Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Présentation

  • : BIPLAN
  • : Territoires, réseaux, formation
  • Contact

Le blog d'Odile Plan

Ce blog est animé par Odile Plan         créatrice de BIPLAN

envoyez vos réactions et informations à :

biplan46@wanadoo.fr

undefined









Recherche

territoires-réseaux-formation

BIPLAN, un blog de partage et d’échange d'informations,sur les initiatives participatives des territoires,les partenariats et les réseaux,la création d'activité, l'égalité de chances pour un développement durable et un monde solidaire...

Articles Récents

  • Bertrand Schwartz est parti, un grand monsieur nous a quitté
    Bertrand Schwartz est parti, la nuit de vendredi à samedi, calmement dans son sommeil. Il était très mal depuis plusieurs jours, veillé par Antoinette, mais il souriait toujours. C’était attendu, mais ça fait un grand vide, nous lui devons tant que ce...
  • Les billets suspendus ne tiennent qu’à un fil…à Pamiers –Midi Pyrénées- 09 -
    A Naples il est de tradition, quand on entre dans un café, d’en commander un et d’en payer deux. Le café ainsi ‘’suspendu’’ sera offert à une personne dans le besoin qui viendra le réclamer. Cette initiative a poursuivi sa route à travers l’Europe et...
  • Des plateformes de services pour promouvoir une "mobilité inclusive"
    Les rencontres de la mobilité inclusive ont réuni, le 28 janvier 2016 à Paris, des acteurs associatifs de la mobilité solidaire, des collectivités locales et des entreprises. L'objectif : amplifier la prise de conscience sur cet enjeu et structurer davantage...
  • Territoires ruraux : comment sauver les cafés ?
    Avec la disparition des bistrots, les habitants ont le sentiment que le lien social se délite dans les territoires ruraux, comme le montre une étude de l'Ifop pour France Boissons, présentée le 20 janvier à l'occasion du lancement de la nouvelle édition...
  • E-rando : Bourgogne - 58 -
    Le pays Nivernais Morvan propose depuis l’été 2015 seize e-randos numériques, comme autant d'histoires à découvrir au rythme de la marche. Des circuits aussi variés que les territoires des neuf communautés de communes engagées dans l'aventure ! Les e-randos...
  • Jean Le Monnier a quitté nos chemins de traverse…
    Sur nos chemins de traverse, Jean a été pendant très longtemps un compagnon de route qui ne s'est jamais trompé sur la direction à prendre, au GREP comme ailleurs… C'était une oreille attentive aux gens, aux questions émergentes, aux innovations… Repérer...
  • Jean Le Monnier a quitté nos chemins de traverse…
    Sur nos chemins de traverse, Jean a été pendant très longtemps un compagnon de route qui ne s'est jamais trompé sur la direction à prendre, au GREP comme ailleurs… C'était une oreille attentive aux gens, aux questions émergentes, aux innovations… Repérer...
  • En 2016, la métamorphose…
    La lune était pleine cette nuit de Noël, maintenant, elle est gibbeuse. Puisse-t-elle éclairer ces périodes sombres… Pour l'année nouvelle, nous vous proposons ce texte écrit en 2010 par Edgar Morin ; c'est un peu long, mais cela en vaut la peine. Eloge...
  • Un séjour à la ferme pour aider à la réinsertion - CIVAm et Accueil Paysan -
    Accueil paysan et le CIVAM (Centres d’Initiatives pour Valoriser l’Agriculture et le Milieu rural) organisent des séjours de rupture à la ferme, allant de quelques jours à quelques semaines, pour des personnes en difficultés. Les profils sont multiples...
  • Réfugiés : En Bretagne, plusieurs dizaines d'offres d'hébergement
    Plusieurs dizaines d'offres d'hébergement de réfugiés en Bretagne ont été reçues par le dispositif CALM ("Comme à la maison") mis en place par l'association Singa d'aide aux demandeurs d'asile. Dans les grandes villes (Brest, Rennes, Nantes, Lorient,...
10 avril 2014 4 10 /04 /avril /2014 16:17
Une ville faite pour les garçons
Nos espaces urbains sont construits pour tous, pensez-vous ? Il n’en est rien. Dès le plus jeune âge, tout est fait pour y favoriser la présence des garçons, affirme le géographe Yves Raibaud. Autours des élections municipales, il propose aux élu(e)s des actions concrètes.

À Paris, Toulouse, Bordeaux et Montpellier, les garçons sont les usagers majoritaires de la ville. C’est ce que montrent plusieurs études que nous avons menées entre 2010 et 20131 sur les équipements publics culturels ou de loisirs pour les jeunes. Ces études font aussi apparaître une très grande inégalité dans l’attribution des moyens par les collectivités territoriales et par l’État selon qu’il s’agisse de loisirs dits féminins (gym, danse, etc.) ou masculins (skate, foot, etc.). Ces inégalités sont donc parfois implicitement construites par des modes de gestion d’une ville faite « par et pour les hommes ». Dans le même temps, on conseille aux jeunes femmes de ne pas faire du jogging dans des endroits isolés, d’être sur leurs gardes dans les transports en commun ou d’éviter certains quartiers…

L’objectif serait de canaliser la violence des garçons

La première de nos études montre que les filles décrochent à partir de la classe de 6e des activités de loisir sportif, culturel ou généraliste proposés par les municipalités ou les associations mandataires. Tandis que se met en place une offre de loisir se disant neutre, mais qui est en réalité destinée aux garçons (skateparcs, citystades, activités liées aux « cultures urbaines », etc.). Tout simplement parce que, même si le foot et le skate ne sont pas réservés aux garçons, il faut reconnaître que les pratiques sont consacrées par l’usage. Pour justifier ces inégalités dans le financement des loisirs publics, les élus et des responsables municipaux rappellent souvent que leur objectif principal est de canaliser la violence des jeunes dans des activités positives, sans avoir besoin de préciser que ceux qui « posent problème » sont les garçons.

