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1 avril 2010 4 01 /04 /avril /2010 10:46

Denis Clerc, fondateur de la revue Alternatives économiques, propose plusieurs éclairages sur la notion de pauvreté. Ruralinfos vous propose ici la version complète de l’interview publié dans le dossier sur la pauvreté et l’exclusion en milieu rural publiée dans le n°390 de Transrural initiatives.

   Qu’appelle-t-on pauvreté ?

Être pauvre, c’est ne pas disposer de suffisamment de ressources pour pouvoir être normalement inséré dans la société, c’est-à-dire pouvoir vivre selon les normes de la société. Les ressources en question sont évidemment monétaires, et c’est sous cet angle que la pauvreté est le plus souvent analysée : est pauvre la personne dont le revenu est inférieur à un certain seuil, qualifié de seuil de pauvreté. Mais la pauvreté ne se réduit pas à cet aspect monétaire : il peut s’agir aussi de ressources culturelles (le fait de ne pas savoir lire, dans une société où tout est écrit, le fait de ne pas maîtriser la langue du pays où l’on vit, etc.), de ressources « de socialisation » (le fait de ne pas être inséré dans un tissu social ou familial qui vous aide à passer les caps difficiles), etc. La pauvreté est multidimensionnelle : par exemple, dans la première moitié du 20è siècle, les membres de la classe ouvrière disposaient de faibles revenus, qui les auraient sans doute classés dans la population pauvre si l’on avait eu à l’époque ce genre d’indicateurs, mais ils n’étaient pas pauvres pour autant, grâce à l’existence d’un réseau serré d’institutions qui organisaient de fortes solidarités, un sentiment d’appartenance et des formes de culture spécifique. Dans ce monde ouvrier, on vivait « modestement », mais pas « pauvrement ». En revanche, dans le monde rural à la même époque, l’isolement et la marginalisation progressive de ceux qui ne pouvaient suivre le changement technique ont sans doute joué un rôle majeur dans l’émergence de formes spécifiques de pauvreté dramatiques, dont témoignent des indicateurs comme le taux de célibat ou le taux de suicide.

      Comment mesure-t-on la pauvreté ?

Le plus souvent par un indicateur de revenu. On s’intéresse non aux personnes, mais aux ménages, car la caractéristique d’un ménage (lorsqu’il comporte plusieurs personnes, ce qui n’est pas forcément le cas) est que ses membres mettent en commun une fraction au moins de leurs revenus. On prend donc en compte tous les revenus, on en retire les impôts : ce qui reste est le revenu disponible. Mais un même revenu disponible peut aboutir à des niveaux de vie très différents, selon qu’il faut faire vivre avec une seule personne ou six … On calcule le niveau de vie de chaque ménage, à partir de ses revenus et du nombre de personnes qui y vivent. Mais attention : un couple, par exemple, n’a pas besoin d’un revenu double du célibataire pour avoir le même niveau de vie que ce dernier, car le loyer ou le coût du chauffage d’un appartement pour un couple n’est pas le double de celui du studio d’un célibataire, il n’y a pas besoin de louer deux compteurs électriques, de payer deux redevances télé, etc. Donc, à partir des enquêtes de consommation, on calcule l’accroissement de dépenses nécessité pour maintenir le même niveau de vie lorsqu’un ménage compte une personne de plus, puis deux, puis … Cela permet de déterminer un niveau de vie médian, celui qui partage la population en deux parties exactement égales : ceux qui ont plus et ceux qui ont moins. Le seuil de pauvreté est alors égal à 60 % de ce niveau de vie médian. La France a longtemps retenu 50 %, mais le chiffre de 60 % est une décision européenne : tous les pays de l’Union européenne ont l’obligation de calculer ce seuil de la même manière, ce qui permet des comparaisons, donc incite les pays les moins bien placés à faire des efforts. En France, en 2007 (dernière année connue), le seuil de pauvreté ainsi calculé était de 908 € pour une personne seule, de 1180 € pour une famille monoparentale avec un enfant, de 1362 € pour un couple sans enfant, de 1907 € pour un couple avec deux enfants de moins de 14 ans, etc. Le taux de pauvreté mesure la proportion de personnes dans la population dont le niveau de vie est inférieur à ce seuil. En 2007, il était de 13,4 %. Cela ne place pas la France dans les meilleurs pays de l’Union (les Pays-Bas, la Suède, le Danemark ou l’Autriche sont entre 10 et 12 %), mais elle se situe néanmoins plutôt dans les bons élèves : le Royaume-Uni, par exemple, évolue entre 18 et 19 %. Ce qu’il faut bien comprendre, c’est que, en raison de son mode de calcul, le seuil de pauvreté ne peut diminuer que si, dans le bas de la distribution des revenus, le niveau de vie augmente plus vite que le niveau de vie médian. C’est pourquoi on parle d’une approche relative de la pauvreté, par opposition avec les États-Unis (ou la Banque mondiale) qui ont adopté une approche absolue : le seuil de pauvreté est relevé chaque année en fonction de l’inflation mesurée, pas en fonction du niveau de vie médian. Si bien que l’écart ne cesse de s’y creuser entre les pauvres « officiels » (dont le niveau de vie ne change pas) et le reste de la population (qui connaît en général une augmentation plus ou moins forte de son niveau de vie). Le taux de pauvreté des États-Unis est de 12,7 % en 2008, mais, mesuré selon les normes européennes (en relatif), il serait de 23,4 % selon l’OCDE. Ce n’est donc pas la richesse moyenne d’un pays qui détermine la proportion de pauvres au sens monétaire qui y vivent, mais sa politique sociale et sa politique des revenus. Depuis 2008, la France s’est fixé un objectif officiel de réduction de la pauvreté : un taux de pauvreté diminué d’un tiers en cinq ans par rapport au chiffre 2006 (13,1 %). Mais le seuil retenu comme référence sera un « seuil ancré dans le temps » : en clair, il n’augmentera qu’en fonction du coût de la vie, pas en fonction du niveau de vie médian. En 2006, ce seuil était de 880 €. Depuis (2006-2009), le coût de la vie a augmenté de 4,2 %, si bien que ce seuil « ancré dans le temps » est actuellement (2009) de 917 € : lorsque l’on disposera des chiffres de niveaux de vie de 2009 (en 2011 au plus tôt), c’est par rapport à ce montant que sera calculé le taux de pauvreté « ancré dans le temps », et non par rapport à 60 % du niveau de vie médian de 2009. Ce qui compliquera les choses du point de vue de la statistique (il y aura deux seuils …) mais les facilitera du point de vue politique (quand on bloque l’indicateur, il est plus facile d’atteindre les objectifs !).

