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10 juillet 2015 5 10 /07 /juillet /2015 10:00

Et si l'avenir était en zone rurale ?

De nombreuses initiatives se développent pour faire vivre les zones rurales. Les maires de très petites communes s'inquiètent et se mobilisent. Tout comme l'écrivain Alexandre Jardin qui par son mouvement «Bleu Blanc Zèbre» veut fédérer les initiatives de la France des territoires.

Des centaines de maires doivent se manifestent partout en France contre le projet de loi NOTRe (nouvelle organisation territoriale). De nombreux panneaux de signalisation de ces petites communes pourraient êtres ceints d'un crêpe noir, en signe de deuil. Réunis sous la bannière «ma commune est utile», ils veulent montrer qu'ils sont parfois le dernier rempart contre la lente et inexorable désertification qui gagne certaines zones. Les seuls ? Pas si sûr.

   «Bleu Blanc Zèbre»

Il faut compter avec de nouvelles formes de solidarités qui s'écrivent ici ou là, à l'initiative d'hommes et de femmes qui ont décidé de vivre «au pays», parfois coûte que coûte, parfois au prix de gros sacrifices. Une décision rendue plus facile dans des zones touristiques même si ce n'est qu'un tourisme saisonnier à l'image de Rabat-les-Trois-Seigneurs, en Ariège (lire le témoignage d'Agnès Rouquet).

Une décision qui est bien souvent sous-tendue par un choix de vivre en accord avec un certain nombre de principes, au premier rang duquel un appétit certain pour la qualité de vie.

Selon une étude du centre d'observation de la société les campagnes demeurent en moyenne moins riches que les villes avec des inégalités selon les territoires. Dans plusieurs près de la moitié des régions (Champagne-Ardenne, Ile-de-France, Haute-Normandie…), le niveau de vie des ruraux dépasse celui des urbains. Alors que dans l'autre moitié (Aquitaine, Limousin, Midi-Pyrénées par exemple), c'est l'inverse.

Coté institution, tous les élus ne sont pas restés les bras croisés et multiplient les initiatives originales pour organiser la résistance, renforcer l'attractivité de leur territoire et permettre de rebondir. Dans le Gers, c'est le programme «Soho Solo» qui est taillé sur mesure pour ceux qui veulent venir travailler à la campagne, en bénéficiant des meilleurs équipements technologiques dans un réseau de villages d'accueil connectés.

En Lozère, c'est le programme «Nouvelle vie» qui est développé pour accueillir les candidats qui désirent s'y implanter.

Autant d'idées que veut fédérer l'écrivain Alexandre Jardin dans son mouvement pour promouvoir tous les actions des «faizeux». «Il y a ceux qui font, les faizeux, et ceux qui disent, les diseux» explique-t-il. «Il y a Podemos en Espagne ; nous, on est «hacemos», nous faisons.» «Bleu Blanc Zèbre», c'est un site internet qui recense un certain nombre d'initiatives facilement modélisables et qui marchent. «C'est un peu la révolution du concret qui part des territoires, des initiatives» poursuit-il. «Il y a un décalage énorme entre les normes pensées dans la Haute Administration et le concret de la vie.». Comme une équation à résoudre dans un pays coupé en deux.

 

    Au petit-Rabat, Agnès permet aux gens de «se retrouver»

«Le Petit Rabat», c'est un lieu atypique, charmant et chaleureux, à la décoration originale, situé au cœur du village de Rabat-les-Trois-Seigneurs, village ariégeois de 365 habitants (avec les hameaux). Ouvert depuis 5 ans, grâce à Agnès Rouquet, «Le Petit Rabat» fait à la fois épicerie, bar et brocante. «Je propose des produits de dépannage comme de l'huile, du beurre, du sucre, du vinaigre… et de produits de terroir. Je n'ai pas de produits frais», annonce Agnès.

Chineuse dans l'âme, elle a aussi créé un coin brocante et un petit comptoir où les habitués viennent prendre le café. «Le Petit Rabat est un lieu de rencontres, les gens viennent pour discuter, se retrtouver», poursuit -elle.

L'été, quand la population du village triple grâce à l'afflux des vacanciers, Agnès installe une terrasse avec buvette sur la place qui devient alors le cœur névralgique de la petite cité, le lieu où tout le monde se retrouve le soir. «Au départ, quand on a ouvert avec ma sœur Marie Do, on cherchait un endroit pour vendre nos créations artisanales. Puis avec le temps, la boutique s'est diversifiée. A Rabat, il y avait une épicerie depuis plusieurs générations. Quand elle a fermé, certains se sont retrouvés orphelins et ils étaient bien contents que j'ouvre», raconte Agnès.

