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20 juin 2015 6 20 /06 /juin /2015 09:52

Avec la maison des initiatives et des services, le pays Marennes Oléron vise le maillage de son territoire – Poitou Charente – 17 -

Après une longue gestation, la maison des initiatives et des services (MIS) du pays Marennes Oléron est opérationnelles depuis février 2013. Dès l’année suivante, des antennes s’ouvrent progressivement sur l’ensemble du pays. Les liens tissés entre les partenaires publics et privés, le choix des priorités, la force de conviction des élus ... et les différents soutiens financiers sont les conditions de réussite d’un tel projet.

La première étude "Emplois et territoire", menée en 2006-2008 sur des fonds européens, établit que le territoire du pays Marennes Oléron - qui regroupe deux communautés de communes, soit 34.861 habitants - dispose de ressources appréciables : le tourisme l'été et l’ostréiculture l'hiver. Pourtant l'étude pointe des défis qui restent à relever. Notamment des besoins en termes de formation et d'emploi à compléter pendant l'intersaison, et ce sur l’ensemble du territoire.

     Mutualiser l'action sociale de proximité et développer l'emploi

En 2008, les élections municipales conduisent de nouvelles équipes aux responsabilités. Les élus s'approprient le diagnostic et cherchent des solutions. "En 2008 nous avons perdu notre tribunal d'instance et notre tribunal de commerce, explique le président du syndicat mixte du pays Marennes Oléron, Mickaël Vallet. Du même coup nous perdions de nombreux services parajudiciaires tels que le conciliateur de justice ou la chambre des notaires. Dès 2009, nous avons créé un point d'accès au droit sur la commune de Marennes."

"Nous voulions aller plus loin : d’une part en ouvrant une maison de l’emploi qui rassemblerait d'autres services ; d’autre part en recherchant la meilleure proximité sur l’ensemble de notre territoire", poursuit l’élu. Le pays Marennes Oléron recherche alors un bâtiment administratif pour concrétiser son projet. Plusieurs communes font des offres, et c'est finalement le siège de l'ancienne caisse régionale de la Caisse d'épargne, implantée à Marennes sur 1.400 m2, qui est choisie.

     L'étape du programmiste pour hiérarchiser les priorités

Une fois le bâtiment acheté par la commune de Marennes (voir encadré sur les coûts d’investissement), tous les partenaires du projet veulent l’investir. Ce n'est matériellement pas possible. Le pays fait alors appel à un cabinet de programmiste de façon à hiérarchiser les priorités.

Au rez-de-chaussée sont installés les services à la population : le point d'accès au droit, le centre d'information sur les droits des femmes et de la famille, une permanence d'avocats et de notaires, les bureaux de l'Adil qui règle les contentieux locataires/propriétaires, la mission locale, un groupement d’employeurs, CAP Emploi pour les travailleurs handicapés, la CPAM, la CCI. Des salles de formation, dont une dédiée à l’informatique, sont également ouvertes. Par contre, le pôle santé ne peut être intégré, faute de place. A l'étage s'installent les services aux collectivités : le service d’information géographique (SIG), le chargé de projets culturels, le chef de projet francophonie, une cellule Europe, le service d’aide à la création/reprise d’entreprises ...

La maison des initiatives et des services du pays Marennes Oléron (MIS) est créée. Les frais de fonctionnement sont assurés par le syndicat mixte du pays Marennes Oléron qui reçoit une dotation de fonctionnement des deux communautés de communes du territoire (Ile d’Oléron et Bassin de Marennes).

     Maison mère et maillage du territoire

L'animation de ce que le président du syndicat mixte nomme "la maison mère" est confiée au comité de bassin d'emploi Marennes Oléron (Cobemo), une structure composée de quatre collèges : chefs d'entreprises, élus locaux, syndicats de salariés, secteur associatif et de l'économie sociale et solidaire. "Nous ne sommes pas là pour faire concurrence à Pôle emploi mais pour travailler sur toutes les difficultés qui sont autant de freins à l’emploi : comme par exemple la question du logement des saisonniers qui est pour nous un sujet essentiel", précise l’élu.

La MIS, inaugurée le 24 juin 2013 par la ministre de la Décentralisation, n'est que le premier jalon d'un maillage du territoire, pierre angulaire du projet initial. En mai 2014 s'est ouverte la première antenne de la MIS à Saint-Georges-d'Oléron, d'autres sont d’ores et déjà prévues. Le Cobemo envisage de mettre en place un réseau numérique de visioguichets, mais les élus veulent l'assurance que les organismes intéressés par ce service n'en profiteront pas pour fermer des permanences physiques...

Ne pas laisser la dynamique partenariale s’essouffler et trouver des financements pour le développement des services au public, voilà le challenge auquel sont confrontés les promoteurs du dispositif.

     Couts d’investissement

Les coûts de réhabilitation et d'aménagement du bâtiment s'élèvent à 1.450.000 euros, qui s'ajoutent aux 360.000 euros payés par la ville de Marennes pour l'achat de l'immeuble. Les travaux sont subventionnés à 74% par l'Europe, l'Etat, la région et le conseil général.

Luc Blanchard, Studio Graph, publié le 24 novembre 2014

pour la rubrique Expériences des sites www.mairieconseils.net et www.localtis.info

http://www.mairieconseils.net/cs/ContentServer?pagename=Mairie-conseils/MCExperience/Experience&cid=1250267999252

 

CONTACTS : Syndicat mixte du Pays Marennes Oléron

22 rue Dubois Meynardie ; 17320 Marennes

Nombre de communes : 15 ; Nombre d'habitants : 34 861

Nom de la commune la plus peuplée : Marennes (5 613 hab.)