Comment la pauvreté évolue-t-elle en France ?

Contrairement à une idée reçue, le taux de pauvreté (relatif, pas « ancré dans le temps ») avait tendance à se réduire sur le long terme : entre 1970 (première année pour laquelle on dispose d’un chiffre) et 2004, il est passé de 19,1 % à 12,7 %. Mais, depuis cette date, la tendance s’est inversée et le mouvement est reparti à la hausse. Cela tient pour une part à un phénomène sociologique : la progression continue du nombre de familles monoparentales (10 % des ménages actuellement, contre 3 % en 1980), particulièrement menacées par la pauvreté (le taux de pauvreté est de 32 % en 2007 !), car elles ne disposent au mieux que d’un revenu d’activité, lequel est souvent absent ou inexistant en raison des contraintes issues des charges de famille. Cela tient pour une autre part à la progression du nombre de travailleurs pauvres (+ 20 % entre 2003 et 2006, dernière année connue). Désormais, la majorité des personnes en situation de pauvreté vivent dans un ménage où se trouve un travailleur pauvre, c’est-à-dire une personne qui est en emploi ou au chômage depuis moins de 5 mois. Parce que se multiplient les emplois à temps partie ou à durée limitée (CDD, intérim, contrats aidés, etc.). La crise, en supprimant des emplois (- 500 000 en dix huit mois) et en réduisant drastiquement les embauches, risque fort d’aggraver le problème. Certes, le Revenu de solidarité active (RSA), qui est un complément de revenu apporté aux ménages de travailleurs pauvres, va permettre d’amortir un peu le choc, mais pour des montants à mes yeux insuffisants (de l’ordre de 70 à 80 € nets par mois et par ménage de travailleur pauvre), mais, en même temps, à quoi sert de boucher des trous lorsque le marché du travail les multiplie ? La principale limite du RSA vient de ce qu’il ne prévoit rien pour limiter le nombre d’emplois paupérisants.

 Et dans le monde rural, comment évoluent les choses ?

On ne dispose de données détaillées que pour 2006. Cette année là, le taux de pauvreté était de 13,2 % pour l’ensemble de la population, mais de 12 % pour les communes rurales. En outre, dans ces chiffres, figuraient nombre d’agriculteurs sont les revenus sont estimés (« revenus cadastraux »), en fonction du nombre d’hectares exploités et du type de productions : or ces revenus estimés sont en général sous-estimés. Donc globalement, le monde rural semble moins touché que le reste de la population. Mais l’isolement – dont on a vu qu’il était souvent générateur de pauvreté – y est plus important, et le « non recours » également. On appelle ainsi le fait de ne pas demander l’ouverture de droits sociaux – le RSA par exemple – soit par ignorance, soit par complexité des démarches, soit par crainte de la stigmatisation par les voisins ou les institutions. Or, dans le monde rural, la pression sociale est particulièrement forte et peut engendrer des comportements de « non recours » plus fréquents. Enfin, et peut-être surtout, la question de la garde des enfants (pour les familles monoparentales principalement) et de la mobilité sont particulièrement difficiles à résoudre, et bon nombre des difficultés des personnes en situation de pauvreté viennent de là. Ajoutons enfin la vitalité parfois problématique des bassins d’emploi ruraux, qui fait qu’il est nettement plus difficile le plus souvent de trouver un emploi que dans l’univers urbain : par exemple, les jeunes les mieux formés quittent souvent le monde rural, faute de pouvoir y trouver un enracinement professionnel conforme à leur formation. Tout cela contribue à aggraver la pauvreté, non pas quantitativement, mais qualitativement.

http://www.ruralinfos.org/spip.php?article2692

La lettre d'information du site RuralInfos - mars 2010

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