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21 juin 2012 4 21 /06 /juin /2012 10:07

Lors de la présentation de son bilan annuel du marché immobilier rural ce 30 mai, la Fédération nationale des Safer a alerté sur les risques liés à la concentration accélérée des exploitations agricoles. Face au développement de l'urbanisation, elle propose aussi aux collectivités de travailler de concert pour une meilleure connaissance des évolutions du marché des biens ruraux.

Y aura-t-il encore des exploitations agricoles familiales en France dans dix ans ? A l'occasion de la présentation de son bilan annuel du marché immobilier rural, ce 30 mai, la Fédération nationale des sociétés d'aménagement foncier et rural (FNSafer) a fait part de ses inquiétudes sur les évolutions en cours. En 2011, pour la première fois, les transactions sur les terres louées ont dépassé en nombre et en surface celles sur les terres libres. La proportion de surfaces en fermage atteint aujourd'hui les 77% contre 23% pour celles en faire valoir direct. "Structurellement, les surfaces vendues libres se restreignent, rendant l'installation hors cadre familial plus difficile d'autant que le bâti libre intéresse citadins et ruraux non agricoles", relève la FNSafer.

       Vers une agriculture de capitaux

Surtout, le mouvement vers une agriculture de capitaux continue à s'amplifier. Si les personnes physiques agricoles captent encore plus de 60% du marché en nombre et en surface, leurs acquisitions déclinent depuis 1999. "A l'inverse, les personnes morales agricoles ne cessent de renforcer leur part de marché : les sociétés d'exploitation agricole ont multiplié par 2,8 leurs achats depuis le milieu des années 1990 ; les GFA et SCI agricoles par 2,2", observe la FNSafer. Le double phénomène de croissance financière des exploitations agricoles et de développement des formes sociétaires des exploitations dans les secteurs les plus rentables la préoccupe tout particulièrement.
"Des transferts de parts de société s'opèrent aujourd'hui à des prix élevés dans certains cas, sans que l'on sache quels investisseurs se cachent derrière", souligne son président, Emmanuel Hyest. La viticulture et certaines productions animales (porcs, volailles) ont été les premières touchées mais d'autres secteurs sont désormais concernés comme l'élevage laitier. Ni les Safer, ni l'Etat, ni les collectivités ne sont informés lorsque s'opèrent ces transferts, dont les bénéficiaires peuvent être des investisseurs étrangers au monde agricole. "Nous avons alerté le précédent ministre de l'Agriculture ainsi que l'Association des régions de France et l'Assemblée des départements de France à ce sujet, ajoute le président de la FNSafer. Car pour les collectivités, le simple transfert de parts se traduit aussi par des pertes de recettes fiscales puisqu'il n'y a pas de droits de mutation à payer". La FNSafer plaide donc pour plus de transparence en réclamant que lui soient notifiés les transferts de parts de société incluant du foncier agricole.

      Fortes tensions sur les prix

Toujours plus convoité, le marché de l'espace rural a vu presque tous ses prix orientés à la hausse en 2011, a constaté la FNSafer. A 5.430 euros par hectare, le prix moyen des terres et prés libres a augmenté de 6%, celui des terres et prés loués (3.830 euros/ha) de 3,1%, celui des vignes AOC (99.400 euros/ha) de 4,7% et celui des forêts (3.960 euros/ha) de 10,8% incluant aussi bien le foncier productif (terres agricoles, forêts). Le prix des maisons à la campagne (173.000 euros/lot) a légèrement augmenté (+2,4%) tandis celui des espaces résidentiels et de loisirs non bâtis (48.100 euros/ha) a été le seul à reculer (-2,2%). Par contre, les terrains constructibles de moins de 1 ha acquis par des particuliers ont encore connu une nette hausse (+8%) à 33,8 euros/m2. En euros constants, le prix de ces derniers a été multiplié par 3,5 depuis 1997 pour une surface moyenne qui a diminué de plus de 30%. L'hectare de terrain à bâtir (338.000 euros en moyenne) est aujourd'hui 62 fois plus cher que l'hectare de terres et prés libres. Du fait de leurs difficultés budgétaires, les personnes publiques, et notamment les collectivités, ont été moins actives sur le marché du foncier rural. En revanche, les opérateurs privés qui étaient en retrait depuis 2008 ont fait leur retour.

     Une pression foncière urbaine toujours forte

Ces moyennes masquent naturellement des évolutions contrastées selon les régions. Le prix des terres et prés libres non bâtis dépend des productions agricoles et s'échelonne de 4.150 euros/ha dans les zones d'élevage à 6.000 euros/ha en moyenne dans les zones de grandes cultures. "Mais il subit également localement l'influence des acheteurs non agricoles, en particulier en région Paca où leur prix d'achat dépasse souvent le double du prix consenti par les agriculteurs", note la FNSafer. Quant aux prix des biens ruraux à vocation résidentielle, ils dépendent étroitement de la proximité des bassins d'emploi et des axes de transport ainsi que du cadre de vie (littoral, montagnes, qualité des paysages, du bâti, climat). Sur la période 2002-2011, les zones les plus soumises à la pression foncière urbaine restent les grandes métropoles régionales (Lyon, Lille, Toulouse, région parisienne…), la vallée du Rhône, les littoraux méditerranéen et atlantique et plus généralement le Grand Ouest. D'après l'enquête Teruti-Lucas du ministère de l'Agriculture, la consommation d'espaces agricoles et naturels pour l'urbanisation continue au rythme de 78.700 ha par an soit 25 m2 par seconde, sur la période 2006-2010.
La tendance au grignotage des terres agricoles, principalement due à l'habitat individuel, est donc encore loin d'être enrayée même si la FNSafer constate une meilleure prise de conscience du phénomène. "Les commissions départementales de consommation de l'espace agricole ont une influence positive, bien qu'elles n'aient qu'un avis consultatif, estime Emmanuel Hyest. Quand les collectivités locales mettent en place des documents d'urbanisme, elles font aussi plus attention à la consommation de l'espace agricole et à la qualité de cet espace." La FNSafer entend d'ailleurs travailler davantage avec les élus pour les aider à faire face à la pression foncière. Une collectivité sur six a aujourd'hui souscrit à son service Vigifoncier.fr qui permet de suivre le marché foncier rural en direct, et donc de l'infléchir, et de mieux connaître les dynamiques à l'œuvre dans les territoires.