Mickaël  Vallet : Président

Sylvie Lechevallier : Directrice du Cobemo :

s.lechevallier@marennes-oleron.com

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16 juin 2015 2 16 /06 /juin /2015 09:28

Au Pays des Châteaux, la maison de l'emploi du Blaisois construit des "boucles saisonnières" – Centre - 41 -

Avec le projet Trans Valoire lancé en 2012, la maison de l’emploi du Blaisois veut sécuriser le travail saisonnier sur le territoire du Pays des Châteaux. Elle a remis sur le marché des emplois agricoles en construisant des "boucles saisonnières". Au programme également, une plateforme en ligne et un partenariat avec la Savoie.

Dans le département du Loir-et-Cher, l’emploi saisonnier représente 11.000 contrats par an, dont 5.000 sur le territoire du Pays des Châteaux qui réunit deux EPCI : la communauté de communes du Grand Chambord (17 communes, 20.600 habitants) et Agglopolys (communauté d’agglomération de Blois, 48 communes, 108.000 habitants). C’est ce vaste territoire, à l’économie atypique du fait de la forte proportion d’emplois saisonniers, que couvre la maison de l’emploi du Blaisois, créée en 2006.

"Notre rôle est de révéler le potentiel des offres d’emploi et d’imaginer des outils de sécurisation des parcours professionnels", estime Benjamin Vételé, président de la maison de l’emploi du Blaisois. Le projet Trans Valoire y contribue en impulsant des expérimentations telles que des "boucles saisonnières" : un système permettant à un salarié d’enchaîner des emplois successifs dans différents secteurs d’activité. Le projet est financé par la Direccte, les deux intercommunalités du Pays des Châteaux et la région Centre.

   Potentiels et contraintes cernés par une étude approfondie

Une étude de l'emploi saisonnier conduite en 2012 par l’observatoire de l’économie et des territoires du Loir auprès de 900 entreprises, tous secteurs confondus - tourisme, agroalimentaire, agriculture, restauration - a permis de cerner le potentiel de construction de boucles saisonnières sur le territoire, et également les contraintes. "Cet état des lieux a par exemple révélé qu’il était hors de question de proposer des saisonniers agricoles aux entreprises du tourisme qui ont besoin avant tout de personnels qualifiés, tel que des chefs de rang ou du personnel d’étage", explique la directrice de la maison de l’emploi, Sylvia Sanchez. Par ailleurs, les rythmes sont différents d’un secteur à l’autre : contrairement au secteur touristique, les agriculteurs peuvent offrir une activité tout au long de l’année.

Les boucles saisonnières font donc l’objet d’expérimentations différentes au sein de chaque secteur d’activité, pour s’adapter aux caractéristiques respectives de l’agriculture et du tourisme.

   Secteur agricole : expérimentation des boucles saisonnières

Au sein du secteur agricole, il est apparu possible de réaliser des boucles saisonnières sur une cinquantaine d’emplois chaque année. "Pour réaliser ces boucles, il faut d’abord recueillir les offres, puis constituer un vivier de saisonniers stables. Et cela sur de petits territoires, car les saisonniers ne peuvent pas parcourir de trop grandes distances", indique la chef de projet Trans Valoire, Kenza Belliard. L’équipe de la maison de l’emploi a réalisé un important travail de sensibilisation sur le terrain auprès des agriculteurs en analysant avec eux les gisements d’emplois existant sur leur exploitation.

Parallèlement, un partenariat avec la MSA a permis d’acheter trois mobylettes pour aider à la mobilité des saisonniers. Ces deux-roues complètent un parc géré par l’association départementale Mobilité 41 (voir le lien ci-dessous). En 2015, une quinzaine d’exploitations participeront aux boucles saisonnières agricoles, représentant une quarantaine de saisonniers en emplois successifs.

   Tourisme : priorité à la formation qualifiée et aux contrats de professionnalisation innovants

Pour répondre aux attentes des entreprises du tourisme qui souffrent d’une pénurie de personnels qualifiés, la maison de l’emploi du Blaisois développe des démarches de formation. D’abord en organisant des sessions en partenariat avec la région : emplois d’étage dans les hôtels, agents d’accueil, langues vivantes. En outre, la maison a initié dix-sept contrats de professionnalisation innovants, permettant de former des serveurs pendant la saison touristique Neuf employeurs ont testé ce dispositif qui consiste à faire en sorte que les serveurs soient formés durant les heures creuses de leur emploi du temps, et ce par les meilleurs professionnels du département. L’organisme de formation a pris en charge l’hébergement des serveurs et la location de véhicules pour faciliter les déplacements entre lieux de travail et lieux de formation. Les entreprises impliquées dans le contenu des formations se sont déclarées satisfaites.

Parallèlement, la maison de l’emploi du Blaisois a posé les premiers jalons pour un partenariat avec la Savoie (voir encadré)

   Plateforme en ligne pour les saisonniers

"Alors que Trans Valoire naissait, il fallait créer les outils, convaincre les partenaires et les entreprises", raconte la chef de projet. En juillet 2013, la maison de l’emploi a créé pour les saisonniers une plateforme en ligne qui regroupe les offres d’emplois, fournit des informations sur les boucles saisonnières, sur les moyens de mobilité, l’hébergement et les droits des travailleurs. Cette plateforme a été financée par le fonds Leader, via le Pays des Châteaux, ainsi que par le conseil général et la communauté de communes du Grand Chambord. En outre, le projet est labellisé Lab41 par le conseil général, ce qui lui apporte une visibilité locale.

L’équipe poursuit ce travail de mise en réseau pour que l’emploi saisonnier cesse d’être considéré comme du sous-emploi. A les écouter, il semble que la clé de la réussite repose sur l’implication de tous les acteurs institutionnels et la délimitation claire des rôles de chacun dès le démarrage.