Le Petit Rabat tourne surtout grâce à la présence des «expats» qui ont des résidences secondaires dans le coin. «Ils viennent de Toulouse, Bordeaux, Paris… et sont très attachés à mon petit commerce. Ils sont prêts à payer les produits plus chers que dans les centres commerciaux situés à 5 km de là.»

Longtemps Agnès a mené une double activité. Aujourd'hui, elle vit juste du Petit Rabat. Ce n'est pas rentable mais pas question de la fermer. «C'est quelque chose qui m'atteindrait trop !» Elle ne serait pas la seule.

Publié dans La Dépèche le 10/05/2015

 

   Montgaillard : 3 hommes et un Relais

En quittant l'autoroute A 61, à hauteur de Villefranche-de-Lauraguais, un chemin bucolique, bordé de coquelicots conduit à Montgaillard. Ce village paisible, aux maisons en briques roses, compte 700 habitants, une école avec 77 élèves et un seul commerce. Il s'agit du tout nouveau Mont-Relais -Gaillard qui a ouvert ses portes en octobre dernier. Il fait tout à la fois bar, restaurant et épicerie.

Situé sur la ceinture du village, ce relais offre un cadre convivial avec sa grande terrasse parsemée de parasols, son bar en arrondi, sa salle de restauration coquette à la décoration marine et son épicerie en U.

Le Mont-Relais -Gaillard a vu le jour grâce à l'initiative de «trois potes de longue date» : Gérard Gulli, Eric Martinet et Boualem Hendi alias «Boubou». Ils ont décidé de s'associer pour reprendre un ancien hôtel en vue de le transformer en taverne et épicerie. « Il y avait une demande, le dernier commerce de Montgaillard a fermé en 1968. D'entrée, nous avons été bien accueillis. On a contribué à créer un nouvel espace de convivialité dans le village», se réjouit Gérard. Grâce à eux, la vie a changé à Montgaillard et beaucoup de leurs clients se transforment en amis.

Ouvert depuis 8 mois, sept jours sur sept, le Mont-Relais -Gaillard se taille un joli succès. Polyvalents, les garçons y travaillent d'arrache-pied sans compter leurs heures. Du pain et viennoiseries cuits sur place tous les matins, en passant par les produits de dépannage (beurre, café, vin, pâtes, papier toilette, tomates...) vendu s à la boutique à des prix raisonnables, aux assiettes de grillades (entrecôte, agneau, magret) servies midi et soir, aux crêpes et glaces de l'après-midi et les soirées du week-end qui attirent les jeunes du rugby, le relais brasse un public assez large. Il irrigue même les villages alentours où Boubou va livrer le pain. «Il m'arrive aussi d'apporter une bouteille de gaz, du beurre… si les gens me le demandent.». Tout le monde a trouvé sa place au Relais, y compris les enfants du village qui ne sont pas indifférents au rayon de bonbons. Et certains adultes non plus !

 

    Jean-Stéphane fait du commerce et crée du lien social

Jean-Stéphane Courant est une perle. Avec son camion ambulant «Le petit Marché», il sillonne la campagne et va à la rencontre des personnes isolées qu'il ravitaille en pains, viennoiseries, fromages, charcuteries et produits d'épicerie courante. Debout cinq jours sur sept à 4 heures du matin, il achalande son camion à Plaisance-du-Touch où arrivent toutes les nuits, sur le coup des 3 heures, du pain, des gâteaux, des croissants… produits à la Panetière du Rouergue, à Villefranche-de-Rouergue. De là, Jean-Stéphane part en tournée. Du lundi au vendredi, il sillonne les routes du Gers (Samatan, Gimont, Lisle en Dodon…) du Tarn (Gaillac, Rabastens, Carlus, Garidech, Lavaur) et du Lauraguais…

«Au-delà de la vente, je crée aussi un peu de lien social. Je ravitaille beaucoup de personnes âgées qui vivent seule.» Jean-Stéphane n'hésite pas à s'arrêter pour prendre le café et discuter avec elles. «Pour certains, je suis la seule personne qu'elles voient ou presque de la semaine». De la gentillesse à revendre, le vendeur ambulant n'hésite pas à changer une ampoule quand il le faut, prendre des lettres pour les poster… Tous ses clients ont son numéro de téléphone, et peuvent l'appeler. «Ils me font des listes, le samedi je vais leur acheter ce que je n'ai pas dans le camion». Une perle !

 

«Il faut fédérer les gens qui font : «hacemos !»

Écrivain, Alexandre Jardin s'est lancé dans un nouveau combat avec son mouvement «Bleu Blanc Zèbre» pour une société plus solidaire. Il vient de publier «Laissez-nous faire»(ed. Robert Laffont), un manifeste pour recenser les bonnes initiatives qui existent un peu partout dans la France de l'autre côté du périphérique parisien.

