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12 novembre 2009 4 12 /11 /novembre /2009 10:19

Nobel : Un pas de côté


un article de Denis Clerc, dans Alternatives économiques


Le Nobel d'économie récompense deux Américains pour leurs travaux sur la "gouvernance économique" : Elinor Ostrom, première femme à recevoir cette distinction,  et Oliver E. Williamson. Mme Ostrom "a démontré comment les copropriétés peuvent être efficacement gérées par des associations d'usagers" et M. Williamson "a montré que les marchés et les organisations hiérarchiques ont des structures de gouvernance alternatives qui diffèrent dans leur façon de résoudre les conflits d'intérêt", a précisé le comité Nobel. (AFP)

En décernant cette année à Elinor Ostrom et Oliver Williamson leur prix de sciences économiques en mémoire d'Alfred Nobel (l'appellation exacte, souvent abrégée en "prix Nobel d'économie"), les jurés de la Banque de Suède ont incontestablement fait un pas de côté par rapport à leur ligne de conduite habituelle. Certes, on peut y voir la preuve d'un opportunisme majeur, les jurés caressant l'opinion dans le sens du poil, choisissant les libéraux les plus extrémistes quand c'était la mode, et désormais des hétérodoxes quand il apparaît que les précédents ont contribué à nous mener dans le mur. Mais cette lecture est un peu courte: ce n'est pas la première fois que nos jurés couronnent des économistes atypiques. Sans être vraiment coutumiers du fait, cela leur est arrivé malgré tout à plusieurs reprises. Tout le monde a en tête Joseph Stiglitz, Amartya Sen (encore qu'il soit assez mainstream à bien des égards) ou, l'an dernier, Paul Krugman, qui ont souvent mis les pieds dans le plat de l'orthodoxie. Mais il y en a eu bien d'autres, depuis Wassily Leontief (1973), l'inventeur du tableau interindustriel que tous les planificateurs ont largement utilisé, Herbert Simon (1978), qui a plaidé pour une rationalité limitée des acteurs, Leonid Kantorovitch, un Soviétique qui est à l'origine de la programmation linéaire, ou William S. Vickrey, le seul post-keynésien jamais couronné (en 1996), ce qui ne lui a pas porté chance, puisqu'il est mort trois jours après... Et, avec des degrés divers d'hétérodoxie, on pourrait citer également James Meade (partisan du revenu d'existence), Robert Solow, Michael Spence, George Akerlof, Daniel Kahneman, Edmund Phelps, James Tobin... Bref, même si l'orthodoxie, aux points, l'emporte largement, elle n'a jamais eu le monopole.

En quoi nos deux lauréats sont-ils donc atypiques? Pour Williamson, cela se discute. Certes, notre homme fait partie de ceux qui pensent que les institutions jouent un rôle essentiel dans la coordination des acteurs et, dans la ligne de Ronald Coase, il estime que les coûts de transaction liés aux contrats peuvent rendre la production plus efficace au sein d'une organisation centralisée et hiérarchisée. Mais l'argument essentiel sur lequel il s'appuie pour aboutir à cette conclusion est l'opportunisme des acteurs: chacun cherche à rouler l'autre dès lors qu'il y a intérêt. Ce qui est premier, dans l'analyse de Williamson, reste la recherche effrénée du profit ou de l'intérêt personnel de chacun des acteurs, ce qui les amène à tous les coups tordus possibles et imaginables, notamment dans les situations d'incertitude. Nous sommes loin de John R. Commons, père (américain) de l'institutionnalisme, qui plaidait pour un "capitalisme raisonnable" et une maîtrise sociale de l'économie (1).

En revanche, Elinor Ostrom rompt complètement avec l'analyse néoclassique et, plus particulièrement, avec la problématique des droits de propriété qui en découle. La théorie dominante souligne en effet que l'absence de droits de propriété clairement établis et respectés aboutit inévitablement à une surexploitation des ressources communes : c'est la "tragédie des communs", analysée par Garret Hardins (2) et illustrée aujourd'hui par la surpêche. Or Elinor Ostrom renverse cette problématique et montre que la privatisation aboutit à l'inverse - une forme de malthusianisme génératrice de rentes au profit des propriétaires - et que, dans la réalité, l'exploitation de la plupart des biens collectifs traditionnels repose non sur un pillage (forme extrême d'opportunisme, à la Williamson), mais sur des règles communes acceptées, parce que chacun compte sur leur respect par chacun. En échange, chacun sait qu'il disposera de la ressource. On est dans l'ordre de la réciprocité, pas dans celui de l'échange. Et Elinor Ostrom souligne que ce respect mutuel est bien plus efficace que toutes les autres formes de gestion parce que les externalités positives sont alors maximales: on évite la "tragédie des anticommunaux". C'est un vieux constat sur lequel repose la coopération, mais que notre auteur renouvelle à propos des nouveaux biens communs que sont la propriété intellectuelle ou le climat. Oui, dans son cas, les jurés ont vraiment fait un pas de côté. Et j'espère bien que ce ne sera pas le dernier.

Denis Clerc. Alternatives Economiques -  n°285 - Novembre 2009

Notes

 (1) Sur ce point, on pourra comparer le livre de Williamson, Les institutions de l'économie (éd. Interéditions, 1994) et la remarquable présentation que Laure Bazzoli fait de L'économie politique de John R. Commons (éd. L'Harmattan, 1999).

(2) Voir, sur le site d'Alternatives Economiques, le blog d'Alain Lipietz, qui analyse finement cette thèse et montre comment Elinor Ostrom la démolit pierre à pierre (www.alternatives-economiques.fr/blogs/lipietz/2009/10/16/elenor-ostrom-un-prix-nobel-pour-copenhague-i/#more-12).

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