    Agriculture : "Relocaliser" l’emploi

De nombreux emplois agricoles ne sont pas recensés, notamment parce qu’ils sont captés par la prestation de service internationale (PSI). La réglementation européenne autorise en effet un prestataire étranger à proposer ses services et les salariés qui vont avec, pour réaliser des travaux saisonniers. Dès lors, certains besoins en emploi ne sont plus lisibles, car les agriculteurs ne contactent plus Pôle emploi pour présenter certaines offres. L’équipe de la maison de l’emploi a sensibilisé les agriculteurs en leur expliquant que des saisonniers qui habitent tout près de leur exploitation ne peuvent pas postuler chez eux, car ils n’ont pas connaissance des offres d’emploi. Argument entendu puisqu’en 2014, 60 postes de PSI ont été pourvus par des saisonniers locaux.

    Tourisme : le Pays des Châteaux parle à la Savoie

La maison du Blaisois s’est mise en relation avec la maison des emplois saisonniers des Menuires-Val Thorens. "Cette structure savoyarde en plein cœur d’un territoire touristique gère un potentiel de 5.000 offres d’emploi et 400 contrats de professionnalisation, indique Sylvia Sanchez. Pour enraciner ce partenariat, nous organisons des échanges annuels avec la Savoie : des entreprises du Pays des Châteaux vont rencontrer les saisonniers savoyards sur place, et inversement, des hôteliers et des restaurateurs savoyards viennent dans le Loir-et-Cher. Le jumelage crée des liens entre établissements, qui peuvent ainsi fidéliser des salariés compétents et précieux." La prochaine étape consistera à redoubler d’efforts en faveur du logement des saisonniers. Sujet sur lequel les partenaires à la montagne ont déjà trouvé des solutions.

Cécile Perrin publié le 2 mars 2015 dans la rubrique Expériences des sites www.mairieconseils.net et www.localtis.info

http://www.mairieconseils.net/cs/ContentServer?pagename=Mairie-conseils/MCExperience/Experience&cid=1250268430536

 

CONTACTS

Syndicat mixte du Pays des Châteaux

Hôtel d'agglomération de Blois, 1 rue Honoré de Balzac, 41000 Blois

Tél. : 02.54.46.09.30 ; http://www.paysdeschateaux.fr/

Nombre de communes : 65

Nombre d'habitants : 129 000

Nom de la commune la plus peuplée : Blois (50 000 hab.)

Christophe Degruelle, Président

Maison de l'emploi du Blaisois, 41000 Blois

Tél. : 02 54 51 17 67 : http://www.maison-emploi-blaisois.com/

Benjamin Vételé, Président et conseiller communautaire d'Agglopolys

Benjamin.vetele@blois.fr

Sylvia Sanchez, Directrice, maisondelemploiblois@orange.fr

Kenza Belliard, Chef de projet TransValoire, Tél. : 02 54 51 94 90

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12 juin 2014 4 12 /06 /juin /2014 10:11
ESS - Les Français de plus en plus familiarisés avec l’entreprise sociale

Le 3ème Baromètre de l’Entrepeneuriat social montre que la notion d’entrepreneurial social gagne en notoriété et en image auprès du grand public.

Pour la 3ème année, Convergences, en partenariat avec KPMG, Ashoka et le Mouvement des Entrepreneurs Sociaux (Mouves) publie son Baromètre de l’Entrepeneuriat social. L’occasion de faire le point sur la réalité, les ressorts et les enjeux d’un secteur en croissance, de plus en plus unanimement reconnu comme une réponse pertinente aux mutations des environnements économiques, sociaux et sociétaux.

Fort de l’intervention d’un certain nombre de grands acteurs économiques, ce baromètre annuel analyse des grandes tendances de l’entrepreneuriat social : loi cadre sur l’économie sociale et solidaire, financement participatif, rôle des médias, impact investing, incubation sociale, jeunes comme acteurs du changement, nouvelles alliances de co-production… En outre, comme chaque année, un sondage OpinionWayAshoka (*) livre l’état de l’opinion des Français en matière d’entreprise sociale, mais aussi la vision que les entrepreneurs sociaux ont de leur propre secteur d’activité.

64% des Français connaissent l’économie sociale et solidaire Bonne nouvelle : La proportion de Français connaissant l’« entrepreneuriat social » est en forte hausse : 31%, soit 13% de plus qu’en 2012. Quant à l’économie sociale et solidaire, elle est aujourd’hui identifiée par 64% des citoyens, (+7%). Les Français ont également une bonne image des entreprises sociales, qui apparaissent toujours comme les plus utiles (61%) et les plus innovantes (39%) dans la résolution des problèmes environnementaux et sociaux devant les pouvoirs publics, la société civile et les entreprises “traditionnelles”.

90% des entrepreneurs sociaux envisagent de recruter Côté entrepreneurs, ils sont une majorité à continuer d’avoir confiance dans les perspectives de développement de l’entrepreneuriat social. En effet, 90% d’entre eux pensent pouvoir recruter dans les prochaines années. Une confiance qui doit sans doute à la professionnalisation des activités et la prise d’autonomie des entreprises sociales dans le jeu économique : 71% du budget des entreprises sociales provient de la vente de produit ou de services (+17% vs 2012) et les entrepreneurs sociaux sont 68% (+17%) à attendre des effets positifs d’une collaboration avec les entreprises classiques ou les pouvoirs publics.

(*) Sondage réalisé par OpinionWay auprès de 1002 personnes et 63 entrepreneurs sociaux en novembre 2013.

Par Muriel Jaouën

http://place-publique.fr/Les-Francais-de-plus-en-plus,7101

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25 avril 2014 5 25 /04 /avril /2014 10:03
Le secteur de l’emploi à domicile plonge dans le noir
Les données publiées vendredi 11 avril par l'Agence centrale des organismes de Sécurité sociale (Acoss) ont de quoi inquiéter. Elles montrent que, en 2013, l'emploi à domicile a enregistré une chute comme il n'en avait pas connu depuis dix ans.

