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8 mai 2013 3 08 /05 /mai /2013 09:25

Nicolas Bel, créateur de Topager: "il n'est pas d'innovation sans échec"

Dans une autre vie, il serait probablement peintre ou historien. Artiste contrarié, Nicolas Bel a trouvé dans l'agronomie un moyen de réconcilier science et créativité.

Après avoir créé, il y a un an, un potager expérimental sur les toits d'Agro Paris Tech, en partenariat avec l'Institut national de recherche agronomique (INRA) et le Muséum d'histoire naturelle, il a monté l'entreprise Topager pour développer l'agriculture périurbaine en reproduisant l'expérience au sommet des immeubles de bureaux ou d'habitations.

Il enseigne par ailleurs les sciences de l'ingénieur dans un lycée du Val-de-Marne.

     Nicolas Bel, comment jonglez-vous au quotidien entre vos activités de professeur, de jardinier et d'entrepreneur ?

Je mets à profit chaque minute de mon emploi du temps : je passe mes coups de fil pendant mes trajets à vélo, grignote sur mes loisirs, et ne dors que quatre à cinq heures par nuit... Cela me permet de me consacrer à l'essentiel : mes cours et le potager expérimental que j'ai aménagé, avec un ancien copain de promotion, sur les toits d'Agro Paris Tech, dans le 5e arrondissement de Paris.

Là-haut, je me sens comme un oiseau : je surplombe l'agitation de la ville avec une grisante sensation de liberté. J'élève des semis sous serre, je plante, j'arrose, j'éclaircis, puis je laisse la nature agir. En agronomie, il ne faut surtout pas chercher à tout contrôler. Parfois, j'essuie des revers, mais il n'est pas d'innovation sans échecs.

     Agrégé de mécanique, vous avez appris l'agronomie sur le tas. Cela a-t-il été un handicap ?

Il n'y a pas besoin d'être expert dans un domaine pour tenir un raisonnement scientifique... Un stagiaire m'a fait remarquer un jour que je voyais les écosystèmes comme des machines. Il n'avait pas tort.

Pour moi, un ver de terre, c'est une sorte de micro-usine qui creuse des galeries et produit de l'engrais. En France, on cherche toujours à ranger les gens dans des cases. Mais je ne réponds pas du tout aux canons du classicisme.

Après mes études à l'Institut national des sciences appliquées (INSA) de Lyon, j'ai travaillé comme ingénieur chez un fabricant de machines agroalimentaires à Greenville, en Caroline du Sud (Etats-Unis), avant de devenir enseignant vacataire dans un lycée professionnel de la banlieue de Lyon, puis directeur des ressources humaines dans une entreprise de textile en Haïti.

Aujourd'hui, je cumule les casquettes de prof, d'entrepreneur, de jardinier et de chercheur. L'une de mes amies me qualifie de "slasher". Vous savez, cette génération d'actifs, adeptes du cumul d'emplois. Moi, je me vois simplement comme un créatif.

     Comment vous êtes-vous converti à l'agroécologie ?

En 2002, je suis parti en Haïti pour former des cadres de l'industrie. Je m'attendais à y trouver des terres fertiles et productives. J'ai découvert un semi-désert. La faute à une exploitation irraisonnée des ressources. Je me suis cependant bien gardé de jouer les moralisateurs. J'ai préféré m'investir dans l'écoconception et le biomimétisme, une approche qui consiste à imiter le vivant pour innover.

Les exemples ne manquent pas. En 1948, le Suisse George de Mestral s'est inspiré du fruit de la bardane, qui s'agrippe au poil des animaux, pour mettre au point le Velcro. J'ai suivi la même logique pour constituer le terreau de mon potager.

Dans un écosystème, tous les déchets sont des ressources. Je me suis servi des résidus organiques de la ville pour faire pousser mes tomates et mes salades.

     Ville et agriculture ne sont donc pas antinomiques ?

On l'oublie souvent, mais il y a encore un siècle, on cultivait beaucoup de légumes à Paris : le chou de Pontoise, le pissenlit de Montmagny, la chicorée frisée de Meaux... Peu à peu, l'urbanisation a dévoré toutes les terres agricoles. Cela n'a pas empêché les Parisiens de se remettre à cultiver les pelouses du Louvre en potagers en 1943 !

New York, Montréal, Le Caire..., de plus en plus de métropoles renouent aujourd'hui avec la terre. A Kinshasa, en République démocratique du Congo, 60% des légumes sont cultivés en ville. Pourquoi Paris continue-t-elle à importer des tomates d'Espagne ? Développer une agriculture périurbaine lui permettrait non seulement de commercialiser des produits 100 % locaux, mais aussi de valoriser ses déchets et de recréer du lien social.

     N'êtes-vous pas trop ambitieux ?

Au début, on me prenait pour un rigolo. Mais les résultats sont là. En une année, on a réussi à faire pousser plus de dix variétés de tomates, des salades, des fraises, des myrtilles, des framboises... Avec un PH et un taux de nutriment tout à fait satisfaisant.

Du coup, de plus en plus de chercheurs éminents s'intéressent à notre projet. Des particuliers commencent aussi à nous solliciter. J'espère que les portes vont continuer à s'ouvrir. Mon rêve ? Aider les architectes à concevoir les bâtiments eux-mêmes comme des écosystèmes.

Propos recueillis par Elodie Chermann

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– Management - 06.05.2013


Nicolas Bel

2013 Nicolas Bel crée la société Topager.

2012 Crée un potager expérimental sur les toits d'Agro Paris Tech.

2010 Enseigne les sciences de l'ingénieur au Lycée Berthelot de Saint-Maur-des-Fossés (Val-de-Marne).

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commentaires

GUENNOC Annie 01/06/2013 18:00

Bonjour, un particulier pourrait-il participer à ce potager expérimental ?