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9 avril 2010 5 09 /04 /avril /2010 10:20

Pour revitaliser le lien social et associer les habitants au développement social de leur cité, le Conseil général de Maine-et-Loire et la Commune de Montreuil-Bellay en lien avec plus de dix partenaires initient une démarche de développement social local qui donne lieu à la création d'un réseau d'acteurs mêlant citoyens, professionnels et politiques : le réseau "Thouet possible" (du nom du cours d'eau qui traverse la commune) initie une multitude d'actions qui vont de l’aménagement d’un square à la création d’une Maison de Tous pour Tous, en passant par des "rencontres causeries"...

En 2002, les travailleurs sociaux de la circonscription départementale et le CCAS de Montreuil-Bellay, petite commune d'à peine plus de 4000 habitants située dans le Maine et Loire, font le constat, d'un faible taux de fréquentation des équipements sociaux par les familles monoparentales, notamment les jeunes mères célibataires. Dès lors, les deux collectivités font réaliser par des étudiants de l'IRTS d'Angers, une enquête auprès de ces publics d’où il ressort que les mères célibataires connaissent les dispositifs existants à leur disposition mais ne les exploitent pas. Le Conseil général en lien avec le Centre communal d'action sociale, la MSA et le bailleur social Habitat 49 mettent en place un groupe de travail pour trouver des solutions afin de mobiliser les jeunes mères. Très vite la nécessité d'impliquer tous les publics émerge afin de revitaliser le lien social et de rendre tous les habitants acteurs du développement de leur quartier. Á la demande du maire, la coordination de la démarche est confiée au Centre social Roland Charrier qui recrute une AESF à temps partiel pour animer l'initiative. Sous sa houlette, élus et professionnels vont à la rencontre d'autres communes (notamment Saumur) ayant usé de la méthodologie du développement social local pour revitaliser leur vie sociale. Á leur retour, le groupe d'élus et de professionnels repère des habitants moteurs et les invitent à les rejoindre dans leur démarche pour se former à la méthodologie du DSL. De cette formation dispensée par le Mouvement du développement social local (MDSL), et de la rencontre des acteurs du territoire qu'elle provoque, va naître le cœur du réseau "Thouet possible". Un groupe d'acteurs professionnels, politiques et citoyens dévoués au développement social de leur commune.

En 2005, le groupe "Thouet possible" avec le soutien de la municipalité organise des Ateliers de l'avenir afin de travailler à un diagnostic des besoins du territoire et aux réponses à y apporter avec tous les habitants. Des invitations sont envoyées à la population par courrier et des animations annonçant l'événement sont organisées sur la place publique. Durant deux jours, une centaine d'habitants vont se retrouver et échanger pour d'abord formuler ce qui "ne va pas" de leur point de vue, ensuite exprimer ce dont ils rêvent, leur idéal et enfin construire des solutions permettant de tendre vers cet idéal. A l'issue des ces deux jours quatre groupes projet sont mis en place ainsi qu’un groupe opérationnel. Au total, les groupes réunissent une vingtaine d'habitants, auxquels s'ajoutent élus et professionnels.

Le groupe opérationnel ou groupe ressource est composé de 10 habitants, trois élus et neuf professionnels. Il se réunit deux fois par trimestre et a pour fonction d'assurer la coordination du projet en veillant à l'appropriation de la démarche. Il met en œuvre la communication du projet, coordonne les démarches financières et organise la mobilisation des ressources externes. Enfin, il organise des manifestations pour assurer la mobilisation pérenne des habitants et faire le lien entre les différents groupes projet.

Les quatre groupes projets sont composés d'habitants accompagnés d'un élu, d'un professionnel issu des institutions partenaires (Caf, MSA, CG…), et d'un habitant référent. En 2005, les thématiques sont les suivantes:

- le groupe "Environnement nature" qui promeut la circulation des cyclistes, des piétons et des personnes à mobilité réduite;

- le groupe "Amélioration de l'habitat et du cadre de vie";

- Le groupe "Solidarité" qui œuvre pour l'échange des savoirs;

- Le groupe "Maison de tous pour tous", qui œuvre sur la création de lieux de rencontres intergénérationnels.

Fin 2007, deux nouveaux groupes se forment :

- le groupe "Jeunes" qui encourage les jeunes à participer à la vie de la commune;

- le groupe "Expressions et convivialité".

