, endormies sur les acquis des années 1970. Pour Caroline De Haas, la très médiatique ex-porte-parole d'OLF, l'actuel sursaut remonte à janvier 2009. « En menaçant de supprimer les crédits du planning familial (1), le gouvernement a fait une grosse boulette. On a réalisé que nos droits pouvaient être menacés. » En quelques semaines, 150 000 personnes signent une pétition de soutien, et OLF se crée dans la foulée. « Depuis deux mois, l'affaire DSK n'a fait qu'enfoncer le clou : en révélant l'ampleur du sexisme dans notre société, elle a mis au jour un profond ras-le-bol. » Une semaine après l'éclatement de l'affaire, une manif rassemblait 3 000 personnes à Paris. « Pour réunir autant de monde, il faut s'y prendre six mois à l'avance. Cette fois, il ne nous a pas fallu vingt-quatre heures ! »

C'est que les femmes y avaient cru, à leur avenir meilleur. A terme, la loi sur la parité ne devait-elle pas favoriser l'abolition des discriminations sexistes dans les sphè­res professionnelle et privée ? Il n'en a rien été. Aujourd'hui, 18,5 % des députés sont des femmes, les écarts salariaux sont toujours aussi importants (en moyenne 27 % de salaire en moins) et les postes à responsabilité demeurent l'apanage des hommes. Quant au partage des tâches domestiques, il reste profondément inéquitable : 80 % sont accomplies par les femmes. « Pendant toutes ces années, la situation a stagné, faute de volonté politique, déplore Cécile Daumas, journaliste et présidente de l'association le Laboratoire de l'égalité. Ça suffit, il nous faut reprendre la main ! »

Petites-filles assumées des militantes historiques, les nouvelles féministes ont su adapter leurs combats à leur époque. Le principe de mixité s'est ainsi généralisé. « Dans les années 1970, nous pratiquions une non-mixité de combat, se souvient Françoise Picq, ex-militante du Mouvement de libération des femmes (MLF) et spécialiste de l'histoire du féminisme. Dans les années 1990, après vingt ans de lutte, la domination masculine semblait assez ébranlée pour que les féministes ne prennent plus le risque de se faire taxer de misandres. » Pas question de relancer l'antique guerre des sexes, anachronique et contre-productive aux yeux des jeunes gens des années 2000.

Les modes d'action aussi ont changé. « A la spontanéité créative du MLF, assez désorganisé à l'époque, se sont substituées des campagnes de communication remarquablement orchestrées », analyse Françoise Picq. «Ce qui nous différencie le plus des féministes des années 1970, c'est Internet », résume Caroline De Haas, qui a gardé de son passage dans un syndicat étudiant un solide sens de la stratégie. Facebook, Twitter : âgés en moyenne de 24 ans, les militants d'OLF ont conquis la Toile avec une redoutable efficacité. « En interne, on organise des séances de média-training pour donner à nos militants les moyens de faire passer notre message. On veut être un mouvement de masse. » Récemment, OLF lançait le blog participatif Vie de meuf pour « rendre visible le sexisme ordinaire ». « Sur le site du réseau, 10 000 à 15 000 personnes se connectent tous les mois. Sur le blog, c'est dix fois plus ! »

“L'idée de La Barbe est de ridiculiser 
l'entre-soi des hommes puissants. On a déjà
‘barbé’ soixante-treize lieux et les internautes 
nous indiquent de nouvelles cibles.”

Tout en se situant dans le lignage ironique du MLF qui, en 1970, déposait une gerbe sous l'Arc de Triomphe en mémoire de la femme du soldat inconnu, les activistes de La Barbe savent, elles aussi, créer le buzz. Destinées à dénoncer l'hégémonie masculine dans les lieux de pouvoir, leurs interventions commandos sont filmées et diffusées sur Internet. On peut ainsi les voir surgir, postiches au menton, en plein conseil d'administration du groupe Carrefour... « L'idée est de ridiculiser l'entre-soi des hommes puissants, explique une "barbue", Cathy Stephan. On a déjà ''barbé'' soixante-treize lieux et les internautes nous indiquent tous les jours de nouvelles cibles par mail. »