Anne Lenormand. Publié le mercredi 30 mai 2012 par localtis

http://www.localtis.info/cs/ContentServer?pagename=Localtis/LOCActu/ArticleActualite&cid=1250263761055

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30 mai 2012 3 30 /05 /mai /2012 10:07

Du nouveau dans le cadre des aides à la filière bio : une nouvelle catégorie d'aide aux "landes parcours et estives" a été instaurée pour 2012.

Elles'élève à 25 euros par hectare pour les surfaces en maintien (SAB-C) et à 50 euros pour les surfaces en conversion (SAB-C), indique une circulaire du ministère de l'Agriculture du 2 mai. Pour être éligibles, les surfaces en conversion doivent être utilisées pour le pâturage d'animaux, mais elles ne sont pas conditionnées à un nombre d'animaux ("taux de chargement") comme le sont les prairies permanentes ou temporaires en conversion.
Autre nouveauté de la campagne 2012 : pour pouvoir bénéficier des aides à la conversion, il faudra prouver être dans cette démarche depuis moins de deux ans et non d'un an comme auparavant. Cette année, la date de conversion devra donc être comprise entre le 16 mai 2010 et le 15 mai 2012. Toutefois, les exploitations qui ont fait l'objet d'un premier engagement annuel en 2010 au titre d'une mesure agroenvironnementale "conversion à l'agriculture biologique" restent éligibles. L'aide à la conversion continuera d'être versée pendant cinq ans.
La circulaire précise par ailleurs que la notification auprès de l'Agence bio reste obligatoire pour l'exploitant en cours de conversion, mais que cette notification ne constitue plus un critère d'éligibilité.
Au total, une enveloppe de 50 millions d'euros est prévue en 2012 pour le volet maintien et de 44 millions d'euros pour les exploitations en conversion.
Les aides bio peuvent être cumulées avec un crédit d'impôt mais à une condition, rappelle le texte : le cumul des deux aides ne doit pas excéder 4.000 euros. Dans le cas d'un groupement d'agriculteurs (Gaec), le plafond est multiplié par le nombre d'associé dans la limite de trois. Pour pouvoir bénéficier du crédit d'impôt, 40% au moins des recettes de l'exploitation doivent provenir de l'agriculture biologique.

Michel Tendil, publié le mardi 15 mai 2012 par localtis

http://www.localtis.info/cs/ContentServer?pagename=Localtis/LOCActu/ArticleActualite&jid=1250263698987&cid=1250263696930

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2 mai 2012 3 02 /05 /mai /2012 10:00

afficheCCenSeine

 

 

Dans le cadre du "Printemps pour une économie équitable", l’association Consom’Solidaire organise la deuxième édition des « Rencontres des circuits courts alimentaires », le dimanche 13 mai 2012, de 10 h 30 à 20 h, sur la péniche Alternat, amarrée près du port de Tolbiac dans le 13earrondissement de Paris.

 Producteurs en agriculture biologique, structures associatives et coopératives, amaps parisiennes, jardinier(ère)s et alter-consommateur(rice)s, grand public, sont invités à se rencontrer au cours de ces rencontres agriculturelles, afin d’échanger sur les enjeux actuels des circuits courts alimentaires. Cet événement fédère et met en scène les divers réseaux de distribution alimentaire alternatifs, dans le cadre de tables rondes publiques, d'une projections et une présentation de livre.

Des tables de presse et de présentation des différents partenaires associatifs permettront d'informer des enjeux autour des réseaux de circuits courts alimentaires. Un pique-nique paysan accompagné de dégustations de produits issus de l’agriculture biologique, des animations musicales aux accents de folk, de jazz viendront agrémenter! Vous êtes invité(e)s à venir avec vos plantes, semis pour les échanger à l'occasion de la bourse aux plantes...Venez échanger avec nous !

Programme des « Courts-Circuits en Seine » 2012

Dimanche 13 mai 2012 de 10 h 30 à 20 h,

sur la péniche “Alternat” près du pont de Tolbiac

(métro BNF ou Quai de la gare) Paris 13e

Débats, piquenique, projection et concerts.

Programme

10 h 30. Accueil des participants.

Introduction générale.

11 h. Table ronde 1. Quel revenu pour les paysans? Comment faire vivre les circuits

courts ? Des bénévoles jusqu’à quand ?

12 h 30 à 14 h. Pause déjeuner agrimusicale.

14 h. Dessinemoi un paysage bio, documentaire.

14 h 30. Préservation des semences et luttes foncières, exposé.

15 h. Avancées et dérives de l’agriculture biologique, débat autour d’un livre.

16 h. Goûter musical

16 h 30. Table ronde 2. Manger bio et local à la cantine.

Table ronde 3. Enjeux politiques et avenir des circuits courts.

18 h. Synthèse des débats.

18 h 30. Apéritif musical.

Et toute la journée, buvette et cassecroûte préparés à partir des produits bio de nos paysans. Mais aussi stands des partenaires, bourse d’échange de plantes, signatures de livres, etc.

Programmation musicale : Les Mauvaises Herbes (chanson folk et punk à caniche),

Malowad's (jazz manouche) et un orchestre de bal animeront la journée avec leur musique endiablée.

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17 avril 2012 2 17 /04 /avril /2012 09:37

À en croire les premiers résultats de l'enquête Agrican, communiqués en septembre dernier, il n'ya pas lieude s'inquiéter de la nocivité des pesticides utilisés depuis un demi-siècle.…enquête cofinancée par MoBayer, BASF, Montesanto…

S'appuyant sur quelques cas et témoignages de cultivateurs décidés à rompre la loi du silence, "La mort est dans le pré" dénonce avec conviction un scandale sanitaire annoncé

SYNOPSIS :

Un agriculteur de 47 ans, atteint d'un cancer, s'exprime : «Quand on découvrira toute la vérité sur les dangers des pesticides, ce sera un scandale pire que celui du sang contaminé». Des centaines d'agriculteurs sont victimes des produits phytosanitaires, jusqu'à récemment présentés comme «anodins». Ils les ont utilisés pendant des années, jusqu'au jour où les maux de tête, la fatigue, les comas successifs les ont conduits à l'hôpital. Une épidémie de cancers et autre maladie de Parkinson liés aux pesticides apparaît au grand jour. Ce documentaire est une immersion auprès d'agriculteurs atteints de maladies mortelles.

