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Mercredi 25 janvier 2012 3 25 /01 /Jan /2012 10:00

Face à la convergence des crises économique, sociale et écologique, la France garde de solides atouts qu'elle doit mettre en valeur, affirme le Conseil économique, social et environnemental (Cese) dans son premier rapport annuel sur l'état de la France adopté ce 14 décembre. Et si dans leur grande majorité, les Français ne croient plus en l'avenir du pays et se méfient des institutions, ils gardent confiance en eux et dans leur environnement immédiat.

La situation est grave mais pas désespérée : c'est en substance la tonalité du premier rapport annuel sur l'état de la France réalisé par le Conseil économique, social et environnemental (Cese). Adopté en séance plénière ce 14 décembre, il se compose de deux avis, tous deux assortis de recommandations. L'un rend d'abord compte de l'évolution du pays dans les champs économique, social et environnemental, en s'appuyant notamment sur les indicateurs du développement durable. Le deuxième avis présente un focus sur l'état moral des Français.
"Nous sommes dans une crise systémique marquée par la convergence de crises financière, économique, sociale et écologique", souligne André-Jean Guérin, rapporteur du premier avis. Mais ceci étant, la France a des atouts, insiste-t-il, avec un PIB par habitant quatre fois supérieur à la moyenne mondiale, un patrimoine défalqué des dettes de 200.000 euros par habitant, un taux de fécondité qui garantit une population équilibrée en âge dans la durée, un territoire diversifié et équipé, une situation géographique privilégiée en Europe, de grandes entreprises performantes, un niveau d'éducation et de formation élevé, etc.

     Réduire les inégalités par le haut

Selon leCese, il faut donc "rassembler les Français autour d'un projet collectif qui réponde aux enjeux européens et mondiaux". Pour cela, il préconise de "mener une politique familiale équilibrée garantissant l'accès à des services et des droits sur une base universelle". Il juge aussi indispensable de "réduire les inégalités par le haut". "On ne peut pas avoir de projet collectif si les Français ont la conviction que le fardeau n'est pas porté de manière équitable", insiste André-Jean Guérin. Or, depuis dix ans, les inégalités n'ont fait que se creuser. "Comment obtenir une coopération quand la part des revenus perçus par les 0,01% des ménages les plus aisés progressait en France de 26% entre 2004 et 2007 alors que la part recueillie par 90% des ménages […] se réduisait de 1% ?", interroge le Cese.
Autre orientation jugée nécessaire : le renforcement de la compétitivité française en Europe à travers "la recherche-développement, la qualité de la production et les investissements dans la formation et l'adaptation des compétences des salariés". "Ce projet global n'est pas envisageable sans une plus grande sobriété dans l'utilisation des ressources naturelles et une meilleure gestion des émissions polluantes", ajoute toutefois André Jean-Guérin. Le Cese juge donc nécessaire d'engager cinq chantiers prioritaires visant chacun "une amélioration de la compétitivité, de l'équité et de la soutenabilité" : "purger le passé" en contenant la dette et en investissant dans les filières d'avenir ; utiliser davantage les "signaux prix", y compris fiscaux, pour permettre la prise en compte des conséquences collectives des choix individuels ; réformer les prélèvements obligatoires "dans un souci de simplification et de meilleure transparence" ; établir un plan pour une consommation durable et prolonger la recherche d'une nouvelle appréciation du bien-être individuel et collectif avec de nouveaux instruments de mesure.

     Méfiance maximale à l'égard des grandes institutions

Le second avis composant le rapport sur l'état de la France dresse un constat pessimiste sur le moral des Français, à partir de multiples enquêtes et d'auditions de sociologues, de politologues et de cabinets d'analyse stratégique. La société française apparaît ainsi de plus en plus fragmentée et les Français se montrent plus inquiets que la moyenne des citoyens du monde à l'égard de l'avenir de leur pays. Ils vivent mal les bouleversements liés à la mondialisation et l'appartenance à l'Union européenne est diversement appréciée. "Plus de 70% des Français, en particulier les jeunes, n'ont pas confiance en l'avenir du pays mais croient en leur propre avenir, ce qui est à la fois inquiétant et rassurant", relève Yves Zehr, rapporteur de ce deuxième avis.
La méfiance vis à vis des institutions continue à s'accroître : elle atteint son niveau maximal à l'égard des partis politiques (80%), des grandes entreprises (72%), du gouvernement et des institutions européennes (68%), mais touche aussi les syndicats et la télévision (65%), internet (59%), la presse (56%) et l'administration (52%). Les Français sont aussi inquiets pour l'avenir des systèmes de solidarité collective – 74% d'entre eux craignent que la sécurité sociale fasse faillite mais 76% refusent d'envisager une baisse des remboursements. Par contre, "le dynamisme se déploie dans la sphère privée", souligne le Cese. 64% des Français s'estiment ainsi "capables d'entreprendre des choses" et 65% ont confiance dans leur capacité à créer. Et si les institutions collectives génèrent une défiance croissante, les liens de proximité restent très appréciés : 52% des Français ont confiance dans les PME-TPE, 66% dans les élus locaux, 95% dans l'artisanat. Les commerces et les services de proximité sont aussi plébiscités.
Le rapport note aussi les difficultés particulières propres aux jeunes qui souffrent notamment de problèmes d'accès à l'emploi. 17% d'entre eux quittent aussi le secondaire sans diplôme ni qualification, malgré la qualité du système scolaire. Le mal-logement apparaît aussi comme le lot de la jeunesse.

     Limiter le nombre de mandats successifs

Le Cese estime donc qu'il faut mieux mettre en valeur les atouts du pays, notamment sa richesse culturelle, et "ne pas opposer performance économique, cohésion sociale et préservation de l'environnement de qualité". Il préconise de favoriser pour tous les jeunes les échanges avec l'étranger et développer l'enseignement des langues. Il faut aussi selon lui rééquilibrer les finances publiques "sans sacrifier l'essentiel de l'action de l'Etat", "miser sur l'avenir en favorisant la recherche et l'innovation, les pôles de compétitivité, l'économie verte…", soutenir les PME. Le Cese juge aussi urgent de "redonner confiance dans l'action publique". "Il s'agit par exemple de permettre l'accès à la vie politique au plus grand nombre et de faciliter la mise en responsabilité des jeunes générations", avance-t-il. Pour cela, il préconise de limiter à deux le nombre de mandats des parlementaires et à trois celui des élus locaux, à condition d'avoir un statut de l'élu permettant au sortant de retrouver un emploi et de poursuivre sa carrière professionnelle normalement. Autre suggestion : la synchronisation des diverses élections afin de remédier à l'"immobilisme pré-électoral" qui retarde la prise de décisions.

Anne Lenormand , Publié le mercredi 14 décembre 2011 par localtis

http://www.localtis.info/cs/ContentServer?pagename=Localtis/LOCActu/ArticleActualite&cid=1250262905787

Par Biplan - Publié dans : Environnement, biotech. - Communauté : Emploi, territoires, insertion
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