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11 février 2012 6 11 /02 /février /2012 09:46

Déclarée Année internationale des coopératives, 2012 verra de nombreuses manifestations se dérouler dans ce cadre sur tous les continents, au niveau international, comme au niveau national et local. Cette Année Internationale a pour slogan « Les coopératives, des entreprises pour un monde meilleur ». Elle a pour principaux objectifs d’accroître la connaissance que le public peut avoir des coopératives, de leur contribution au développement socioéconomique, et de promouvoir leur création et leur croissance. Il a semblé heureux aux journalistes de Nord-social.info d’ouvrir cette année par la publication d’un reportage sur « L’aventure des coopérateurs de Guise » qui furent en France de remarquables précurseurs. C’est avec attention que toute au long de l’année les journalistes de nord-social.info observeront, rendront compte des différentes manifestations organisées dans le cadre de cette année internationale des coopératives. Ils publieront régulièrement des reportages montrant la richesse du monde coopératif qui par bien des aspects peut être regardé comme une alternative positive aux crises de la société actuelle et de son modèle dominant.

C’est alors que les dernières mèches de Mai 68 brûlaient du côté de Renault Flins, que le 22 juin 1968 l’Association coopérative du capital et du travail de Guise mettait fin à une formidable expérience commencée 88 ans plus tôt. L’idée démocratique et coopérative portée par les enfants de mai, et les ouvriers picards était mise en échec. A l’heure où le libéralisme est puissamment contesté, où des alternatives se cherchent, l’aventure des coopérateurs de Guise, localité située dans l’Aisne, suscite un regain d’intérêt.

L’homme du Familistère de Guise, c’est Jean-Baptiste André Godin. Il a 18 ans, lorsque serrurier, il part sur les routes du Tour de France comme compagnon. Il y apprend son métier et quelques convictions. Nous sommes en 1835. La misère ouvrière qu’il rencontre le marque profondément. Une misère insupportable, estime-t-il.

L’usine Godin voit le jour en 1846 avec 30 ouvriers. Dix ans plus tard, ils sont 1500. Des ateliers, sortent les célèbres poêles en fonte qui des décennies durant vont s’imposer. C’est sur cette maîtrise technique et cette puissance économique que se fonde la dynamique de la coopérative. Influencée par la pensée de Charles Fourrier, obsédé par la nécessaire amélioration des conditions de travail et de vie des ouvriers, Godin conçoit et met en œuvre un projet global.

      Le Palais Social

L’amélioration des conditions de vie, c’est l’œuvre du Familistère. A partir de 1865, Godin construit le Palais Social. Le terme n’est pas sans importance. Comme un véritable palais, le Familistère est construit avec un bâtiment central et deux ailes. La volonté est claire. Les ouvriers, aussi, ont droit au meilleur. Et, à cette époque, le meilleur, comparé au sort des miséreux condamnés à vivre dans des taudis, ce sont des appartements avec de l’espace, de la lumière, de l’eau courante.

Le Familistère, c’est aussi une vision collective de la vie sociale. Godin met en pratique ses conceptions réformistes. Outre, plus de 500 logements, les habitants disposent de magasins, où ils peuvent se fournir à bas prix, d’une école, d’un théâtre, d’une buanderie, d’espaces verts. En 1889, le Familistère regroupe 1748 habitants.

En créant en 1880, l’Association coopérative du capital et du travail, Godin donne une tournure sociale, politique et idéologique, à l’expérience de Guise. La coopérative englobe à la fois les destinées et le fonctionnement de l’usine, du familistère et de l’ensemble des unités créées pour faciliter la vie : assurances ou mutuelles.

     L’Association coopérative du capital et du travail

L’assemblée générale se réunit une fois par an. Ses membres élisent un conseil de gérance, un conseil de surveillance. Un conseil de l’industrie gère les questions d’ordre industriel, un conseil du Familistère celles relatives à la vie collective dans le Palais Social. Par ailleurs, existent également, un comité des assurances des dames du Familistère actif contre les maladies, un comité du fonds de pharmacie, un comité des assurances, des pensions et du nécessaire. C’était avant l’heure la mise en place de l’assurance maladie et des caisses de retraite. Cette dynamique coopérative trouve son accomplissement peu après le mort de Godin, en 1888. L’entrepreneur humaniste laisse la moitié de l’usine et l’ensemble des bâtiments aux coopérateurs qui en deviennent totalement propriétaires en 1893. En 1889, l’association rassemble 919 personnes, faisant vivre l’autogestion.

Durant la Première Guerre mondiale, le Familistère perd 120 personnes. Son aile gauche, détruite, est reconstruite en 1924. La crise de 1929 entraîne des licenciements massifs. La coopérative se redresse et tient bon… jusqu’en 1968.

Lors de la dissolution, l’usine emploie encore 750 personnes. Elle est vendue au groupe le Creuset, puis rachetée en 1998 par l’entreprise des Cheminées Philippe. 350 ouvriers y travaillent aujourd’hui. Le théâtre, l’école, les bâtiments collectifs et les espaces verts sont devenus la propriété de la mairie. Dans le Familistère, dont une partie est transformée en musée, certains logements sont vendus à des particuliers. Classé monument historique, cet ensemble architectural est en cours de restauration dans le cadre du programme Utopia. L’aventure des coopérateurs de Guise demeure un élément du patrimoine social.

Jean-Paul BIOLLUZ

Renseignements : 03.23.61.35.36. ; www.familistere.com, accueil@familistere.com

Le Familistère de Guise est ouvert de 10h à 18h, de septembre à juin tous les jours, sauf le lundi et durant les mois de juillet et août, tous les jours.

Publié le jeudi 5 janvier 2012 par Jean-Paul BIOLLUZ  dans Nord social

http://www.nord-social.info/spip.php?article451

 

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