DIFFUSIONS DE "LA MORT EST DANS LE PRÉ", documentaire d'Éric Guéret,

                    : mardi 17/04/2012 à 22:40 sur France 2, inédit "en clair"

rediffusion : vendredi 20/04/2012 à 01:20 sur France 2

info prise dans Télérama n° 3248, article p.108

http://television.telerama.fr/tele/grille.php

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13 avril 2012 5 13 /04 /avril /2012 10:22

Ces associations organisent la vente directe du producteur au consommateur pour défendre l'agriculture paysanne : même Le Monde en parle !!!

Une tasse de café à la main, sourire aux lèvres, Vivien Lamouret, trentenaire, décrit son métier de maraîcher qu'il aime tant. Il est installé à Mareil-sur-Mauldre (Yvelines) et écoule tous ses légumes biologiques en passant par un circuit " court " : celui des Associations pour le maintien d'une agriculture paysanne (AMAP).

Les AMAP permettent à un consommateur de rencontrer directement un producteur. Le premier s'engage, plusieurs mois à l'avance, à acheter un panier hebdomadaire au second. Vivien Lamouret travaille avec deux AMAP, dans lesquelles les consommateurs paient vingt paniers d'avance. " C'est un vrai confort. Je peux prévoir mes revenus sur plusieurs mois avant d'écouler mes produits ", explique-t-il. Il s'est lancé dans ce circuit en 2005.

Dans ses 1 200 m2 de serres, la terre bien lisse laisse percer quelques petites têtes vertes, autant de carottes, salades ou épinards en devenir. En ce moment, il consacre ses journées à préparer la production de l'été prochain. " Le matin, j'ouvre les serres pour les aérer. Puis vient l'arrosage. Ensuite, je n'ai pas de vrai programme. Aujourd'hui, j'ai prévu de repiquer des plants, de dédoubler des rhubarbes, de passer la binette à roue pour désherber entre les serres... Mais il m'arrive de ne pas avoir le temps de tout faire. " En pleine saison, ses semaines de travail atteignent 60 ou 70 heures.

Père d'une petite fille de 2 ans, il ne souhaite pas, pour le moment, étendre sa production. " Je n'aurais plus de temps pour ma famille. Et si je voulais grandir, je devrais embaucher quelqu'un. Dans l'immédiat, je préfère ne pas prendre cette responsabilité. " S'agrandir signifierait aussi, pour lui, " perdre le contact avec ses consommateurs ". " On se connaît depuis longtemps. Certains sont même devenus des amis. " Le maraîcher livre ses produits dans ses AMAP chaque semaine.

Depuis que le phénomène des AMAP s'est installé en France en 2001, le succès ne se dément pas. Il y en aurait aujourd'hui près de 1 600, livrant régulièrement 66 000 paniers à 270 000 consommateurs. Des adeptes répartis sur tout le territoire : les " locavores ", désireux de déguster des légumes de saison de qualité produits près de chez eux, ne sont pas nécessairement citadins. Ni parisiens. L'initiative a débuté en Provence avant d'essaimer.

Depuis un peu plus de deux ans, les AMAP ont décidé de se structurer nationalement avec la création de Miramap, le mouvement interrégional des AMAP. Une manière de défendre leur singularité, décrite dans une charte qui revendique une agriculture pas obligatoirement certifiée bio, mais sans pesticides, sans engrais chimiques et sans organismes génétiquement modifiés (OGM).

Les consommateurs, appelés AMAPiens, préfèrent aussi constituer des groupes à la taille limitée. " Nous distribuons 60 paniers par semaine. Pour garder l'esprit de proximité, on ne veut pas être plus nombreux. Il est déjà difficile de tous se connaître ", confirme Charles Brossolet, responsable de l'AMAP Les Lapereaux des Thermopyles, située dans le 14e arrondissement de Paris. Pour faire face à l'engouement, d'autres groupes ont dû se former dans le quartier, reconnaît le jeune homme.

Les agriculteurs ont du mal à satisfaire une demande croissante. Christine Aubry, agronome à l'Institut national de la recherche agronomique (INRA), a identifié en France " 265 groupes prêts à former une AMAP, mais qui n'ont pas trouvé de producteurs ".

François Pelatan, qui a contribué à développer la démarche dans le Sud-Ouest, reconnaît par ailleurs quelques accidents de parcours. " Parfois, les consommateurs sont un petit peu trop exigeants par rapport à des producteurs qui démarrent ", explique-t-il. A Vitrolles, dans les Bouches-du-Rhône, Jean-Jacques Anglade se souvient aussi de débuts difficiles : " Nous avons eu 40 % de départs la première année. Ces personnes voulaient consommer bio à un prix correct et n'étaient pas dans l'idée militante de maintenir une agriculture paysanne. D'autres les ont remplacées. " Aujourd'hui, le groupement compte 80 adhérents. Ils paient 23 euros pour un grand panier ou 13 euros le petit. Ces AMAPiens ne se contentent pas d'un abonnement chez un maraîcher. Ils ont aussi noué des partenariats avec des producteurs de fruits, de miel, d'oeufs, de viande ou de farine bio.

Les AMAP doivent par ailleurs compter avec une concurrence qui se développe : multiplication des magasins bio, rayons spécialisés dans les grandes surfaces. Même la SNCF s'est lancée dans la distribution de paniers... Industriels et distributeurs multiplient les références aux producteurs locaux pour tenter de labelliser l'origine de leur offre. " Mais les magasins bio importent beaucoup de leurs produits. Certaines offres de paniers ne correspondent pas aux exigences de l'agriculture paysanne. Et les fournisseurs bio de la grande distribution sont souvent en monoproduction ", souligne M. Anglade.

Au milieu de ses serres, Vivien Lamouret ne craint pas de mettre en avant sa sincérité. "J'aime la terre, et je la respecte ", glisse-t-il. Dans le pré d'à côté, il vient de planter quelques arbres fruitiers, histoire de diversifier encore plus le panier de ses AMAPiens.

Pauline Curtet et Laurence Girard, publié dans Le Monde daté du 3 avril 2012Logo-Le-Monde-N-B-.jpg

 

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5 avril 2012 4 05 /04 /avril /2012 09:27

La fin programmée des droits de plantation des vignes, qui doit intervenir au plus tard en 2018, suscite la colère des vignerons et élus des régions viticoles. Rassemblés autour d'un "Appel de Dijon", ils entendent porter le débat à Bruxelles et inciter l'Union européenne à faire machine arrière.