Tous les indicateurs sont au rouge. Le nombre de particuliers déclarant un emploi à domicile (hors assistantes maternelles) a diminué de 3,2 % en un an et repasse sous la barre symbolique des 2 millions (1,990 million d'employeurs). Plus significative encore est la chute du nombre d'heures déclarées : en un an, le volume horaire déclaré s'est effondré de 6,1 % pour s'établir légèrement en dessous de 130 millions d'heures.

Même l'activité des assistantes maternelles, qui jusqu'à présent résistait plutôt bien, retombe sous son niveau de la fin 2011. Le volume horaire déclaré recule de 1,9 % au quatrième trimestre de 2013 et de 1 % sur un an.

PLUS DE 70 000 PARTICULIERS EMPLOYEURS ÉVAPORÉS

Au total, si l'on additionne l'emploi à domicile et les assistantes maternelles, ce sont plus de 70 000 particuliers employeurs qui se sont évaporés et, plus grave encore, de l'ordre de 11,6 millions d'heures déclarées en moins : l'équivalent d'un « plan social » de 7 200 emplois à plein temps !

Certes, cette détérioration continue dans le secteur de l'emploi à domicile est le reflet d'une crise qui se prolonge et pèse sur le pouvoir d'achat des ménages.

Mais cela ne peut constituer le seul facteur d'explication d'une chute aussi brutale. « On n'avait jamais connu une dégradation aussi importante depuis 2004, note Marie-Béatrice Levaux, présidente de la Fédération des particuliers employeurs (Fepem). Or les besoins ont énormément augmenté. Les générations d'aujourd'hui, les jeunes couples actifs ont “appris” à avoir un emploi à domicile. Il faut arrêter de penser que c'est réservé aux classes aisées. »

RECRUDESCENCE DU TRAVAIL NON DÉCLARÉ, AU NOIR OU AU GRIS

La réalité s'impose : un tel effondrement se double d'une recrudescence du travail non déclaré, au noir (absence totale de déclaration) ou au gris (déclaration partielle des heures effectuées). Avec les conséquences qui en résultent pour les salariés, dont les droits sociaux sont minorés d'autant.

Si le phénomène est impossible à quantifier avec rigueur, la France s'inscrit dans une tendance qui touche toute l'Europe. Selon une étude de la Commission européenne sur le travail dissimulé, l'Eurobaromètre 402, plus d'un Européen sur dix (11 %) admet avoir acheté des biens ou des services provenant d'une activité non déclarée.

« L'affaiblissement des marchés du travail depuis 2007 a abouti à une augmentation de l'offre privée du travail non déclaré, constate le rapport. La hausse du nombre de demandeurs d'emploi et l'accroissement de la pauvreté semblent tous deux favoriser l'acceptation du système de paiement de la main à la main. »

La France est loin de figurer parmi les pays où l'on fraude le plus. Avec 9 % de personnes interrogées déclarant avoir eu recours au travail au noir, elle se situe même en dessous de la moyenne.

« UN DOUBLE “EFFET KISS COOL” »

Il n'empêche : le maintien, voire le développement de l'emploi à domicile est un enjeu économique important. « Même si l'emploi est prioritairement et majoritairement l'enjeu des entreprises, il y a aussi d'autres acteurs, d'autres formes et d'autres créateurs d'emploi. Il faut reconquérir l'emploi déclaré », défend Mme Levaux.

Le secteur de l'emploi à domicile a aussi subi les effets de la suppression par le gouvernement de François Fillon, au 1er janvier 2011, de l'abattement de quinze points des cotisations patronales accordé aux particuliers employeurs.

Suivie par la disparition, décidée par le gouvernement de Jean-Marc Ayrault dans le cadre de la loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2013, du système de déclaration du salarié au forfait. « Un double “effet Kiss cool” », selon la présidente de la Fepem, que n'a pas suffi à compenser l'allégement de charges de 75 centimes d'euro par heure de travail adopté à l'initiative du rapporteur général de la commission des finances de l'Assemblée nationale, Christian Eckert (Meurthe-et-Moselle, Parti socialiste).

Les premiers signaux de dégradation de l'emploi à domicile, à l'été 2013, avaient conduit Michel Sapin, alors ministre du travail, à plaider, lors des arbitrages sur le PLFSS pour 2014, en faveur d'un coup de pouce supplémentaire en portant le montant de l'abattement à 1,50 euro. Il était soutenu par M. Eckert, mais tous deux s'étaient heurtés à l'inflexibilité de Pierre Moscovici, alors aux finances, et de Bernard Cazeneuve, au budget. A présent, M. Sapin est aux finances et M. Eckert au budget. C'est à eux d'arbitrer.

Patrick Roger Journaliste au Monde

LE MONDE | 11.04.2014, dans le supplément du Monde Economie et entreprise du 12 avril 2014

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26 mai 2013 7 26 /05 /mai /2013 09:31

Ce sont les TPE qui recrutent le plus de saisonniers !

 

Comme le montre l’enquête "Besoins de Main-d’Oeuvre 2013" de Pôle Emploi, réalisée avec le concours du CREDOC, les projets de recrutement sont, tous secteurs confondus, à 36 % liés à une activité saisonnière, essentiellement dans les secteurs agricoles et touristiques.

Cette enquête montre aussi que ce sont les TPE (entreprises de moins de 10 salariés) qui proportionnellement ont l’intention de recruter le plus de saisonniers : dans les entreprises sans salariés, 64 % des recrutements sont saisonniers ; dans les entreprises de 1 à 4 salariés, 44 % ; dans les entreprises de 5 à 9 salariés, 35 %.

Ces données confirment que l’emploi saisonnier est concentré dans de toutes petites entreprises qui sont dépourvues de DRH, de représentations syndicales, et qui ont difficilement accès à l’information et peu de temps à consacrer à la gestion de leurs ressources humaines.

La DGCIS a soutenu récemment la réalisation de fiches pratiques sur la gestion des ressources humaines saisonnières pour ces petites entreprises et Pôle Emploi organise chaque année de nombreux forums de recrutement saisonniers.