Un protocole partenarial est élaboré entre la Ville de Montreuil-Bellay, son CCAS, le Centre social Roland Charrier, le Conseil général de Maine-et-Loire, la Mutualité sociale agricole, Habitat 49, la MIFE, la CPAM d'Angers, l'ADMR, et la Mission locale (auxquels viendront s'adjoindre par la suite la Caf de l'Anjou et la Régie de quartier). Chaque partenaire définit son engagement vis-à-vis de la démarche et les moyens humains et techniques qu'il peut mettre à disposition du réseau.

En terme de gouvernance, une cellule multi-partenariale est mise en place qui réunit une fois par an, les responsables de territoire pour faire le bilan de l'avancée du réseau et piloter les orientations à venir. Une cellule technique de coordination permet une fois par mois aux professionnels de la MSA, Caf, du Conseil général et du Centre socioculturel d'échanger sur les questions liées à leur pratique professionnelle et notamment sur la méthodologie de développement social local.

Enfin, une charte du réseau "Thouet possible" est adoptée par les partenaires institutionnels. Elle définit le principe du réseau "Construire ensemble avec les habitants, les élus et les professionnels", sa finalité, ses valeurs, ses acteurs et son mode de fonctionnement.

Susciter et accompagner les projets

Pour faire connaître la démarche et les actions, et inviter le plus grand nombre d'habitants à rejoindre des groupes ou faire part de leur besoin, envie, demande… un journal, le Petit Rapporteur, est lancé et distribué par envoi postal à un rythme moyen trimestriel. Pour accompagner l'ensemble des acteurs, élus, professionnels et habitants dans la pérennisation de la démarche de développement, deux journées de formation-action sont organisées tous les deux ans.

Les groupes projet, comptant a minima six habitants accompagnés par un(e) habitant(e) référent(e), un(e) professionnel(le) et un(e) élu(e), sont autonomes dans la conduite de leurs actions dès lors qu’elles sont validées par le groupe opérationnel, le bureau du Centre social et le Conseil municipal. Issus des formations-actions, des Ateliers ou encore de l'initiative d'un habitant ayant identifié un besoin "partagé", les groupes disposent d'un micro-budget annuel (100 à 150 €) leur permettant d'animer leur action.

> Ainsi, le groupe "Amélioration de l'habitat et du cadre de vie", a initié et piloté la création d'un square au sein du quartier de logements sociaux de Montreuil-Bellay. La proposition de square est issue d'un besoin identifié lors des Ateliers de l'avenir en 2005. Le groupe s'empare du projet et consulte les habitants du quartier dans lequel il est envisagé d'intégrer le square et son aire de jeux pour déterminer le lieu d'implantation le plus adapté. Ils organisent une visite du quartier avec les élus pour partager la réflexion et choisir le lieu définitif. Ils rencontrent les sociétés spécialisées dans la production de jeux d'extérieur pour enfant pour déterminer le matériel à implanter. Enfin, ils font réaliser aux habitants des dessins représentant leur vision du square.

Par la suite, ils présentent le projet en mairie, qui est accepté. Le groupe s'attache alors à monter les dossiers de demande de financement auprès des partenaires de la collectivité locale. Une fois le square inauguré, en 2009, le groupe s'attelle à la création d'une réglementation pour empêcher les dégradations et organiser l'entretien du lieu.

> Le groupe "Expression et convivialité" en initiant des échanges sur l'histoire de Montreuil Bellay a fini par développer une action intergénérationnelle. De fait, dans le cadre de leur projet, ils rencontrent Edgard Pisani, ancien maire de la localité et sommité nationale et décident de rendre compte de son récit. Ils s'associent au CCAS dans le cadre de la semaine bleue et exposent au centre culturel de Montreuil, à l’école, à la maison de retraite. Une fois cette première étape passée, le groupe décide d'écrire l'histoire de Montreuil-Bellay à travers la parole de ses habitants et s'organisent pour la recueillir. L'appel est lancé via la presse et Le Petit rapporteur pour recueillir les anecdotes des habitants et leur récit de vie en vue de créer une exposition.

> Le groupe Environnement nature a lui instauré depuis 2006, une journée festive et conviviale autour du vélo intitulée "Faîtes du vélo". En outre, une des premières actions a consisté notamment à organiser avec les élus une visite de la ville équipé d'une poussette pour évaluer les difficultés de circulation tant des jeunes mères que des personnes handicapées. Ils ont pu faire alors leur remarque et proposition à la municipalité qui a corrigé trottoirs et passages piétons à partir de ce diagnostic citoyen.