Le front anti-libéralisation des vignes ne faiblit pas. Déjà quinze pays font cause communes autour de la France, de l'Italie du Portugal et de l'Espagne pour sauver les droits de plantation. Derniers ralliements en date : la Bulgarie et la Finlande (en contrepartie d'une augmentation des quotas de sucre). L'enjeu de cette forte mobilisation est de pousser la Commission à revenir sur une réforme de 2008, dite "OCM Vin". L'Union européenne avait alors prévu de libéraliser le marché en mettant fin aux restrictions sur les plantations en 2015, ou au plus tard en 2018 pour les pays souhaitant mettre en place une sortie progressive. Au delà, chaque producteur pourra planter ce qu'il souhaite, là où bon lui semble, notamment en plaine. Mais pour faire machine arrière, il faut obtenir une majorité de 14 Etats membres et 255 voix. Aujourd'hui, compte tenu des derniers ralliements, il manquerait 33 voix. "Il suffirait que la Pologne [qui compte 27 voix, ndlr] et un pays du nord se joignent à nous, je reste très confiant", indique à Localtis François Patriat, le président du conseil régional de Bourgogne, à l'initiative de l'Appel de Dijon signé le 16 mars par 80 élus et professionnels des régions viticoles françaises pour dire "non" à la réforme.
En 2008, la France et son ministre de l'époque, Michel Barnier, étaient les seuls à émettre des conditions à la libéralisation et avaient demandé un rapport d'étape. Mais les pays producteurs étaient passés à côté de l'enjeu. Depuis, Bruno Le Maire a repris le dossier en main et en a fait une priorité. "La France ne cédera pas tant qu’elle n’aura pas eu gain de cause", a-t-il déclaré le 19 mars au parlement européen lors d'un débat organisé par le PPE.

     Vins de qualité

Car la libéralisation signifierait pour la France un changement radical dans son mode de production qui repose sur les célèbres AOC (appellation d'origine contrôlée) et privilégie les coteaux. "C'est ce qui a donné la spécificité des vins méditerranéens, on a maîtrisé la production pour faire des vins de qualité", souligne l'ancien ministre de l'Agriculture, François Patriat. Les signataires de l'Appel de Dijon font ainsi valoir que la dérégulation totale du marché provoquerait "une baisse de la qualité des vins, de nombreuses pertes d’emplois, une raréfaction des exploitations familiales par un phénomène de concentration, une dégradation des paysages et une disparition probable des terroirs qui font la typicité et la richesse de l’activité viticole en France et en Europe".
La Commission ne voit pas les choses de la même manière. Il s'agit pour elle de se caler sur les nouveaux pays producteurs partis à l'assaut du marché mondial avec les fameux "vins du nouveau monde". Très peu de contraintes administratives, de vastes plaines plantées de cépages uniques (cabernet, merlot, etc.) facilement identifiés par le public : le succès économique n'a pas tardé à venir. "La tendance des opérateurs est de faire du volume. Mais partout où l'on a supprimé les droits de plantation, ça a été un échec. En Australie, on a par exemple une surproduction de vin blanc avec des bouteilles vendues à un euro", tempère pourtant François Patriat. Alors que 97% de la production européenne est concentrée dans 13 pays, les Etats du nord de l'Europe sont peu sensibles à ces arguments. La Grande-Bretagne, qui souhaiterait s'immiscer dans le cercle des pays producteurs, fait même valoir que le maintien des droits de plantation l'empêcherait de se doter d'une production concurrentielle.

    Arrachages

Les opposants à la libéralisation ont un autre argument à faire valoir : les pertes de parts de marchés des pays européens n'ont pas de lien avec les droits de plantation mais avec un problème d'identification et de commercialisation."Les producteurs européens continuent à proposer des vins de caractère, parfois des vins d'assemblage, que les Français appellent aussi - même s'il vaut mieux éviter l'expression, intraduisible en Europe - des vins de terroir, au risque d'un embrouillamini destructeur pour les producteurs eux-mêmes", soulignait ainsi le Sénat, en février 2011, dans une proposition de résolution européenne sur le régime des droits de plantation de vigne.
La réforme a d'autant plus de mal à passer que, pour assainir le marché avant de le libéraliser, la Commission a soutenu de vastes campagnes d'arrachages. Entre 2008 et 2011, 160.550 hectares ont été arrachés en Europe, soit 4% du vignoble, selon France Agrimer. En France, 3% du vignoble ont été effacés. A elle seule, la région Languedoc-Roussillon représente 70% des arrachages en France. Les autres régions les plus touchées sont l'Aquitaine, Midi-Pyrénées Rhône-Alpes et Paca. "En Bourgogne, on s'en sort bien, on a supprimé que ce qui n'était pas AOC", explique François Patriat.
La fronde anti-libéralisation transcende les clivages politiques. Le Sénat et l'Assemblée ont chacun pris position contre la réforme. Les signataires de l'Appel de Dijon entendent aujourd'hui "amplifier la mobilisation en France et en Europe" et organiser une "grande manifestation d'envergure européenne à Bruxelles à l'automne 2012". Parallèlement, l'Association nationale des élus de la vigne et du vin (Anev) a déposé une délibération adoptée par 1.800 communes au commissaire à l'Agriculture, Dacian Ciolos, et au président du parlement européen,Martin Schultz. "Dacian Ciolos m'a expliqué qu'il n'était pas contre une nouvelle régulation, mais il reste à savoir laquelle", indique le député UMP de la Marne Philippe Martin, coprésident de l'Anev.
Au sein de la Commission, les lignes commencent à bouger en effet. En début d'année, le commissaire à l'Agriculture a installé un "groupe d'experts de haut niveau" pour débattre de ce sujet. La réforme de la PAC qui doit intervenir avant la fin de l'année pourrait offrir une nouvelle fenêtre de tir. Le texte actuel, présenté par la Commission en octobre 2011, écarte le secteur du vin. Mais le parlement européen, colégislateur depuis le traité de Lisbonne, a déjà fait savoir à travers le rapport Dess qu'il était opposé à la libéralisation. C'est au Français Michel Dantin qu'il reviendra de déposer un amendement visant à réintroduire un outil de régulation. Il restera alors à faire basculer le Conseil. Ce que permettrait, en plus de la Pologne, une adhésion de la Belgique.