Ces actions méritent d’être poursuivies et amplifiées, car c’est en accompagnant les petites entreprises dans la gestion de leurs ressources humaines saisonnières que l’on soutiendra véritablement la création et la pérennisation d’emplois, la qualification des saisonniers et la sécurisation de leurs parcours professionnels.

Christian GILQUIN

 

Paru le 7 mai 2013 dans Pluriactivité

http://www.pluriactivite.org/spip.php?article2747

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14 mai 2013 2 14 /05 /mai /2013 09:47

Le développement du télétravail en France – comparaison internationale

Le télétravail est en essor rapide dans les pays industriels, qu’il soit effectué à domicile, lors des déplacements professionnels, dans des télécentres ou en réseau. Pourtant, si la progression a été régulière sur 20 ans en France, son développement est en retard sur la plupart des autres pays.

Le nombre de télétravailleurs et son évolution depuis l’an 2000

 

2000

2010

France

2,6

8,9

Italie

1,3

5,5

Allemagne

6,7

19,5

Royaume-Uni

8,8

22,8

Belgique

12,5

30,6

Suède

14

27,2

Finlande

15

32,9

Europe

7,2

18,3

Japon

6,6

25,1

Etats-Unis

12,4

28

% de salariés effectuant plus de 8 heures par mois de télétravail parmi la population salariée totale.

(d’après le Rapport sur le télétravail du Centre d’analyse stratégique, http://www.strategie.gouv.fr).

« Le télétravail peut être défini comme le travail qui s’effectue, dans le cadre d’un contrat de travail, au domicile ou à distance de l’environnement hiérarchique et de l’équipe du travailleur, à l’aide des technologies de l’information et de la communication », pour le Centre d’analyse stratégique, définition basée sur l’accord-cadre européen de 2002. Pourtant, il n’existe pas de définition internationale homogène. Donc tous ces chiffres sont des estimations.

Ils sont cependant éloquents. Le télétravail ne se pratique pas dans tous les secteurs en France. Développé surtout dans celui des TIC, des services financiers et les entreprises de plus de 250 salariés, il existe peu dans le commerce de détail, la construction, les transports, l’hôtellerie-restauration, les TPE et PME, et encore moins dans le secteur public.

D’autre part, il concerne avant tout les cadres (30 % d’entre eux), les hommes en premier (57 % des télétravailleurs), les salariés en CDI à temps plein (90 % des télétravailleurs nomades).

Les freins en France semblent encore la méconnaissance des possibilités de télétravail, notamment les chefs d’entreprise, leur appropriation limitée des outils numériques, l’autonomie limitée laissée aux salariés par les organisations du travail, un moindre intérêt des salariés, des craintes de fragilisation de la relation à l’entreprise et d’irréversibilité, la préférence pour le travail en collectif, un manque de formation des acteurs, et l’absence de cadre juridique jusqu’à il y a peu. Même si les partenaires sociaux ont signé un accord en 2005, transposant l’accord européen, il a fallu attendre une loi de mars 2012 pour que le télétravail entre dans le code du travail.

Un certain nombre d’accords ont cependant été négociés et signés dans de grandes entreprises, telles Alcatel-Lucent, France Télécom, Renault, Microsoft France ; Coca-Cola France, Michelin, L’Oréal, Téléperformance, GDF Suez, Banque de France...

Une condition de leur réussite est de n’organiser le télétravail que sur le volontariat des salariés. Développer le télétravail suppose également de régler les questions de responsabilité et d’assurance en cas d’accident du travail hors de l’entreprise, de limite d’utilisation du matériel entre usage professionnel et personnel, de mesure du temps de travail hors de l’entreprise. Dans la fonction publique, il manque un cadre juridique, annoncé depuis la loi de mars 2012 sur l’accès à l’emploi titulaire et à l’amélioration des conditions d’emploi des contractuels, mais qu’au 1er mars 2013 on attend encore.

En cette période de crise de l’emploi cependant, des collectivités misent sur un développement du télétravail pour créer des emplois et financent des infrastructures pour accueillir des télétravailleurs : Bretagne, Cantal, Allier, notamment.

D’autant plus que, dans les pays de l’OCDE, les télétravailleurs se déclarent majoritairement satisfaits de leur mode et conditions de travail. Ils concluent à une meilleure maîtrise de leur activité, à une plus grande autonomie, tout en se sentant intégrés dans l’entreprise, à une gestion correcte de leurs horaires de travail par rapport à leur vie personnelle et familiale et ils apprécient le gain des temps de déplacement domicile-travail. Les entreprises y voient des gains de surfaces (le m2 est de plus en plus cher), de performance et productivité.

Si tous les secteurs et tous les métiers ne s’y prêtent pas, le CAS prévoit qu’un salarié sur deux serait potentiellement concerné en 2015. Mais pour que le télétravail se développe vraiment en France, il faut des évolutions culturelles de part et d’autre, et un développement du dialogue social sur ce mode de travail.

Pour plus de précisions : http://droit-finances.commentcamarche.net

mis en ligne au 07/04/2013 par clés du Social

http://clesdusocial.com/france/fr01-conditions-travail/Le-developpement-du-teletravail-en-France.htm

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20 avril 2013 6 20 /04 /avril /2013 09:52

Elus communautaires et équipe administrative accompagnent les entreprises innovantes (34)

Depuis dix ans, la communauté de communes du Pays de Lunel a dédié l’un de ses services à l’accompagnement de porteurs de projet et d’entreprises innovantes. Composé de cinq personnes, ce service les accueille au sein d’une pépinière d’entreprises qui ne cesse de se développer. Tout est parti d’une forte volonté des élus.

