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7 octobre 2011 5 07 /10 /octobre /2011 09:42

Un appel à projets va être lancé cette semaine auprès des missions locales pour permettre l'accompagnement renforcé de 20.000 jeunes décrocheurs. Pour les missions locales, qui tenaient leur journée nationale à Saint-Denis, le 4 octobre, c'est une marque de "grande confiance", après un début d'année mouvementé.

L'année avait mal démarré pour les missions locales. Une circulaire du 19 janvier recentrait leur action sur l'insertion professionnelle et, surtout, les soumettait à une politique de résultats. Désormais, leur financement, fixé dans des conventions pluriannuelles d'objectifs (CPO), serait conditionné à leurs performances. Le tout dans un contexte de dégradation de l'emploi des jeunes - leur public cible -, premières victimes de la crise avec les seniors. L'objectif du gouvernement était de réduire les inégalités dans les taux d'insertion d'une mission locale à une autre : Xavier Bertrand, le ministre du Travail avait expliqué qu'ils variaient de 13% à 62% ! Mais pour les missions locales, il faut d'abord tenir compte du contexte local. "Le bras de fer sur les CPO s'est terminé [...] Nous avons résisté aux tendances lourdes qui voudraient faire de nous des prestataires", explique Jean-Patrick Gille, le président de l'Union nationale des missions locales (UNML) et député PS de l'Indre-et-Loire. Le dialogue entre la DGEFP (direction générale de l'emploi et de la formation professionnelle), auteur de la circulaire, le CNML (Conseil national des missions locales) et l'UNML a en effet porté ses fruits. En juillet dernier, une note a été distribuée à toutes les Direccte (le bras armé économique de l'Etat dans les territoires) pour qu'elles appliquent le texte avec souplesse. Depuis le 16 septembre, un groupe de travail a été chargé de réviser tous les indicateurs figurant dans l'annexe de la circulaire : éléments de contexte, indicateurs d'activités, indicateurs de résultats et indicateurs financiers.

    Maintien des crédits en 2012

"Tout cela a permis de calmer le jeu. A mi-parcours, nous sommes relativement satisfaits, avec la prise en compte de l'ensemble des jeunes et des éléments de contexte", se félicite Christelle Tavares, la directrice générale de l'UNML. L'autre sujet de satisfaction, c'est le maintien des crédits consacrés aux missions locales dans le budget 2012 de la mission Travail et emploi, alors que celle-ci, dans son ensemble, doit réduire la voilure de 15%. Or la contribution de l'Etat représente 40% du budget des missions locales, le reste provenant des collectivités.
De quoi aborder la journée nationale des missions locales qui s'est déroulée le 4 octobre à la Bourse du travail, à Saint-Denis, avec sérénité. Les 433 missions locales et les 39 permanences d'accueil, d'information et d'orientation veulent faire valoir leur rôle d'accompagnement global et territorial auprès des 1,3 million de jeunes qu'elles suivent chaque année. A ce titre, l'Accord national interprofessionnel (ANI) du 7 avril sur les décrocheurs signé entre l'Etat, les partenaires sociaux et les missions locales, doit être interprété comme la marque d'une "grande confiance", a estimé Jean-Patrick Gille. Et la journée du 4 octobre a été l'occasion de se préparer à la mise en route. "L'appel à projets est prêt. Il sera transmis dans les deux jours aux partenaires sociaux avant d'être diffusé via les Direccte, l'UNML, le CNML", a assuré Gabrielle Hoppé, à laDGEFP.
L'objectif : apporter un accompagnement renforcé (un peu sur le modèle des contrats de transition professionnelle pour les licenciés économiques) à 20.000 jeunes sortis du système scolaire sans diplôme (sur un total de 170.000). Chaque conseiller suivra 40 jeunes et ces derniers se verront proposer un contrat de six mois minimum.

   30 millions d'euros du FPSPP

30 millions d'euros ont été mis sur la table. Pas de nouveaux crédits, ils sont pris sur le fonds de sécurisation des parcours professionnels (FPSPP), mis en difficulté par une nouvelle ponction de 300 millions d'euros de l'Etat. Après avoir un peu traîné les pieds, les responsables du fonds ont suivi. "Nous sommes dans le cadre du financement direct d'un dispositif et non d'un cofinancement, le FPSPP doit-il remplir ce rôle ?", s'est toutefois interrogé Djamal Teskouk, le président du fonds, membre de la CGT, syndicat non signataire de l'accord. 
En dehors de la question du financement, il a fallu régler des problèmes de "tuyauterie". Les partenaires sociaux s'inquiétaient notamment des conditions de sélection des projets et du suivi du dispositif, notamment à partir du moment où le jeune est entré en emploi. Il aura un entretien mensuel avec son conseiller. Tout devra être abordé : les conditions de travail, mais aussi matérielles : logement, transport, restauration. "En cas de difficulté, le conseiller interviendra et tentera de lever ces difficultés avec l'entreprise", explique Christelle Tavares.
La rencontre des missions locales a aussi vu le lancement de l'institut Bertrand Schwartz, le père des missions locales créées il y a trente ans. Cet institut doté de 50.000 euros en 2012 assurera les missions d'observatoire des parcours des jeunes, de mutualisation des pratiques, de laboratoire d'idées, de publication et de formation…

    8.000 contrats d'autonomie

Mais pour leur trentième année, les missions locales connaissent un équilibre encore fragile. Elles ont dû se séparer des 1.000 référents entreprise embauchés dans le cadre du plan de relance. Or, "les conditions restent très difficiles, insiste Christelle Tavares, chaque conseiller suit un portefeuille de plus en plus lourd avec 150 à 170 jeunes. On peut toujours nous fixer des objectifs, mais la situation économique n'est pas pour faciliter notre travail. On souhaiterait vraiment pouvoir arriver à 60 ou 70 jeunes par conseiller."
Autre sujet de déception : la signature de 8.000 nouveaux contrats d'autonomie en 2012. En 2008, le lancement de ce dispositif confié à des opérateurs privés, dans le cadre du plan Espoir banlieues, avait été vécu comme une injure par les missions locales. Seules deux missions locales ont pu se placer dans les appels d'offres, celles de la Réunion et de Mulhouse. "Ces deux missions locales arrivent en pole position et de loin en termes de résultats", assure pourtant Christelle Tavares. D'où un vif sentiment d'incompréhension, traduit par le responsable de la mission locale de Reims qui s'est vu retoquée lors de l'appel d'offres pour quatre motifs : "Les missions locales ne maillent pas assez le territoires, vous ne touchez pas le public prioritaire, votre accompagnement n'est pas assez clair, vous êtes trop chers."
 Michel Tendil, Publié le mardi 4 octobre 2011 par localtis

http://www.localtis.info/cs/ContentServer?pagename=Localtis/LOCActu/ArticleActualite&cid=1250262500886&jid=1250262502956


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