Michel Tendil. Publié le jeudi 29 mars 2012 par localtis

http://www.localtis.info/cs/ContentServer?pagename=Localtis/LOCActu/ArticleActualite&cid=1250263471137&jid=1250263472722

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9 mars 2012 5 09 /03 /mars /2012 09:54

Reportage – Ils sont déjà ruraux ou anciens citadins. Exploitants agricoles, ils n'utilisent ni engrais ni pesticides. Au moment où le Salon de l'agriculture attire les foules, ces nouveaux paysans restent minoritaires. Par Camille Labro / Photos Antoine Agoudjian (je ne sais pas les mettre sur le blog. que celui qui peut m'apprendre le fasse)

Le pays est immobilisé sous la neige, et Jean-Luc Desplat piaffe d'impatience. Il doit aller se promener en forêt. " La nature qui reprend ses droits, c'est magnifique ! ", exulte-t-il. Fils d'agriculteurs productivistes en Touraine, il est "né dans les produits phytosanitaires (...) Mon père fut l'un des premiers de la région à introduire des maïs hybrides, ma mère élevait des poules pondeuses en cage. Elle en a eu jusqu'à 40 000. " Sur les 50 hectares de Dolus-le-Sec (Indre-et-Loire) dont il a hérité, qu'il a patiemment soignés et replantés, le paysan boulanger fait désormais pousser des variétés anciennes de froment, du trèfle, des tournesols, sans aucun intrant (apport) chimique. De ses blés qu'il écrase, il fait des miches de pain bio. Il s'est construit une maison écologique et circulaire, avec murs de paille et toilettes sèches. On est loin des exploitations ultramodernes mises en avant au Salon de l'agriculture.

Depuis quelques années, les campagnes voient apparaître des agriculteurs d'un nouveau genre. Préférant au terme d'exploitant agricole celui de paysan, ces hommes et ces femmes ont décidé de tourner le dos au modèle productiviste issu de la révolution verte des années 1960, sans pour autant jeter la pierre à leurs aînés " Mes parents ont vécu leur époque en toute sincérité, raconte Jean-Luc Desplat. Dans les années 1970, les produits chimiques, c'était magique, cela représentait un soulagement immense pour les agriculteurs ; et on n'avait aucune idée des contreparties néfastes. Je reproduis le modèle de mes parents, dans le sens où j'essaie de répondre aux questions de mon époque. "

Et l'époque de Jean-Luc Desplat est tout autre. Un malaise a gagné les campagnes. Les villages sont désertés. Les petits domaines agricoles disparaissent (plus de 20 000 fermes mettent la clé sous la porte chaque année), phagocytés par les grandes exploitations mécanisées. Perdus dans la spirale des marchés internationaux et la dépendance aux pesticides et aux engrais chimiques, soutenus par des subventions-béquilles, certains agriculteurs sont en plein désarroi. " Au quotidien, témoigne Desplat, les agriculteurs se plaignent énormément, se sentent victimes, la solitude est terrible, le taux de suicide est élevé [trois fois plus que chez les cadres, selon une enquête de l'Institut de veille sanitaire publiée en 2010]. " Pour réinsuffler de la vie dans sa campagne et des " espaces d'échange entre les communautés ", Jean-Luc Desplat loue une partie de ses terres à de jeunes agriculteurs en maraîchage bio ou petit élevage. " Il est toujours possible de lâcher un, deux ou dix hectares pour aider un jeune qui veut s'installer. Lorsque j'ai suggéré l'idée à la FNSEA [syndicat majoritaire des agriculteurs français], ils n'y avaient tout simplement pas pensé. " Desplat fait partie de ces paysans- qui ont choisi de faire autrement, repensant leur fonction au sein de la société pour réenchanter un métier qui est aussi un mode de vie.

A quelques kilomètres de Dolus, sur un plateau " saccagé " qu'il a mis plusieurs années à réhabiliter, Xavier Mathias a installé son " champ de pagaille " - deux hectares où il cultive, en bio non labellisé, des centaines de variétés de légumes étranges qui ne figurent pas au catalogue officiel. Ail rocambole, hélianthes, pois de coeur, haricots ying yang ou poires de terre... Ses graines, il les déniche par le réseau Semences paysannes ou chez Kokopelli, qui revendiquent le droit aux semences libres. Comme d'autres, il n'a que faire des réglementations restrictives sur les semences : " On ne va quand même pas nous mettre en prison pour ça ! ", feint-il de s'insurger.

Esprit libre, auteur d'articles et d'ouvrages potagers, Xavier Mathias vend ses incroyables légumes à quelques magasins et restaurants locaux, mais aussi aux chefs parisiens à travers des circuits comme Terroirs d'avenir. Chaque printemps, il organise des journées portes ouvertes, où il vend des centaines de plants à des particuliers, pour propager ses trouvailles. " Ce que je fais, ce n'est pas compliqué, tout le monde peut le cultiver dans son jardin ou sur son balcon. " Xavier Mathias et sa famille, trois enfants et une épouse institutrice, vivent aujourd'hui, modestement, de la production de leur ferme, sans subvention. " J'ai eu des aides locales pour construire mon bâtiment, explique-t-il, mais je n'ai pas voulu de l'aide à l'installation des jeunes agriculteurs : ce type de subventions ne soutient pas l'agriculture, cela ne fait qu'injecter de l'argent dans le système... J'ai refusé de mettre le doigt dans l'engrenage. "

Bien qu'il soit cerné de vastes et mornes champs de céréales, Xavier Mathias se dit confiant : " Mine de rien, les petites exploitations "farfelues", sans aide ni emprunt, ça tient le choc. Parmi les collègues qui privilégient le bio et la vente directe, j'en vois beaucoup qui peinent, mais pas qui ferment ! " Solides comme des roseaux, ces nouveaux paysans sont souvent mal vus par les agriculteurs conventionnels qui les entourent.