En 2003, la communauté de communes du Pays de Lunel (Hérault, 15 communes, 50.000 habitants) achète le siège d’une ancienne entreprise, située dans une zone d’activités, pour en faire une pépinière d’entreprises. Baptisée "Via Innova", la pépinière est gérée par un service de la communauté de communes, composé de cinq personnes, tous salariés de la collectivité : un directeur, trois chargés d’affaires et un agent administratif. Le budget de fonctionnement du service (environ 200 à 300.000 euros/an) est financé à 60 % par la communauté de communes et à 40 % par la région et l’Europe (FSE). Cette création s’inscrit dans la volonté des élus communautaires de lutter contre un taux de chômage important (l’un des plus élevés de la région) et de structurer un développement économique durable basé sur des start-up innovantes à forte valeur ajoutée. Offensifs sur la question économique, les élus sont très impliqués dans le fonctionnement de la pépinière. Les techniciens peuvent s’appuyer autant sur le soutien des partenaires économiques et institutionnels que sur le réseau des élus de la communauté de communes.

     Accompagnement individualisé

Via Innova propose aux créateurs d’activités un soutien sous plusieurs formes. D’abord, la location de locaux : 13 bureaux et 8 ateliers, et d’ici 2014 un hôtel d’entreprises, une pré-pépinière et des ateliers-relais supplémentaires, et ce pour une durée maximale de deux années. Les porteurs de projets, sélectionnés sur dossier et entretien, bénéficient ensuite d’un accompagnement spécifique lié au type d’innovation qu’ils développent : approche marketing, stratégie commerciale, ou encore mode financement ou bien technologie. Ces projets concernent en effet des domaines très différents (cosmétiques, tourisme, sport, design, agronomie, informatique, services…).

    Un effet réseau

En 2012, l’équipe de Via Innova a ainsi reçu 90 porteurs de projet. Elle a accompagné vingt d’entre eux, auxquels il faut ajouter le suivi des vingt occupants des ateliers et des bureaux. Depuis sa création, Via Innova a permis la création d’une trentaine d’entreprises. Les porteurs de projets sont mis en relation avec des experts juridiques et financiers, des universités, des centres de recherche régionaux, ainsi qu’avec des fonds privés ou publics. Ils peuvent aussi pousser la porte des partenaires de la création d’activité qui louent à la communauté de communes, des locaux sur place : chambres consulaires, plates-formes d’initiatives locales (Pfil), boutique de gestion..... Ou encore participer à des réunions thématiques ou bien aux rencontres du club professionnel créé par Via Innova en 2011 (voir encadré). Pour entretenir en permanence tous ces partenariats autour des porteurs de projets et des entreprises créées, le service Via Innova s’est doté d’un site Internet spécifique et relaie ses informations via différents réseaux sociaux : Facebook, Twitter.

    Un précieux soutien des élus

Les élus participent aux rencontres du club professionnel, utilisent si besoin leur carnet d’adresses pour enrichir les relations des porteurs de projet. Avec l’équipe de Via Innova, ils s’efforcent en outre de créer des liens entre des entreprises de secteurs d’activités proches ou complémentaires. Certaines collectivités du Pays de Lunel sont parfois les premières clientes d’activités suivies par Via Innova : vidéo-surveillance pour une commune, plateforme de compostage pour une autre. "Cela a permis à ces porteurs de projets d’expérimenter leur projet avec un client qui se situe aussi comme partenaire", explique Pierre Alzingre, directeur de Via Innova.

Lucile Vilboux / Acteur Rural pour les sites www.mairieconseils.net et www.localtis.info
paru le
lundi 08 avril 2013 dans le n°88 de Mairie-conseils

 

Club Pro Via Innova, déclencheur de partenariats
L’équipe de Via Innova a créé en 2011 un club professionnel, dont l’objectif est d’enrichir les liens entre les projets et les entrepreneurs qu’elle suit. Préalablement, l’équipe avait rencontré individuellement des dirigeants de grandes entreprises du territoire qui ont accepté de soutenir ce réseau et ainsi de le crédibiliser. Les porteurs de projets, chefs d’entreprises et élus sont invités quatre fois par an à une rencontre conviviale, sur un lieu emblématique du territoire pour faciliter et renforcer les liens entre acteurs du Pays de Lunel et croiser les expertises et savoir-faire des participants. La première rencontre du club pro Via Innova, en juin 2011, a rassemblé une soixantaine de participants, et a débuté par un temps ludique de prise de connaissance mis en œuvre par un consultant spécialisé dans les techniques d’animation. Les autres rencontres ont porté sur des thématiques comme la finance (interventions d’experts) ou encore sur l’innovation (à l’aide d’un support pédagogique). Chacune se termine par un buffet. Pour le premier anniversaire du club, 120 participants ont été réunis dans une manade camarguaise. La suivante, organisée en décembre 2012, proposait un service de garde des enfants. Les élus sont chaque fois présents et à l’écoute des participants.

Contacts : Communauté de communes du Pays de Lunel ; 386 avenue des Abrivades - BP 229 ; 344001cedex Lunel ; tél. : 04 67 83 87 00 ; infos@cc-pays-lunel.fr

Nombre de communes : 13 ; Nombre d'habitants : 41 322

Pitaval Richard ; Vice-président délégué aux finances et appui à la création d'entreprises

Via Innova, Pays de Lunel ; 34400 Lunel ; tél. : 04 67 83 21 11 ; http://www.via-innova.com/

Alzingre Pierre,Directeur ; Navarro Julie, Chargée de mission ; j.navarro@paysdelunel.fr

http://www.mairieconseils.net/cs/ContentServer?pagename=Mairie-conseils/MCExperience/Experience&cid=1250264993651

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16 mars 2013 6 16 /03 /mars /2013 09:26

Territoires et emploi : pour des dynamiques innovantes et solidaires

Un appel à projets de la Fondation de France, pour 10 septembre 2013

L’accroissement des inégalités sociales et territoriales favorise le développement de besoins sociaux peu ou mal satisfaits.