> Enfin, le groupe Jeunes qui regroupe une dizaine de Montreuillais âgés de 18 à 25 ans, travaille sur des problématiques liées à la jeunesse locale et notamment autour d'une liberté de la pratique sportive. Ils travaillent à un projet d'implantation d'une structure multi sport. Ils ont également élaboré un blog annonçant et rendant compte des activités initiées pour les jeunes de Montreuil.

  Une méthodologie générale d'appréhension du territoire

En 2007, à la suite de la mise à disposition d'un local par la municipalité, les membres du groupe projet Maison de Tous pour Tous (MTPT), se consacrent à la gestion et l'animation de ce lieu qui devient le cœur du Réseau "Thouet possible". Ils accueillent tant les réunions de travail des groupes, que des rencontres, animations, conférences et tiennent une permanence deux vendredis par mois pour accueillir les habitants souhaitant rejoindre l'un ou l'autre groupe.

Cette Maison de Tous pour Tous est intégrée dans les locaux du Centre socioculturel Roland Charrier dès le deuxième trimestre 2010, preuve de la vivacité du Réseau et ce presque cinq ans après son lancement. En 2009, une convention partenariale de démarche de développement social local succédant au protocole partenarial, a été signée entre les partenaires. Elle encadre le fonctionnement et les engagements de chacun jusqu'en 2012, soit un calage avec la durée de conventionnement du Centre social. Plus qu'une simple action, le DSL porté par le réseau a été adopté par le Centre social lui-même comme une méthodologie générale d'appréhension du territoire. Au niveau municipal, en plus du maire, trois adjoints sont particulièrement impliqués dans la démarche. En outre, une commission DSL a été mise en place.

Les professionnels engagés dans l'aventure, travailleurs sociaux de la circonscription, la MSA, la Caf ou encore le centre social, soulignent tous la richesse de l'impact de la démarche sur les habitants et sur leur façon de "faire du social". Ils indiquent combien l'implication dans les actions permet à certaines personnes de prendre confiance en elles et de développer des compétences (prise de parole en public, engagement dans d’autres instances ou groupes d’actions, prise de responsabilité). Ils ont pu constater des sorties d'isolement, de repli sur soi, de dépression, des reconstructions familiales autour d'une activité commune, d'ouverture vers de nouveaux centres d'intérêts…

En outre, d'un point de vue de la pratique professionnelle, ils témoignent de l'ouverture à un autre regard sur les familles et les usagers en terme de potentialité notamment, et du changement de posture du travailleur social que cela induit.

   et maintenant  : pérenniser…

Du côté des élus, on souligne combien le réseau a permis de "restaurer ou faire vivre le lien entre habitants, élus et professionnels du social où chacun a une place et s'y sent reconnu car responsabilisé et respecté". Quant aux habitants, ils témoignent d'une prise de conscience de la réalité du fonctionnement communal et de ses enjeux et de la richesse de ne plus être en posture de consommateur de politiques mais d'initiateur et "fabricant" des projets qui les concernent directement.

La difficulté réside aujourd'hui dans la pérennisation de la démarche et la mobilisation des acteurs sur le long terme. L'enjeu est de faire perdurer le réseau au-delà des individus. L'institutionnalisation de la démarche dans des cadres conventionnels et techniques stables est une première étape. L'autonomisation de l'action des habitants et des groupes projets est une étape supplémentaire qui peine à être franchie aujourd'hui. La coordinatrice du réseau note une "dépendance" des groupes à la présence des professionnels malgré l'absence évidente du besoin d'accompagnement pour certains. Une formation action pour aller dans ce sens devrait être proposée en 2010. Formation action qui devrait permettre aussi de retravailler la structuration du projet et son fonctionnement afin de conserver la dynamique des premières années et de coller toujours aux habitants tant en terme d'analyse des besoins que de ressources potentielles.

Partenaire(s) : Ville de Montreuil-Bellay, Centre social Roland Charrier, CG Anjou, MSA, Habitat 49

Caf de l'Anjou, Mission locale du Saumurois, Intermire Saumur Loire développement, ADMR

Régie de quartier, CPAM d'Angers, CCAS Montreuil Bellay

http://www.apriles.net/index.php?option=com_sobi2&sobi2Task=sobi2Details&catid=27&sobi2Id=1395&Itemid=95

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