Or, il est aussi de grosses exploitations qui prouvent qu'on peut faire différemment. Philippe Fourmet, petit-fils d'agriculteurs de la Meuse, près de Verdun, applique le changement à grande échelle. En dix ans, cet ex-conventionnel a tourné le dos aux pesticides et au labour intensif, pour faire passer ses 380 hectares de cultures céréalières en biodynamie. Il soigne et nourrit désormais ses cultures à l'aide de traitements naturels microdosés, prouvant à ses voisins dubitatifs que le " changement est possible, même sur de grandes surfaces ". Certes, son rendement est moindre. Mais ses coûts le sont aussi, puisqu'il ne dépense plus rien en intrants chimiques. Il ne gagne pas moins d'argent. Ce qui fait vraiment la différence pour lui, c'est qu'il ne " détruit plus le paysage ", mais qu'il participe, aujourd'hui, à le recréer. Il a, par la même occasion, réappris à aimer son métier. " Je suis un paysan heureux, même si c'est énormément de travail, confie-t-il. Je peux répondre aux quatre questions fondamentales de l'humain : qui suis-je ? où vais-je ? pourquoi et comment j'y vais ? Je vous défie de trouver un exploitant agricole conventionnel qui puisse répondre à ces questions... " Philippe Fourmet est convaincu que, pour changer, il faut d'abord prendre du recul. " Une profonde réforme de la pensée est nécessaire, affirme-t-il. Jadis, le paysan était peut-être rustre et inculte, mais il possédait plein de bon sens. Aujourd'hui, les jeunes agriculteurs sortent des écoles la tête farcie d'idées mauvaises sur les lois de la nature. On n'envisage plus, par exemple, qu'une plante puisse pousser sans engrais ! "

Si le virage opéré par Philippe Fourmet éveille plutôt la curiosité de ses collègues, l'arrivée de Charlotte de Clerck à Miré (Maine-et-Loire) a fait frémir dans les chaumières. Fille d'aristocrates et de propriétaires terriens, elle était psychologue du travail à Paris. Qu'elle décide de retaper le corps de ferme et de s'installer sur les terres familiales, passe encore. Mais lorsqu'elle a choisi, en 2006, de s'en occuper elle-même (les terres étaient louées à un exploitant agricole), ce fut le tollé général. " J'étais la méchante bourgeoise qui leur prenait leur dû, je me suis mis tout le village à dos, raconte-t-elle. Sous prétexte que j'ai eu quelques chardons, on m'a menacée de m'expulser et de m'imposer un agriculteur... La seule solution était de devenir agricultrice à part entière, et je me suis lancée dans l'agroforesterie. "

Depuis, Charlotte de Clerck plante des frênes, alisiers et érables par milliers, sur ses 60 hectares de cultures (blé, tournesol, colza) qu'elle convertit progressivement en bio. " Je plante un arbre tous les mètres, explique-t-elle. Certains pour faire du bois raméal fragmenté [BRF, une technique qui permet de protéger et d'enrichir les sols], d'autres pour faire du bois d'oeuvre, pour les générations futures. " Pour rien au monde, cette néorurale de 35 ans, mère de deux enfants, ne retournerait à la ville. Même si ses voisins la guettent en attendant qu'elle " tombe de [sa] branche ". Paysanne par passion et bosseuse acharnée, elle a choisi la voie durable et se dit persuadée que " les changements dans l'agriculture viendront de la ville ". Des " nouveaux paysans " comme elle, sans doute, qui portent un regard neuf sur la terre, mais aussi des consommateurs urbains. " L'agriculture changera quand les Français auront compris- qu'en se nourrissant, ils font des choix cruciaux ", assure Philippe Fourmet. Pour que l'agriculteur comprenne ce qu'il fait et que le consommateur -comprenne ce qu'il mange, il faut, renchérit Jean-Luc Desplat, " réinstaurer le dialogue entre la ville et la campagne ".

C'est ce qu'ont fait Denise et Daniel Vuillon, producteurs prolifiques de la région varoise, lorsqu'ils ont imaginé, en 2001, un système de ventes directes inspiré des CSA américaines (Community Supported Agriculture) et créé la première Association pour le maintien de l'agriculture paysanne (AMAP). Véritable partenariat entre un agriculteur et un groupe de consommateurs locaux, qui s'engagent à acheter les " paniers " hebdomadaires de la ferme, l'AMAP assure prix justes, produits de qualité et rapports humains introuvables au supermarché. " L'AMAP nous apporte une grande sérénité et une reconnaissance de notre métier, affirme Denise Vuillon. C'est un modèle viable et durable. " 6 000 paysans (soit 2 % des exploitations agricoles) fonctionnent aujourd'hui en AMAP et 1 % des consommateurs français s'y approvisionne en fruits et légumes. D'autres initiatives mûrissent, tel le nouveau réseau La Ruche qui dit oui. Fédérant plusieurs producteurs et " consom'acteurs " en ventes directes, il compte déjà 450 ruches en France.

A la ferme du Bec Hellouin, ce froid jeudi de février, les " amapiens " sont venus malgré les routes enneigées. Dans leurs paniers, betteraves, vitelottes, topinambours, échalotes, courge et bouteille de cidre. Malgré cette récolte hivernale un peu maigre, ils repartent heureux. Car un passage dans la ferme de Charles et Perrine Hervé-Gruyer vous met forcément en joie. " C'est une aventure passionnante et éreintante ", confie Charles Hervé-Gruyer à propos de son activité. Elle juriste internationale, lui ancien marin et réalisateur de documentaires qui a " toujours rêvé d'être paysan- ", Charles et Perrine ont tout quitté pour s'installer en Normandie en 2003. Avec leur capital personnel, ils ont racheté une longère au toit de chaume et aménagé leur ferme biologique " à l'instinct ". Quatre ans plus tard, ils découvraient la permaculture, une approche "systémique " peu connue en Europe, qui s'inspire de la nature pour créer des espaces comme des écosystèmes, harmonieux et fonctionnels. Habitée d'animaux, traversée de ruisseaux et de petites plages " pour les enfants ", parsemées d'îlots, de vallons et d'arbres, la ferme du Bec Hellouin est aussi paradisiaque que poétique. Forêt-jardin, cultures sur butte, potager mandala (en cercles concentriques), les biotopes se complètent et se répondent. " A la belle saison, jubile Charles Hervé-Gruyer, c'est bourré de plantes aromatiques et médicinales, de fleurs, de papillons, d'oiseaux, de carpes, d'écrevisses... Pas besoin de se forcer pour aller au boulot ! "

Charles et Perrine, qui se sont aussi inspirés du jardinage à la japonaise et des travaux de l'agriculteur américain Eliot Coleman, peuvent se targuer d'une productivité étonnante : " La moyenne de paniers AMAP pour une ferme bio classique, c'est 40 par hectare. Nous arrivons à faire plus de 100 paniers par semaine sur un demi-hectare. " Ces résultats ont attiré plus d'un expert sur place, y compris leurs maîtres à penser, de l'agro-écologiste Pierre Rabhi à Philippe Desbrosses, père du label AB, ou l'ingénieur agronome Marc Dufumier (Agro Paris Tech). Tant et si bien que les Hervé-Gruyer viennent d'ouvrir un centre de formation théorique et pratique (" pour tous ceux qui rêvent de changer de vie ") et se sont associés à l'INRA (Institut national de recherche agronomique) afin d'étudier si "une micro-agriculture manuelle intensive, de haute qualité environnementale, peut devenir une vraie solution alternative et générer un emploi par hectare, voire plus " (l'agriculture conventionnelle emploie actuellement trois personnes pour 100 hectares).