Au-delà des dispositifs mis en place par les politiques publiques, au-delà des services développés par les acteurs économiques privés, lucratifs ou non, de nouvelles réponses sont à inventer pour lutter contre ces phénomènes de relégation et favoriser la cohésion sociale sur les territoires.

La Fondation de France soutient ces dynamiques qui aident à combattre les inégalités et l’isolement des personnes et constituent de véritables innovations sociales. Elles offrent des services qui peuvent bénéficier à chacun et notamment aux plus fragiles. Guidées par les principes de proximité, de participation, de collectif, de réciprocité, elles créent des espaces où chacun peut trouver une place. Elles sont non seulement porteuses d’échanges et de mieux-être quotidien, mais aussi d’emploi.

Avec le soutien de la Fondation JM.Bruneau sous l’égide de la Fondation de France.

Pour en savoir plus : cliquer ici

http://www.fondationdefrance.org/Nos-Aides/Vous-etes-un-organisme/Solidarite-avec-les-personnes-vulnerables/En-France/Lutte-contre-l-exclusion-sociale-et-economique/Emploi

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13 mars 2013 3 13 /03 /mars /2013 09:58

Le textile, star des communautés d'Emmaüs

Collecte, tri, rénovation, revente : le marché de la récupération n'a cessé de croître avec la crise. Le phénomène est important dans les trois branches d'Emmaüs : celle des communautés qui rénovent ce qui sort des greniers, celle de l'action sociale et du logement, et enfin, celle de l'insertion, à laquelle est rattaché Le Relais, qui recycle vêtements, linge de maison et chaussures.

En cinq ans, les ressources d'Emmaüs France ont ainsi augmenté de 40 % et la demande des usagers a changé. « Le textile est devenu le premier poste de recette des communautés. La friperie a pris la place des meubles », remarque le président d'Emmaüs France, Christophe Deltombe.

« La crise a eu un double effet d'augmentation de la collecte et de baisse en qualité des produits », explique-t-il. La collecte d'objets donnés par les particuliers est en effet passée de 170 000 tonnes en 2007 à 265 700 en 2011, soit une hausse de 56 % en cinq ans !

       Plus de visibilité depuis la crise

« Depuis le début de la crise, la multiplication des partenariats avec les associations a donné davantage de visibilité à Emmaüs. Ce qui a fidélisé les populations locales », note M. Deltombe. Pour preuve, la part des dons apportés aux communautés par les particuliers eux-mêmes était, fin 2011, en hausse de 24 % sur un an, tandis que les enlèvements à domicile reculaient légèrement.

Au dire des communautés, le nombre de personnes qui visitent les sites Emmaüs a fortement augmenté ces dernières années. « On voit des jeunes couples venir s'équiper pour leur futur bébé et des populations qui ne sont pas coutumières de l'achat d'occasion », assure M. Deltombe. Il est toutefois difficile de se faire une idée exacte de la fréquentation, puisque aucun ticket d'entrée ne permet de la mesurer. Sauf lors des Salons d'Emmaüs, pour lesquels les chiffres indiquent plutôt une fréquentation stable et des recettes en hausse. L'édition 2012 a ainsi accueilli 27 000 visiteurs, contre 26 000 en 2007.

L'emploi a plus sûrement profité de cette « croissance de crise », avec près de 500 salariés de plus en cinq ans.

Anne Rodier

Article paru dans l'édition du 19.02.13 supplément « économie », 

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à la suite de "Le Relais ne connaît pas la crise" rediffusé par BIPLAN le 10 mars 2013

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12 mars 2013 2 12 /03 /mars /2013 09:36

Le Relais ne connaît pas la crise

Né de la volonté de donner du travail à des personnes en grande difficulté, le numéro un de la collecte du textile en France a créé un emploi par semaine depuis 1984

Sur un ancien site des houillères, acheté en 1984 pour établir la communauté d'Emmaüs de Bruay-la-Buissière (Pas-de-Calais), trois grandes bâtisses se dressent. Vingt hectares de campagne délimitent la bien nommée « zone d'activité du Possible ». C'est là qu'il y a près de trente ans, Pierre Duponchel, aidé du Père Léon, une figure de la communauté d'Emmaüs, a créé Le Relais, association d'insertion par l'activité économique, spécialisée dans le recyclage textile, numéro un (55 %) de la collecte en France.

   Le Relais, rattaché à Emmaüs, est maintenant une grande entreprise au développement spectaculaire. Elle dispose de vingt-huit sites en France, de trois en Afrique, sous le statut de sociétés coopératives et participatives, et emploie près 2 200 salariés. La crise aidant, son chiffre d'affaires a plus que doublé depuis 2007 ! Il est désormais de 95 millions d'euros pour 2012, en croissance annuelle moyenne de 12 % depuis trente ans. Et l'ambition est de doubler l'activité d'ici à 2015, en créant quinze nouveaux sites en France. M. Duponchel l'a réaffirmé le 1er février, lors d'une visite du ministre délégué à l'économie sociale, Benoît Hamon, dans un Relais des Yvelines. Un objectif qui paraît réaliste au vu des résultats récents.

A Bruay-la-Buissière, où a commencé l'aventure, des alignements de conteneurs blancs estampillés du logo bleu Le Relais mènent au centre de tri, qui abrite une centaine de personnes sur 430 salariés sur le site. A l'entrée, les « crackers » ouvrent les sacs collectés et évacuent tout ce qui n'est pas textile. Une « trieuse-boutique » repère ce qui part directement à la vente dans les friperies du réseau. C'est « la crème », qui représente 6 % des collectes, mais 25 % du chiffre d'affaires !