Vous avez des origines rurales ?

Oui, comme tout le monde. Je passais mon enfance dans le Poitou. Je sais par expérience ce qu'est un maire rural. C'est un militant associatif, c'est un chef de village, c'est quelqu'un qui prend soin des autres. Dans la réalité, le peuple, depuis des siècles, quand il souffre, va voir le maire. Si vous désarmez les maires complètement, les classes populaires vont se retrouver devant une absence complète de régulateurs locaux. Le maire, c'est le dernier recours. Ce sont essentiellement des gens qui rendent service. C'est ce que j'appelle des «faiseux», pas des «diseux». Ce sont des gens d'action. Si vous ne rendez aucun service à votre commune, vous êtes virés (rires). Ce sont des gens qui ont, dans l'ensemble, un grand crédit moral. Ils ont la légitimité gagnée par l'action visible et le service effectivement rendu.

    Vous voulez fédérer les «faiseux», comment allez-vous procéder ?

On a un site internet, le livre lance un appel qui est entendu massivement. Un appel à quatre sortes de «faiseux». D'abord les maires qui innovent et mettent en place des solutions dont le pays a besoin au niveau national. Quand un maire très innovant résout vraiment un problème, modélise quelque chose, l'État français ne sait absolument pas tirer profit de la créativité locale. Vous finissez toujours par vous retrouver avec une bande de «crânes d'œufs» qui produit un plan technocratique. Alors que si vous raisonnez à partir de ce que font les maires, vous avez des solutions de praticiens qui maîtrisent en général les coûts parce qu'ils n'ont pas de fric.

    Et la deuxième sorte de faiseux ?

Ce sont les associations qui sont les outils même de l'action citoyenne, des gens qui se prennent en main. Le troisième pôle, ce sont les entrepreneurs. Vous avez une foule d'entreprises qui règlent des problèmes d'intérêt général. Il y a aussi une créativité impressionnante dans les organisations patronales, souvent les plus petites, pour imaginer des solutions de retour à l'emploi et faire émerger le marché gris de l'emploi, c'est-à-dire les postes qui n'apparaîtront jamais à Pôle Emploi. Quatrième sorte de «faiseux», mais qui ne rejoindront pas le mouvement «Bleu Blanc Zèbre» de manière visible, ce sont les fonctionnaires : vous avez des pelletées de gens qui sont incroyablement innovants mais qui affrontent leur hiérarchie : nous nous battrons pour eux parce qu'il n'est plus possible dans un pays à l'arrêt, de se passer de ceux qui mettent en place des solutions pragmatiques et efficaces. Et il y en a dans toutes les administrations. Il faut bien que nous, les citoyens, profondément républicains, gaiement républicains, qu'on mutualise les compétences pour faire repartir le pays par en bas, par les territoires. L'alliance entre nos zèbres et les élus locaux est fondamentale. On se prend en main, ce n'est pas «Podemos», c'est «Hacemos», nous faisons. C'est ouvert à tous, républicains s'entend. C'est-à-dire aux gens qui sont pour l'inclusion de tous. La République, ça inclut.

    Le fossé se creuse-t-il encore entre la France des villes et celle des campagnes ?

C'est terrifiant. La France urbaine ne sait plus du tout comment vit le tiers de la nation qui se trouve dans les territoires ruraux. Tout est pensé pour un monde urbain et les ruraux, qui choisissent un mode de vie, une façon d'être et un art de vivre n'ont pas à se plier. C'est une partie de l'identité de notre pays.

     De nouvelles solidarités sont en train de s'écrire dans ces zones ?

Oui, parce que nous ne sommes pas un peuple de veau. Nous restons un grand peuple, capable d'initiative. En fait, notre nation est en train d'hésiter entre son extraordinaire créativité, sa vitalité locale et un désarroi national absolu. On reprend confiance ou on ira dans les grands fracas, avec la tentation des extrêmes…

      Vous êtes confiant dans l'avenir ?

Je ne me serai pas lancé là-dedans si je n'avais pas eu une foi absolue dans mon pays. Je sais que nous allons gagner mais il faut se remuer. Il faut défendre mordicus les gens capables, les gens qui passent à l'acte contre les «administrativeux». On devrait gagner parce qu'on a les vivants avec nous.

«Laissez-nous faire ! on a déjà commencé» 206 pages, 17 € aux Éditions Robert Laffont.

www.bleublanczèbre.fr

Alexandre Jardin, Ecrivain

Propos recueillis par Sébastien Dubos

 

http://www.ladepeche.fr/article/2015/05/10/2102045-et-si-l-avenir-etait-en-zone-rurale.html

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