Autre différence majeure avec les féministes des années 1970 : le rapport aux institutions. « Nous étions dans une opposition frontale au pouvoir, se souvient Françoise Picq. Mais, depuis 1981 et la création d'un ministère des Droits des femmes, le féminisme s'est institutionnalisé, au risque de l'instrumentalisation. Pour la relève, c'est parfois compliqué d'être à la fois autonomes et influentes. » Collaboratrice de Benoît Hamon, porte-parole du PS, Caroline De Haas assume l'ancrage à gauche d'OLF. « On veut changer la société. Pour cela, on actionne deux leviers : l'opinion publique, susceptible de faire pression sur les classes dirigeantes, et le recrutement au sein des partis politiques, des Verts au NPA. Notre objectif est de peser sur la campagne de 2012. »

“La crise a révélé les défaillances 
du leadership masculin. Du coup, le 
phénomène des réseaux de femmes
en entreprise est en train d'exploser.”

Une approche pragmatique que partage, à sa façon, le Laboratoire de l'égalité. « Le féminisme doit renouveler sa façon de militer, estime Cécile Daumas, qui cite en exemple le féminisme nordique, proche des syndicats. Les manifs ne servent plus à grand-chose, l'urgence est à l'efficacité ! » Constitué de représentants du monde médiatique, économique ou associatif, le Laboratoire entend fonctionner comme un lobby. « Il faut marquer les politiques à la culotte : les interpeller, influer sur les textes de loi... » Dans le secteur privé, les femmes sont déjà passées à l'offensive. Pour Brigitte Grésy, « la crise a révélé les défaillances du leadership masculin. Du coup, le phénomène des réseaux de femmes en entreprise est en train d'exploser. » Anciennes élèves de grandes écoles, cadres, se réunissent pour infléchir les critères masculins de compétence professionnelle : horaires à rallonge, présence obligatoire sur le lieu de travail...

« Elles sont toujours en train de se crêper le chignon ! » : c'est l'un des grands classiques de l'arsenal antiféministe. Et il faut reconnaître qu'il a parfois touché juste. Entre autres pommes de discorde, le port du voile, la prostitution, la maternité... En 2005, Ni putes ni soumises provoquait un schisme ravageur au sein du mouvement en dénonçant un féminisme « bourgeois » qui se serait « arrêté au seuil des ghettos ». Dans le « champ de bataille » du féminisme français, le sociologue Eric Fassin, l'un des rares hommes publics à s'en revendiquer, voit une preuve de sa vitalité. « Certains débats demeurent, d'autres sont aujourd'hui dépassés – la controverse sur la parité est devenue caduque quand la loi est passée. Mais, à chaque fois, ils suscitent d'autres questionnements. Ainsi, la parité a permis de parler de l'égalité des salaires et du partage des tâches domestiques. »

“Dans le glossaire de l'expo parisienne
‘Le zizi sexuel’, qui expliquait la sexualité 
aux enfants, le clitoris a été oublié.”

Les lignes bougent : au sein des forces vives, les universalistes, qui nient l'existence d'une nature féminine, ont fini par s'imposer, au détriment des différentialistes, qui prônent « l'égalité dans la différence ». Mais, dans l'opinion, l'idée que les femmes et les hommes seraient différents par essence continue d'infuser. « Le nerf de la guerre, c'est l'éducation, insiste Thomas Lancelot-Viannais, cofondateur de Mix-Cité, en 1997. Si on continue à polluer l'imaginaire des petits avec une vision du monde sexué, les mentalités ne changeront pas. » Régulièrement, Mix-Cité mène campagne contre les jouets sexistes. « Le conditionnement est partout, jusque sur les bodies Petit Bateau où sont imprimées les pseudo-caractéristiques des filles et des garçons : douce et coquette pour elle, rusé et courageux pour lui ! »

L'intime est plus que jamais politique : en témoigne la campagne Osez le clitoris, lancée en juin par OLF. « Dans le glossaire de l'expo parisienne "Le zizi sexuel", qui expliquait la sexualité aux enfants, le clitoris a été oublié, note Caroline De Haas. Heureusement, on trouve le mot “césarienne”... » Les approches se renouvellent sous l'influence des « gender studies » (études sur le genre) – Sciences-Po vient de leur consacrer une chaire, huit ans après la création d'Effigies, un réseau de jeunes chercheurs(ses) spécialistes de la discipline. En montrant que le genre (féminin ou masculin) est une construction sociale et culturelle, ces théories pointent, par exemple, l'arbitraire de la division sexuelle du travail, facilitant ainsi sa remise en cause.