Création d'emplois, qualité de vie, alimentation saine et abondante, qualité de l'environnement : conçue par deux néo-ruraux rêveurs, la ferme du Bec Hellouin est une magnifique promesse d'avenir. " Jamais nous n'aurions imaginé qu'en nous lançant dans l'agriculture, nous serions amenés à aborder tant de questions, confie Perrine Hervé-Gruyer. Au début, nous voulions juste renouer avec la terre... Mais c'est aussi cela, aujourd'hui, être paysan. "

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http://www.lemonde.fr/m/article/2012/02/24/les-revolutionnaires-de-la-terre_1647597_1575563.html#xtor=EPR-32280513-[NL_M_le_magazine_du_monde]-20120224-[titres_haut]

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2 mars 2012 5 02 /03 /mars /2012 11:49

C'est en Rhône-Alpes que le premier plan régional de l'agriculture durable (Prad) vient d'être approuvé par le préfet Jean-François Carenco.

Faisant suite à la loi de modernisation de l'agriculture et de la pêche (LMAP) de juillet 2010, le décret du 16 mai 2011 dispose que le Prad "fixe les grandes orientations de la politique agricole, agroalimentaire et agro-industrielle de l'Etat dans la région en tenant compte des spécificités des territoires ainsi que de l'ensemble des enjeux économiques, sociaux et environnementaux".

Dépourvu de portée normative, ce document est propre à chaque région et comprend un diagnostic, des orientations stratégiques, des actions et des indicateurs de suivi. Il prend en compte les autres plans régionaux, comme le schéma régional du climat, de l'air et de l'énergie (SRCAE). Conduit par le préfet de région, ce plan a été élaboré en 2011 avec les collectivités territoriales, chambres d'agriculture, syndicats professionnels, représentants des industries agro-alimentaires, associations de protection de l'environnement, recherche, etc. Le public a pu également le consulter et formuler ses observations durant deux mois.
Ce plan se décline autour de quatre enjeux en 20 objectifs et 52 actions qui sont définis pour une période de sept ans. Ce document d'une trentaine de pages vise par exemple à préserver les terres agricoles et à promouvoir les économies d'eau et d'énergie, ainsi que les énergies renouvelables. Le Prad rhônalpin souhaite également "développer et valoriser les signes de qualité, notamment l'agriculture biologique", "concourir à la qualité de l'eau en améliorant les pratiques" et "soutenir les systèmes de production et les projets territoriaux favorables à la préservation de la biodiversité et des milieux naturels".
D'autres régions se sont engagées dans la phase de rédaction de leur Prad. En Haute-Normandie, ce plan est en phase de rédaction. Il doit y être mis en consultation en septembre prochain en vue d'une approbation par arrêté préfectoral en novembre.

Sylvie Luneau / Victoires-Editions, Publié le jeudi 1 mars 2012 par localtis

consultez la version feuilletable du Prad Rhône Alpes : http://fr.calameo.com/read/000119781fa34ce425794

http://www.localtis.info/cs/ContentServer?pagename=Localtis/LOCActu/ArticleActualite&jid=1250263329289&cid=1250263326378

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25 février 2012 6 25 /02 /février /2012 10:15

Les élus de montagne sont sortis rassurés du Conseil national de la montagne qui s'est réuni le 31 janvier. Une réunion au cours de laquelle Bruno Le Maire a défendu la politique nationale de la montagne et plaidé pour une politique européenne spécifique dans le cadre de la PAC.

"Il y a nécessité absolue de garder une politique nationale de la montagne", a déclaré Bruno Le Maire à la sortie du Conseil national de la montagne (CNM) qui tenait sa deuxième réunion depuis 2009. Le ministre de l'Agriculture et de l'Aménagement du territoire a ainsi dissipé les craintes des élus manifestées à l'occasion de la publication en juillet 2011 d'un rapport de cinq inspecteurs généraux sur les 25 ans de la loi Montagne. Ce rapport formulait différents scénarios et semblait pencher en faveur d'un abandon du traitement spécifique des zones de montagne et de la politique de massifs au profit de politiques régionales. "Les comités de massifs seront pérennisés pour prendre en compte les particularités locales, mais il faut garder la dimension nationale de cette politique", a insisté le ministre.
"Nous sommes satisfaits de la proposition validée par le ministre d'une politique nationale de la montagne, c'est le scénario que nous souhaitions : que la montagne soit reconnue pour sa spécificité et non qu'elle soit diluée dans un contexte plus large de ruralité", se réjouit Vincent Descoeur, député du Cantal, représentant l'Association nationale des élus de la montagne (Anem) au sein du CNM.

       Politique européenne de la montagne

Bruno Le Maire a également plaidé pour une véritable politique européenne de la montagne, dans le cadre de la politique agricole commune post-2013, obéissant à des règles particulières. Cette idée avait été formulée par le député de la Lozère Jacques Blanc dans un rapport de mai 2011. "Il faut des crédits spécifiques, nous avons déjà sauvé les aides spécifiques aux zones de montagnes, alors que la proposition initiale prévoyait une réduction de 30% de l'ICHN [indemnité compensatoire de handicap naturel, ndlr]", a rappelé Bruno Le Maire.
Le CNM a par ailleurs avancé sur trois points : l'activité économique, l'accès au très haut débit et l'assouplissement des contraintes administratives.
En matière économique, le tourisme est en première ligne. Le conseil a retenu plusieurs pistes du rapport du député des Vosges François Vannson sur le développement des emplois dans les territoires de montagne, remis au ministre de l'Emploi Xavier Bertrand en novembre dernier, notamment la promotion des maisons des saisonniers, sortes de maisons de l'emploi destinées aux pluriactifs, ou la création d'un "comité de coordination interministériel" sur la saisonnalité et la pluriactivité en territoires de montagne, impliquant les trois ministères du Travail, du Tourisme et de l'Aménagement du territoire. "Il n'y a pas de tourisme sans activité économique, a toutefois tempéré Bruno Le Maire. Il faut une agriculture de montagne qui reste prospère."