  Valère, 44 ans, a fait tous les postes du tri depuis douze ans. Face à un grand bac métallique, elle extrait la « brûle », c'est comme ça qu'on appelle les déchets (10 % du tri). Debout derrière les tapis verts, des femmes trient par catégories les vêtements qui défilent en paquets, éclairées par des néons. Christelle, 43 ans, est coupeuse depuis vingt et un ans. A mains nues pour bien reconnaître la matière, elle met de côté le synthétique, qui ne se recycle pas en chiffons, et coupe tout ce qui sur le coton pourrait gêner l'essuyage, comme les boutons par exemple. Au fond du hangar-atelier, les balles de tissus multicolores destinées à l'export (49 %) donnent un aspect patchwork à cette production. Le tri est l'activité des Relais qui génère le plus d'emplois aujourd'hui.

Cette success story du Pas-de-Calais dans la filière textile résulte pour partie de l'évolution du modèle de production. Les vieilles chemises qui se transforment en chiffons pour l'industrie mécanique ou automobile, c'est l'image d'Epinal de la valorisation du textile. C'est toujours une réalité en 2013 : 10 % de la collecte finit en chiffons. Mais cette industrie s'est diversifiée depuis. Les vieux jeans sont aujourd'hui transformés en isolants thermiques pour les logements, en futons ou en isolants acoustiques pour les salles de spectacle. C'est le travail de la filiale Métisse à Billy-Berclau (Pas-de-Calais) qui valorise 25 % de la récupération actuelle.

A l'origine, Le Relais ne faisait que de la collecte. Les conteneurs ont progressivement remplacé le porte-à-porte. Quelque 15 800 d'entre eux sont désormais répartis sur tout le territoire (leur liste complète sur le site  http ://lerelais.org/oudonner.php). Un tiers des magasins Carrefour en sont équipés. « La pose de dix conteneurs permet la création d'un emploi direct », indique la société.

Le porte-à-porte n'a toutefois pas complètement disparu, même s'il coûte 2,5 fois plus cher que la collecte par conteneurs, car « il permet de garder certains salariés qui ne savent faire que ça. Et du point de vue des habitants, c'est un peu comme le passage du facteur », explique un salarié du site de Bruay.

La diversification des activités s'est imposée à la fin des années 1980, lorsqu'en à peine six mois, le prix de la marchandise s'est effondré. « On a alors décidé de développer les métiers de valorisation du textile pour solvabiliser les emplois créés. En 1990, il y avait près de 200 salariés sur le site », se souvient le fondateur, M. Duponchel.

Réutilisation et recyclage ont ainsi réorienté progressivement la destination du tri vers les 70 boutiques Ding Fring, vers le réseau ou vers la mise en vente sur Internet et à l'export. La laine et l'acrylique rejoignent le circuit des filatures, souvent à l'export. La laine part ainsi en Inde. Le vrac, délesté des vêtements chauds, est exporté vers le Burkina Faso, le Sénégal et Madagascar. L'argent gagné sur place est réinvesti dans des projets aussi divers que la production de miel au Burkina Faso, la culture maraîchère au Sénégal ou le secteur automobile à Madagascar.

Ces dernières années, Le Relais a également bénéficié de deux leviers de croissance importants, qui lui ont permis de doubler son activité en cinq ans. D'une part, l'envolée du prix de la tonne de textile triée, qui est passée de 80 à 400 euros de 2007 à 2013. Mais la variation est forte en fonction de la demande et du change. « Quand le dollar monte, les Européens vendent, et quand l'euro est cher, ce sont les Américains qui vendent, dans des volumes beaucoup plus importants », souligne M. Duponchel.

D'autre part, l'écocontribution textile, mise en place pour détourner les textiles des ordures ménagères vers le recyclage, a boosté la filière. Comme tous les opérateurs de tri conventionnés EcoTLC (textile, linge de maison, chaussure) en France et en Europe, Le Relais perçoit depuis 2008 une écocontribution de 69 euros par tonne triée (10 % du coût de la collecte).

La marge de progression sur le marché de la collecte reste grande puisque les Français ne produisent que 2 kg de textile collectés par an et par habitant, contre 4 à 5 kg en moyenne en Europe et 9 kg en Allemagne. Le Relais prévoit une croissance annuelle de 12 % jusqu'en 2015. Mais l'appétit de concurrents, comme Sita, filiale de Suez Environnement, Veolia en France, ou encore Soex en Allemagne, qui répondent aux appels d'offres des collectivités territoriales sans avoir forcément les mêmes priorités que les acteurs de l'économie solidaire en termes de création d'emplois, risque de contrarier ce programme ambitieux.

Le Relais a été créé en 1984 sur un constat d'échec d'Emmaüs, qui n'arrivait pas à ramener vers l'emploi ceux qu'elle avait accueillis. L'objectif emploi a toujours été le fil rouge du Relais. C'est pour cette raison que toutes les sociétés « Le Relais » adoptent le statut coopératif.

En France, comme dans les autres pays européens, les entreprises à but socio-économiques tentent d'équilibrer trois types de ressources : celles du marché, celles de la redistribution publique et celles de la réciprocité, comme la mise à disposition de biens ou de locaux par exemple. « Lors de la création du Relais à Bruay-la-Buissière, les premières collectes sur Arras ont ainsi été faites grâce aux camions prêtés par Terre, une organisation belge de valorisation du textile », se souvient M. Duponchel. « L'hybridation ne signifie pas le recours à ces trois types de ressources, mais évoque un équilibre entre ces ressources, négocié avec les partenaires dans le respect de la logique des projets », explique le sociologue Laurent Gardin (Entreprise sociale et insertion, Desclée de Brouwer, 2012).

Pour M. Duponchel, le succès des Relais est indissociable d'un mode de gouvernance propre aux entreprises à but social. Le plafonnement des salaires est ainsi maintenu depuis trente ans dans une échelle de 1 à 3 entre la rémunération de l'ouvrier et celle du PDG, 60 % des emplois sont en contrats à durée indéterminée et 40 % en contrat d'insertion, enfin, et surtout, les investissements des Relais sont décidés pour répondre au double objectif emploi et rentabilité.

Anne Rodier,

Article paru dans l'édition du 19.02.13 supplément « économie » 

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