« Les filles préfèrent rester chez elles »

Ces inégalités devraient apparaître comme une préoccupation prioritaire si l’on veut lutter contre les inégalités structurelles qui en découlent : des femmes moins bien insérées dans la ville et dans leur environnement social et professionnel. Or ce que nos études révèlent comme la preuve d’une très grande injustice est traité comme « allant de soi », de « l’ordre de l’évidence ». Les entretiens menés avec les animateurs(trices) et les élu(e)s ou responsables des politiques jeunesse montrent comment ce phénomène est constamment banalisé : « Les filles sont plus mûres, elles savent mieux s’occuper, elles préfèrent rester chez elles », « Ce qui est important, c’est de s’occuper des jeunes les plus difficiles, en échec scolaire, avant qu’ils ne tournent mal.2»

L’espace urbain est construit par des hommes (l'espace villageois et/ou rural aussi)

Une autre de nos études montre que ces inégalités se retrouvent dans le mode de gestion de la ville. Ainsi, la présence des femmes aux postes clés est faible, qu’il s’agisse des élus ou des personnes qui pensent et construisent la ville de demain : les architectes, urbanistes, directeurs des services d’équipement et concepteurs des programmes urbains sont presque exclusivement des hommes. La participation citoyenne (conseils de quartier, enquêtes publiques ou opérations de concertation) est généralement dominée par les hommes. Des « marches exploratoires de femmes », organisées dans quelques villes de France, permettent de faire connaître une autre vision de la ville, qui surprend toujours en ce qu’elle est radicalement différente de celle qui est généralement préconisée.

Les femmes n’auraient qu’à s’emparer de la ville

Nous menons actuellement une nouvelle enquête qui interroge les bonnes pratiques de la ville durable sous l’angle du genre. Par exemple, la pratique du vélo est majoritairement masculine (60 % d'hommes), en particulier quand il pleut ou la nuit (jusqu'à 80%).

Les femmes ont moins d’emprise sur la ville et les innovations apportées ne compensent pas ces inégalités.

De même, la marche, le covoiturage et les transports en commun (qui évoquent souvent pour les filles/femmes un risque de harcèlement) révèlent la même prédominance masculine. Comment y remédier ? Il est courant d’entendre dire que les équipements sportifs sont faits pour tous et qu’il ne tient qu’aux femmes de s’en emparer… Eh bien, on pense de même qu’il est de la responsabilité des femmes de s’adapter à la ville, et non aux nouvelles pratiques de s’interroger sur les discriminations qu’elles provoquent. Le constat vient pourtant en continuité des conclusions précédentes : les femmes ont moins d’emprise sur la ville que les hommes, ce phénomène n’est jamais pris en compte et les innovations apportées à la ville ne compensent pas, loin de là, ces inégalités.

Nous invitons les municipalités à réfléchir

Nous préconisons de mettre en place des dispositifs d’observation et d’évaluation des politiques publiques sous l’angle du genre. Outre le comptage systématique des activités par sexe, le « gender budgeting » permet aux municipalités de prendre conscience de l’injuste redistribution de l’offre publique de loisirs. Avec plusieurs collectivités bordelaises, nous avons pu envisager sur la base de ces chiffres des dispositifs de soutien à l’empowerment des associations et des activités dites féminines (quelles que soient les activités proposées, par principe). Nous invitons les municipalités à réfléchir aux lieux d’accueil collectifs pour adolescents afin que les filles en retrouvent l’usage lorsqu’ils sont accaparés par des collectifs de jeunes garçons, produisant du virilisme, du sexisme et de l’homophobie.

Créer un observatoire des inégalités de genre

Appliquées sur le terrain, la méthodologie employée par notre laboratoire gagne vite en opérationnalité. Un corpus de questions liées au genre (notamment les discriminations liées à l’identité et l’orientation sexuelle, sources d’une violence urbaine homophobe importante) pourrait être mutualisé par le biais des Observatoires des inégalités de genre. Ces observatoires exerceraient une fonction de veille sur ce que produisent les politiques publiques d’habitat, de transport, d’équipement et d’aménagement. Un label récompensant les ambiances urbaines réussies sous l’angle des rapports sociaux de sexe pourrait être stimulant pour une démarche qualité, remarquant les villes qui offrent un bon coefficient de mixité dans les espaces publics, de jour comme de nuit, mais aussi un fort degré d’appropriation des affaires de la cité par les femmes.

Sur le même sujet : « Les filles, grandes oubliées des loisirs publics »

21.03.2014, par Yves Raibaud

Notes

1. Ces études sont disponibles sur le site de a'urba (agence d'urbanisme Bordeaux métropole Aquitaine) : www.aurba.org

2. « Le genre, variable centrale de la violence sociale ? », S. Ayral et Y. Raibaud. In : Violences et société. Regards sociologiques, D. Ferrand-Bechmann et A. Ndiaye (dir.), Desclée de Brouwer, 2010, 320 p.

https://lejournal.cnrs.fr/billets/une-ville-faite-pour-les-garcons

Yves Raibaud : Géographe

Spécialiste de la géographie du genre, chargé de mission égalité femmes-hommes, Yves Raibaud est chercheur au laboratoire Aménagement, développement, environnement, santé et sociétés

Partager cet article

Repost 0

commentaires