     Très haut débit

Au sujet du très haut débit, là encore les zones de montagne mettent en avant leur spécificité. Sur les deux milliards d'euros prévus pour le déploiement du très haut débit dans le cadre du programme des investissements d'avenir, 900 millions d'euros doivent servir aux zones les moins denses au sein du guichet "réseaux d'initiative publique". "C'est amplement suffisant pour démarrer", a déclaré le ministre. Les projets de la Manche et des collectivités territoriales d’Auvergne (conseil régional et conseils généraux de l’Allier, du Cantal, de Haute-Loire et du Puy-de-Dôme) ont déjà reçu "l’accord préalable de principe de l’Etat pour un soutien de leurs projets dans la limite de 54 millions d’euros", indique le gouvernement, l'objectif étant que douze départements ou régions bénéficient de ce soutien en 2012. 
La question de la seconde phase se pose à présent. "Des décisions seront prises dans les prochaines semaines" pour trouver des moyens pérennes au nouveau fonds d'aménagement numérique du territoire, a assuré le ministre. "Il va falloir passer à la phase législative", demande en retour le député du Cantal, auteur d'une proposition de loi sur le sujet déposée à l'Assemblée cet automne.
Enfin troisième thème abordé : l'assouplissement des normes. "Quel que soit le territoire, les réactions sont de plus en plus vives", a témoigné le ministe, qui effectue en ce moment un tour de France de la ruralité. Bruno Le Maire a fait savoir qu'il y aurait des recoupements avec les propositions que le député de la Lozère Pierre Morel-A-L'Huissier doit formuler dans les tout prochains jours sur ce thème, "même si les zones de montagne ont leurs propres spécificités et ne doivent pas se confondre avec la ruralité". "L'élevage de montagne a un surcoût qui doit être pris en compte", a-t-il illustré.
Ce conseil a été l'occasion de prendre plusieurs autres décisions. Ainsi, la Datar remettra à l'été 2012 à la commission permanente du CNM plusieurs études sur l'avenir des stations de montagne, l'accès aux soins, le développement du haut et du très haut débit, etc. Les préfets coordonnateurs de bassin et de massif recevront par ailleurs des instructions sur "la mise en oeuvre prioritaire des schémas d'aménagement et de gestion des eaux (Sage) en montagne". Enfin, la région Rhône-Alpes fera l'objet en 2012 d'une expérimentation sur l'exploitation des forêts de montagne. Expérimentation qui aura vocation à être généralisée en 2014 dans le cadre du futur programme européen Feader.

Michel Tendil, publié le mardi 31 janvier 2012 par localtis

http://www.localtis.info/cs/ContentServer?pagename=Localtis/LOCActu/ArticleActualite&jid=1250263138579&cid=1250263131946

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21 janvier 2012 6 21 /01 /janvier /2012 10:05

Ce numéro de POUR s’inscrit dans un moment particulier : le temps du doute et de la réflexion traversent en ce moment le monde agricole. La situation des exploitations se dégrade ; la dérégulation des marchés, le renchérissement des matières premières et la réforme de la PAC génèrent de l’inquiétude et du désarroi.

Dans ce contexte, de plus en plus d’acteurs s’interrogent sur les modèles de développement adoptés en agriculture. La course en avant vers la poursuite de la modernité montre chaque jours ses limites, du local au global. Certains exploitants ayant investi dans des outils de production en suivant les consignes de l’appareil d’encadrement se trouvent parfois dans une situation de fragilité non anticipée.

Ces difficultés amènent  certains producteurs à penser autrement leur agriculture et leurs pratiques. Parfois isolés au départ, ils ont su, en s’appuyant sur des réseaux, partager leurs idées avec leurs pairs. Certains territoires  les ont accompagnés et ont mis  à leur disposition  des ressources qui ont permis à leurs initiatives de se développer localement. Ces alternatives émergentes se propagent et évoluent sans cesse. Ce numéro vise à comprendre et à recenser certaines de ces initiatives innovantes, à mieux cerner les individus et les réseaux qui les portent, et à renouveler l’analyse de l’innovation dans le champ de l’agriculture. Ce numéro s’organise en trois parties :

- La première tente de décrire comment se manifestent ces innovations dans les pratiques individuelles et collectives des agriculteurs. Quelles sont ces innovations et alternatives ? Quelle analyse les chercheurs développent-ils à leur propos ?  Quels sont les agriculteurs et les champs d’action concernés ? Quelles institutions s’engagent à leur côté ?

- Il est souvent reproché aux acteurs qui défendent ces innovations et alternatives, leur caractère individuel et non reproductible. Ceci nous amène à mettre l’accent, dans la seconde partie, sur les conditions à réunir pour favoriser l’extension de ces innovations, tant au niveau des territoires que des institutions qui les portent.

- La troisième partie aborde les évolutions plus globales des différentes formes de l’agriculture. Elles nous conduisent à revisiter des conceptions usuelles de la stratification du monde agricole.

Ces évolutions peuvent être accélérées ou au contraire inhibées en fonction des choix opérés en matière de répartition des financements publics. Au-delà des initiatives des agriculteurs innovants, toute politique agricole devrait « viser l’autonomie alimentaire et un emploi agricole important ». 

POUR, la revue trimestrielle du GREP, n° 212, Décembre 2011

Coordonné par Jean Pluvinage, Jean-François Le Clanche et Jean-François Ayats

 

Vous souhaitez en savoir plus ou commander la revue, ouvrez la pièce jointe (sommaire et bon de commande) ou consultez notre site www.grep.fr


Le GREP est né il y a 40 ans. Ses fondateurs, Edgard Pisani et Paul Harvois lui ont donné pour mission d’accompagner voire d’initier les mutations du monde rural et agricole par l’éducation permanente et la prospective.

Depuis 1965 la revue POUR se veut un outil à l’usage des formateurs et des praticiens, permettant la mise en commun d’expériences et de réflexions qui concernent des champs divers : formation permanente, production agricole et alimentaire, monde rural et environnement, développement local, sociologie des organisations, citoyenneté…

 

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