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13 octobre 2009 2 13 /10 /octobre /2009 15:08
Le progrès ne consiste pas à produire toujours plus

dans  Alternatives économiques :
un entretien avec Dominique Méda :
philosophe et sociologue,
directrice de recherches au Centre d'études de l'emploi
     


Une longue tradition philosophique a conduit à assimiler la croissance économique au progrès. Ce qui importe aujourd'hui, c'est de prendre soin de notre patrimoine commun.
Dominique Méda est l'auteure d'une réflexion pionnière sur la pauvreté de notre mesure de la richesse (voir "Pour en savoir plus"). Elle est membre du collectif Fair (Forum pour d'autres indicateurs de richesse).


A quelle idée de progrès le produit intérieur brut (PIB) renvoie-t-il?
Assimiler le progrès à la croissance du PIB, c'est penser qu'une société progresse quand elle produit beaucoup et que beaucoup de biens et de services sont amenés sur le marché et sont appropriés, consommés par des agents économiques. Dans une telle conception, le progrès se ramène à la mise en valeur la plus intense possible du capital naturel, mais aussi du capital humain. Cette assimilation de la croissance au progrès est l'héritière d'une longue tradition philosophique.
Il y a d'abord cette idée, particulièrement bien portée par Adam Smith, que plus la production est forte, plus l'abondance se répandra dans les différentes classes du peuple et plus la société sera en fin de compte démocratique. Pour bien comprendre cela, il faut voir que le lien économique - la production et l'échange - a longtemps semblé et continue d'apparaître comme la moins mauvaise solution apportée à la question centrale de "l'insociable sociabilité de l'homme", autrement dit à la question de savoir comment canaliser la violence, tenir les individus ensemble et promouvoir un ordre social stable.
Au cours du XIXe siècle deux éléments centraux vont s'ajouter: l'idée que la production est l'acte humain par excellence grâce auquel l'homme transforme le monde dans lequel il vit et se transforme lui-même. La production assure en quelque sorte la tâche de spiritualisation de la nature qui incombe à l'homme. La consommation, elle aussi, stimule les facultés humaines en nous rendant plus raffinés et plus sensibles. Production et consommation apparaissent donc comme des ferments de civilisation.
Il y a enfin ce que l'on peut appeler "le coup de force de l'économie", qui va réinterpréter la notion d'utilité en la définissant uniquement du point de vue de l'individu. Pour la science économique est utile ce qui est désiré par quelqu'un, quelle que soit la nature de ce désir. Et le prix de marché est l'unique moyen d'attester ce caractère désirable.

Pourquoi est-il si difficile de dépasser cette conception du progrès?
Il me semble que cela tient notamment au refus de la science économique de reconnaître l'existence même d'un collectif, d'une communauté qui aurait une existence ou un intérêt, un ou des biens communs différents de celui de chacun de ses membres. Pour elle, il n'y a pas de société, mais seulement des individus, il n'y a qu'une utilité individuelle et non collective. Or la société n'est pas un vain mot. Pour s'en rendre compte, il suffit d'imaginer ce qui se passerait si une pollution majeure ou le réchauffement climatique menaçaient tout un territoire, ou encore si une guerre, civile ou extérieure, éclatait du fait d'insupportables inégalités. Cette expérience mentale fait ressurgir le collectif sous la forme d'un patrimoine commun, à la fois naturel et social, celui qu'il nous incombe de préserver et de développer.
Dès lors, le progrès ne consiste pas à produire toujours plus, en sollicitant indéfiniment la nature pour assouvir des désirs individuels eux-mêmes infinis, mais à prendre soin de notre patrimoine commun.
Qui dit indicateur, dit nécessairement quantification. N'y a-t-il pas des effets pervers à l'introduction du quantitatif dans toutes les dimensions de la vie?
On doit toujours se souvenir que ce qui n'est pas compté finit par ne plus compter, par être oublié, nié, étouffé. Je suis donc persuadée qu'il faut essayer de tout compter ou alors de distinguer des activités, des morceaux de réalité que nous sanctuarisons. Et quantifier ne signifie pas tout convertir en unité monétaire, mais faire un inventaire, par exemple de nos ressources physiques. Il nous faut faire un inventaire de ce à quoi nous tenons, et c'est un exercice démocratique extraordinairement important.

Dominique Méda


Entretien réalisé par Sandra Moatti
dans le cadre du dossier « Richesse, bien-être, progrès: comment refaire les comptes? »,
à lire dans Alternatives Economiques n° 283, septembre 2009 ,
 
ui propose également :


    * Indicateurs de progrès, un enjeu démocratique. Inégalités, santé, qualité de l'environnement...: retour sur les pistes avancées par la commission Stiglitz pour la prise en compte des phénomènes que le PIB ne mesure pas. (accès libre)
    * PIB : le compte n'est plus bon. Le PIB tient trop de place dans le débat public: cet indicateur ne reflète plus les enjeux majeurs auxquels nos sociétés sont confrontées.
    * La bataille des indicateurs. Si tout le monde est à peu près d'accord pour faire descendre le PIB de son piédestal, désigner son remplaçant est bien plus compliqué.
    * Associer les citoyens. Les recommandations de la commission Stiglitz vont dans le bon sens, mais il faut dépasser le monopole des économistes sur l'expertise.

http://www.alternatives-economiques.fr/le-progres-ne-consiste-pas-a-produire-toujours-plus_fr_art_860_43809.html

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