On aurait tort, pourtant, de se réjouir trop vite. « Le mythe de l'égalité-déjà-là », selon la chercheuse Christine Delphy, continue de faire des ravages. « On est encore au milieu du gué, résume Isabelle Germain. Sous prétexte que les Afghanes sont plus à plaindre, on devrait se contenter de la place qu'on nous laisse ! » A Mix-Cité aussi, on modère son enthousiasme : « En quinze ans, ironise Agnès Guérin-Battesti, on a obtenu la loi sur le nom de famille (2) et onze jours de congé paternité... Avec la réforme des retraites, qui pénalise les femmes, et la fermeture massive des centres IVG, Sarkozy a fait régresser nos droits. Et ce ne sont pas les décevantes propositions du PS en la matière qui nous rendront optimistes... »

A Saint-Denis, où l'association Voix d'elles rebelles a pris ses quartiers en 1995, Sarah Oussekine, la présidente, dresse un bilan amer. « De plus en plus de femmes en difficulté viennent nous demander de l'aide. Or, le nombre de places en foyer diminue et nos subventions baissent. » Sauvée de la dépression par la lecture du Deuxième Sexe, de Simone de Beauvoir, elle croit au travail de terrain, auprès de celles qui « n'ont aucune idée de ce que le féminisme veut dire ». Le téléphone sonne : c'est la préfecture de Bobigny, pour lui annoncer la régularisation d'une femme que son mari maintenait dans l'illégalité depuis vingt ans. « Aujourd'hui, elle devient citoyenne. Et demain, qui sait, féministe ? »

Mathilde Blottière publié dans Télérama n° 3210, Le 25 juillet 2011 à 14h30   

(1) Depuis 1960, l'association informe sur la sexualité, la contraception, etc.
(2) Depuis 2005, un enfant peut porter le nom de son père, celui de sa mère ou les deux.

 

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21 septembre 2011 3 21 /09 /septembre /2011 10:17

Les conseils d’administration des entreprises du CAC 40 comptent à présent 20,8% de femmes, soit le double d’il y a deux ans.

« Le pourcentage de 20 % d'administratrices visé par la loi française pour 2014 est déjà atteint par la plupart des entreprises du CAC 40 » indique l’agence.

En effet, entre 2009 et 2011, le nombre de mandats détenus par les femmes dans les conseils du CAC 40 est passé de 60 à 119, pour atteindre en moyenne 20,62 % d'administratrices. Toujours selon l’étude d’Ethics and Boards, les autres entreprises du SBF 120, moins médiatisées, n'en comptent en moyenne que 14,81 %.

     Mais des administratrices importées

Mais il s'agit souvent de « superwomen » venues de l'étranger, révèle l’étude de l'observatoire Ethics and Boards. (Que fait donc le ministre de l’Intérieur ?)

       Etat, mauvais élève

Reuters souligne que « l'Etat, pourtant un fervent promoteur de la parité, ne compte à ce jour aucune femme parmi ses représentants aux conseils d'administration des entreprises du CAC 40 dans lesquelles il est actionnaire ».

       Les meilleures (au-dessus de 30%)

Publicis, Vallourec, Vivendi, PPR, Société générale, France télécom

      Les attardées :

STMicroelectronics, EADS, Renault, Veolia, Natixis

 

mis en ligne au 04/09/2011 dans « Clés du social »

http://clesdusocial.com/france/fr08-inegalites/Femmes-conseils-administration-CAC-40.htm

 

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